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Rupture d'un glacier dans l'Himalaya : nouveau bilan de 26 morts et 170 disparus

Des membres de la police des frontières indo-tibétaine regardent comment une machine est utilisée pour dégager un tunnel après la rupture d'une partie d'un glacier, à Tapovan.

Des membres de la police des frontières indo-tibétaine regardent comment une machine est utilisée pour dégager un tunnel après la rupture d'une partie d'un glacier, à Tapovan, le 8 février 2021.

Photo : Reuters / Stringer

Agence France-Presse

Au moins 26 personnes sont mortes et plus de 170 restent portées disparues lundi dans le nord de l'Inde, selon un nouveau bilan, au lendemain d'une crue subite attribuée à la rupture d'un glacier de l'Himalaya.

Les recherches ont repris dès le lever du jour lundi, avec 200 sauveteurs mobilisés, a déclaré à l'AFP un porte-parole de la police de la frontière indo-tibétaine.

Selon le directeur général de la police de l'État de l'Uttarakhand, Ashok Kumar, 26 corps ont été retrouvés et 171 personnes sont toujours portées disparues. Un précédent bilan, lundi matin, faisait état d'au moins 200 disparus et 18 corps retrouvés.

La plupart des disparus travaillaient dans deux centrales électriques sur le barrage de Richiganga. Certains sont restés coincés dans deux tunnels obstrués par les flots, la boue et des rochers.

Douze personnes ont été secourues dimanche dans l'un d'eux, mais il en reste 34 coincées dans le deuxième, a précisé à l'AFP le chef de la police de la frontière indo-tibétaine (ITBP), Banudutt Nair, chargé des opérations de secours.

Des difficultés techniques entravaient les opérations de sauvetage dans le tunnel, mais 80 mètres environ à l'intérieur ont déjà été déblayés et sont accessibles, selon Vivek Kumar Pandey, un autre responsable local.

Il semble qu'environ 100 mètres de débris à l'intérieur du tunnel doivent encore être dégagés, a-t-il ajouté. Des chiens renifleurs ont été mis à contribution.

Les sauveteurs pensent qu'il y a des poches d'air dans le tunnel, a indiqué M. Nair.

De jeunes femmes tiennent des chandelles et des écriteaux en hommage aux victimes de l'accident.

Des étudiants de la région de l'Uttarakhand ont organisé une vigile à la chandelle en souvenir des victimes de l'accident.

Photo : AFP / NARINDER NANU

La terre tremblait comme lors d'un séisme

Nous étions à 300 mètres à l'intérieur du tunnel en train de travailler. Soudain, on a entendu des sifflements et des cris nous demandant de sortir, a raconté à l'AFP Rajesh Kumar, un rescapé de 28 ans.

Nous pouvions voir la sortie, quand l'eau a fait irruption. C'était comme dans un film hollywoodien. Nous avons bien cru que nous ne nous en sortirions pas.

Une citation de :Rajesh Kumar, survivant de la catastrophe

L'énorme masse d'eau a dévasté la vallée de la rivière Dhauliganga, détruisant tout sur son passage, submergeant un complexe hydroélectrique et emportant des routes et des ponts, selon les images prises par des habitants terrifiés.

Il y avait un nuage de poussière quand l'eau est passée. La terre tremblait comme lors d'un séisme, a déclaré un habitant, Om Agarwal, à la télévision indienne.

Des habitants de la région ont aussi été emportés par les eaux alors qu'ils s'occupaient de leur bétail, d'après les autorités.

Situé dans le massif de l'Himalaya, l'Uttarakhand est un État indien où débute le cours du Gange dont la rivière Dhauliganga est un confluent.

Les autorités, qui ont d'abord déclaré que la rupture d'une partie d'un glacier a causé la catastrophe, évoquent à présent un éventuel phénomène de vidange brutale d'un lac glaciaire.

Trois sauveteurs sont assis sur le toit d'un véhicule.

Au nord de l'Inde, des sauveteurs s'affairent toujours à tenter de secourir des survivants après une inondation qui a fait jusqu'ici 18 morts et 200 blessés.

Photo : AFP / SAJJAD HUSSAIN

Cette tragédie était imprévisible, a déclaré Trivendra Singh Rawat. Si l'incident s'était produit le soir, après les heures de travail, la situation n'aurait pas été aussi grave, car les ouvriers et les travailleurs des chantiers et des environs auraient été chez eux.

Les autorités ont vidé deux barrages pour empêcher les eaux en furie de gonfler le Gange dans les villes de Rishikesh et Haridwar. Elles ont interdit aux habitants des deux villes de s'approcher des rives du fleuve sacré.

Les villages dans les montagnes surplombant la rivière ont été évacués et les autorités ont assuré dimanche soir que le plus gros du danger d'inondation était passé.

De nombreux utilisateurs des réseaux sociaux ont filmé ou photographié le désastre. Des vidéos montrent la masse d'eau ravageant une étroite vallée sous une centrale électrique, détruisant routes et ponts au passage.

Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a présenté dimanche ses condoléances aux familles des victimes et à l'Inde tout entière, et s'est dit profondément attristé, selon son porte-parole. Les Nations unies sont prêtes à contribuer aux efforts de sauvetage et d'assistance en cours si nécessaire.

Changements climatiques et déforestation

Le premier ministre indien Narendra Modi a dit suivre les opérations de secours. L'Inde se tient aux côtés des habitants de l'Uttarakhand et la nation prie pour la sécurité de tous dans cette région, a-t-il tweeté.

Quatorze glaciers surplombent la rivière dans le parc national entourant la montagne Nanda Devi. Ils font l'objet d'études scientifiques, en raison du changement climatique et de la déforestation qui accroît les risques de rupture. La fonte d'un quart de la glace de l'Himalaya observée ces quatre dernières décennies est imputable à la hausse des températures.

En 2013, des inondations dévastatrices dues à la mousson avaient tué 6000 personnes dans l'Uttarakhand, ce qui avait suscité des appels à y revoir les projets de développement surtout dans les zones isolées comme celle du barrage de Rishi Ganga.

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