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Archives

Le jour où l’ordinateur Deep Blue a battu Garry Kasparov aux échecs

Écran d'ordinateur avec un jeu d'échecs et des lignes de codes.

L'ordinateur Deep Blue a été conçu par une équipe d'IBM pour affronter le champion mondial Garry Kasparov.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Il y a 25 ans, un ordinateur ébranlait le monde des échecs en menaçant un grand maître de cette discipline. Nos archives reviennent sur les affrontements entre Garry Kasparov et Deep Blue qui ont mené à la victoire de la machine.

L'homme contre la machine et cette fois-ci la machine a gagné, annonce la présentatrice Michèle Viroly au Téléjournal du 10 février 1996. L'ordinateur a eu raison, du moins pour la première manche, du champion du monde des échecs, le russe Garry Kasparov.

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Téléjournal, 10 février 1996

Le 10 février 1996, Garry Kasparov affronte pour la première fois Deep Blue dans une compétition organisée à Philadelphie.

Conçu par IBM, le superordinateur Deep Blue a préalablement absorbé des centaines de milliers de parties jouées par les plus grands maîtres de l’histoire des échecs, dont les meilleures de Garry Kasparov lui-même.

Deep Blue est capable de calculer 200 millions de coups par seconde, souligne la présentatrice Michèle Viroly.

Après avoir trébuché au cours de la première partie de la rencontre, le champion du monde Garry Kasparov prend conscience de la solidité de son adversaire et se reprend pour la suite.

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Téléjournal, 17 février 1996

Kasparov a gagné! Le champion du monde des échecs a remporté la sixième et dernière partie qui l'opposait au superordinateur d'IBM Deep Blue.

La présentatrice Michèle Viroly

Comme le montre cet extrait du Téléjournal, l’événement opposant Garry Kasparov à Deep Blue se termine le 17 février 1995 avec la victoire du champion du monde des échecs.

Ce dernier repart avec une bourse de 400 000 $ et sauve son honneur, lui qui s’était déclaré convaincu qu’aucun ordinateur ne parviendrait à le battre d’ici la fin du siècle.

En définitive, Deep Blue n’a gagné qu’une seule des six parties du tournoi. Garry Kasparov en remporte deux, et deux autres sont jugées nulles.

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Découverte, 25 février 1996

À l’émission Découverte du 25 février 1996, la réalisatrice Chantal Théorêt et le journaliste Michel Rochon nous font vivre cette confrontation historique de l’intérieur.

On y apprend notamment que cinq minutes avant la dernière rencontre entre Garry Kasparov et Deep Blue, les informaticiens d’IBM étaient en panique. Ils avaient perdu la ligne téléphonique qui les reliait au superordinateur situé dans un laboratoire de la compagnie près de New York!

Preuve que la technologie n'est pas toujours au rendez-vous, déclare le journaliste Michel Rochon.

L’événement attire des centaines d’amateurs à Philadelphie qui suivent attentivement les mouvements de chaque match dans une salle adjacente. Sur place, deux grands maîtres des échecs commentent chaque affrontement comme une joute sportive.

Garry Kasparov avait d’abord sous-estimé son adversaire électronique, qu’il ne croyait pas aussi puissant. Il partait tout de même avec un désavantage, souligne le journaliste, car il n’avait jamais joué avec Deep Blue et il ne connaissait pas son style de jeu.

Après le combat, comme pour exorciser ses frustrations, il nous fait une démonstration de sa prodigieuse mémoire. Il recrée la partie sous le regard ébahi de l'équipe de Deep Blue, comme s'il pouvait calculer aussi vite que l'ordinateur.

Le journaliste Michel Rochon

L’intuition et la capacité d’apprentissage de Garry Kasparov lui permettent finalement de gagner les deux dernières parties.

Je me suis préparé de façon différente, déclare le champion du monde aux échecs. L'ordinateur nous enseigne que chaque détail peut devenir très important.

Malgré sa vitesse de calcul, l'ordinateur ne peut apprendre durant le match.

Il est trop difficile de comprendre ce qu’est l’intuition humaine pour ce moment, admet un informaticien d’IBM. Il n'est pas question d'intelligence artificielle, mais simplement de calcul brut.

Les ordinateurs sont supérieurs à presque tous les joueurs d'échecs, souligne tout de même le journaliste Michel Rochon. Il ne leur reste plus que Kasparov à vaincre.

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Découverte, 4 janvier 1998

L’année suivante, en mai 1997, Deep Blue prend sa revanche et parvient finalement à battre le champion mondial.

Lors de la sixième et dernière partie du tournoi, Garry Kasparov déclare forfait après à peine une heure de jeu.

Une victoire réjouissante pour tous les fanatiques de la technologie qui soutiennent que l'intelligence n'est pas le domaine exclusif d'Homo sapiens, déclare l’animateur Charles Tisseyre à la revue de l’année de l’émission Découverte du 4 janvier 1998.

Les analystes diront que, durant cet affrontement, Garry Kasparov ne pensait plus à jouer pour gagner, mais se concentrait trop à tester l’intelligence de la machine.

Le champion Garry Kasparov ne peut même pas envisager de reconquérir son titre, puisque les informaticiens d’IBM annoncent que Deep Blue se consacrera désormais à la recherche fondamentale.

Une façon sûre de ne jamais perdre son titre, conclut l’animateur Charles Tisseyre en 1998 sur ce duel mémorable entre l’homme et la machine.

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