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Un « panier bleu » autochtone

Portrait d'une femme

Jennifer Harper pense que les gens veulent soutenir les entrepreneurs de couleur et issus des communautés autochtones et s'est inscrite à IndigiMall.

Photo : Cheekbone Beauty

Pour rendre le travail des entrepreneurs autochtones plus accessible, une Ontarienne a créé une plateforme qui permet aux consommateurs d’acheter leurs produits facilement. Baptisé « IndigiMall », ce « centre commercial virtuel » sera lancé officiellement le 27 février et a pour but de soutenir l’économie autochtone du pays.

Michele Young-Crook, qui assure avoir une grand-mère issue de la Première Nation de Nipissing (mais qui n'est pas enregistrée comme membre de cette Nation auprès de Services aux Autochtones), a eu l’idée de lancer IndigiMall au début de la pandémie, lorsqu’elle a rejoint un collectif de femmes autochtones qui se rencontrent chaque semaine pour réseauter.

Durant ces rencontres en ligne, ces femmes ont partagé des craintes vis-à-vis de la pandémie, qui allait porter un coup dur à leurs commerces. Comment continuer à se faire connaître alors que tout doit demeurer fermer? La vente en ligne semble ainsi la seule solution qui s’ouvre à elles.

Portrait d'une femme

Michele Young-Crook, fondatrice de la plateforme IngiMail souhaite que les entrepreneurs autochtones aient plus de visibilité.

Photo : IndigiMall

La pandémie a complètement stoppé l’économie autochtone, indique Mme Young-Crook.

Manque de visibilité

Elle décide dans un premier temps de créer un groupe Facebook dans lequel les entrepreneurs autochtones peuvent exposer leurs créations et leurs services. Mme Young-Crook assure qu’en seulement quatre semaines, 43 000 personnes avaient adhéré au groupe.

Mais elle veut faire plus. J’ai donc investi dans cette plateforme IndigiMall pour promouvoir une réconciliation économique et créer un endroit pour permettre aux entreprises et entrepreneurs autochtones d’afficher leurs produits sans aucune frontière, dit-elle.

Le lancement de sa plateforme est arrivé à point nommé, selon elle. Il est arrivé à un moment où nous devons nous serrer les coudes en tant que collectivité pour surmonter l'injustice raciale, lance Michele Young-Crook. Faisant référence a un article de presse, elle explique que des médias comme les réseaux sociaux ciblent parfois les artistes autochtones en supprimant leurs comptes commerciaux sans explication. De quoi nuire à leur visibilité.

Par ailleurs, plusieurs communautés sont établies loin des grandes villes et donc difficilement accessibles. Aussi, beaucoup d’événements auxquels ils participaient ont été annulés à cause de la pandémie comme les festivals, les salons et les pow-wow.

Patrice Mousseau, une Anishinabée de Fort William inscrite sur IndigiMall, propose des produits de beauté pour la peau. Elle abonde dans le même sens que la créatrice de la plateforme.

Une femme qui tient un gros pot.

Patrice Mousseau affirme que tout le monde a à gagner de mettre de l'avant les entreprises autochtones.

Photo : Satya

Même lorsque les détaillants répondent à une demande de représentation accrue, les produits que nous voyons souvent dans les rayons ne proviennent pas vraiment des populations autochtones du Canada. Pour accroître la visibilité, il faut qu'un plus grand nombre de personnes voient l'intérêt d'investir dans les entreprises autochtones, de créer des liens et de l'espace pour elles et de les amplifier, ajoute la fondatrice de l’entreprise Satya.

Un avis que ne partage toutefois pas Jennifer Harper, fondatrice de la marque de cosmétique Cheekbone Beauty. Elle en veut pour preuve les nombreux articles qui ont été faits sur sa marque dans des publications magazines.

Quand on fait des choses exceptionnelles, les gens font attention à nous, explique cette Autochtone du nord de l’Ontario.

Mme Young-Crook vise même plus loin. Elle souhaite rendre accessible le travail des Autochtones en dehors des frontières canadiennes.

Il est donc possible, sur sa plateforme, d’acheter des objets d’art, des vêtements, des mocassins ou encore des accessoires fabriqués par des Autochtones de partout dans le monde. Ils doivent toutefois s’identifier comme tels.

Quatre femmes.

Cheekbone Beauty estime bénéficier d'une belle visibilité, mais a tout de même souscrit à IndigiMall.

Photo : Cheekbone Beauty

Pour les communautés, cette plateforme va leur permettre de prendre leur place dans l'économie nationale, de subvenir à leurs besoins et à ceux de leur famille, ainsi qu'à ceux des générations futures, dit-elle.

Des opportunités économiques équitables et l'inclusion sont vitales pour la subsistance des populations autochtones et de leurs communautés.

Une citation de :Michele Young-Crook, fondatrice de IndigiMall

Selon Patrice Mousseau, ce genre d’initiative est l’occasion de surmonter les nombreuses inégalités économiques auxquelles nous sommes encore confrontés aujourd'hui. La représentation autochtone n'est manifestement pas visible dans les produits que nous voyons sur nos étagères de vente au détail, indique-t-elle.

Comme les autres utilisateurs, elle va devoir verser 7,5 % de ses recettes de vente à IndigiMall. Les entrepreneurs peuvent d’ailleurs relier leur compte Shopify, Etsy ou Woo-commerce à la plateforme de Mme Young-Crook.

La fondatrice de la plateforme de commerce en ligne rappelle des chiffres publiés par le Conseil national de développement économique qui attestent que la réduction de l'écart de productivité entre les Canadiens autochtones et non autochtones entraînerait une augmentation de 27,7 milliards de dollars du PIB du Canada chaque année.

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