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Israël : Nétanyahou rejette les accusations de corruption à la reprise de son procès

Le procès du premier ministre israélien pourrait avoir un impact lors des élections législatives du 23 mars.

Benyamin Nétanyahou, assis dans une salle, le visage masqué, les bras croisés.

Benyamin Nétanyahou, avant sa comparution au tribunal de Jérusalem.

Photo : Getty Images / AFP/REUVEN CASTRO

Agence France-Presse

Le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou a de nouveau rejeté lundi les accusations de corruption pesant contre lui lors d'une brève comparution au tribunal de Jérusalem, à six semaines d'élections cruciales pour sa survie politique.

Masque sanitaire noir sur le bas du visage, M. Nétanyahou, 71 ans, est resté environ 20 minutes dans la salle d'audience du tribunal de Jérusalem. Il est jugé pour des accusations de corruption, fraude et abus de confiance dans trois affaires.

J'approuve la réponse écrite en mon nom, a déclaré le premier ministre en faisant allusion à une lettre rédigée par ses avocats et présentée à la justice le mois dernier, dans laquelle il nie toutes les charges retenues contre lui.

Détenteur du record de longévité des premiers ministres israéliens avec 15 ans au pouvoir, M. Nétanyahou est le premier chef de gouvernement de l'histoire d'Israël à être jugé en étant en fonction.

À l'extérieur du tribunal, des manifestants ont appelé au départ du chef du gouvernement. Dégage, Tu ne voleras point, peut-on lire sur des banderoles.

Nous sommes ici pour balayer toute la saleté et toute la corruption qu'il (M. Nétanyahou, NDLR) a créées ces dernières années, a déclaré à l'AFP Claudia Manoquian, une manifestante. Nétanyahou est un homme corrompu, qui veut établir une dictature en Israël, nous ne le laisserons pas faire.

Au tribunal, les avocats Boaz Ben Zur et Amit Hadad ont accusé le procureur général Avichai Mandelblit, qui avait été nommé par M. Nétanyahou, de mal gérer l'affaire. Selon eux, une partie de l'enquête a été ouverte sans les autorisations requises.

La défense a demandé que les témoins ne soient pas entendus avant quelques mois, arguant qu'elle avait besoin de temps pour préparer le dossier. Les juges ont levé l'audience sans répondre à cette requête et sans annoncer de date pour la prochaine audience.

Benyamin Nétanyahou, qui ne bénéficie d'aucune immunité, a dénoncé des charges ridicules à l'ouverture en mai 2020 de son procès.

Nétanyahou visé dans trois dossiers

Le premier ministre est jugé dans trois affaires. Le dossier Bezeq, aussi nommé Affaire 4000, où il est accusé d'avoir tenté de s'assurer une couverture favorable par le site Walla contre des faveurs gouvernementales qui pourraient avoir rapporté des millions de dollars à Shaul Elovitch, alors patron du géant israélien des télécoms Bezeq, dont Walla fait partie.

M. Nétanyahou, qui détenait à l'époque également le portefeuille des Communications, a nié avoir cherché à obtenir une couverture favorable de Walla en échange de son approbation en 2015 à une fusion de Bezeq avec le distributeur de télévision par satellite Yes.

Dans l'Affaire 2000 ou Mediagate, il est accusé d'avoir cherché à s'assurer une couverture favorable, mais cette fois du quotidien payant le plus lu en Israël, le Yediot Aharonot, en échange d'une possible loi limitant la diffusion du journal gratuit Israel Hayom, son principal concurrent.

Dans le troisième dossier, l'Affaire 1000, M. Nétanyahou et des membres de sa famille sont soupçonnés d'avoir reçu des cadeaux – cigares de luxe, bouteilles de champagne et bijoux – pour plus de 700 000 shekels (environ 270 000 $ CA) de la part de personnalités en échange de faveurs financières ou personnelles.

M. Nétanyahou a indiqué avoir reçu une opinion légale d'experts concluant qu'il avait le droit d'accepter des cadeaux d'amis proches et nie avoir octroyé des faveurs.

Des manifestants avec des banderoles dans une rue.

Des manifestants se sont réunis à Jérusalem à proximité du palais de justice où comparait Benyamin Nétanyahou.

Photo : Reuters / AMMAR AWAD

Quatrième scrutin en mois de deux ans

À l'ouverture de son procès, M. Nétanyahou venait de former un gouvernement d'union avec son rival Benny Gantz. Mais depuis, les manifestations contre le premier ministre se sont multipliées et la coalition a éclaté.

Résultat, de nouvelles législatives sont prévues le 23 mars – les quatrièmes en moins de deux ans – ce qui soulève des craintes quant à un impact du procès sur le vote.

Yariv Levin, président du Parlement et proche de M. Nétanyahou, a déclaré dans Israel Hayom craindre une interférence sans précédent dans les élections si le tribunal présentait dès à présent des éléments de preuve contre le premier ministre.

La bataille électorale est d'ailleurs loin d'être gagnée pour M. Nétanyahou, qui espère rallier une majorité de sièges afin d'éventuellement faire voter une loi qui lui assurerait une immunité judiciaire.

Son parti, le Likoud (droite), reste en tête des sondages avec 29 sièges sur 120, devant le centriste Yaïr Lapid (17) et le frondeur de droite Gideon Saar (14). Mais il n'arriverait toutefois pas à atteindre, avec ses différents alliés, le seuil de la majorité (61).

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