•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Manifestation contre les violences policières : l'heure est aux « réparations »

Trois femmes qui portent un couvre-visage lèvent le poing droit, haut dans les airs.

Des manifestants se sont rassemblés devant le quartier général du SPVM, dans le centre-ville de Montréal, pour dénoncer les violences policières à l'endroit des communautés racisées.

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

Des dizaines de personnes se sont réunies dimanche pour dénoncer l'injustice dont a été victime Mamadi Camara, arrêté par le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) et emprisonné injustement pendant six jours, et demander « réparation ».

C'est devant le quartier général du SPVM, situé rue Saint-Urbain, dans le centre-ville de Montréal, que les organisateurs de l'événement avaient donné rendez-vous aux manifestants.

Un endroit stratégique, dans la mesure où les personnes réunies en milieu d'après-midi tenaient à dénoncer publiquement les violences policières et le profilage racial dont sont victimes les membres des communautés ethniques de Montréal.

Le dernier exemple en lice : celui de Mamadi III Fara Camara, arrêté dans la foulée d'une agression contre un policier survenue le 28 janvier dernier dans le quartier Parc-Extension. Or, le principal intéressé a recouvré sa liberté après que de nouveaux éléments dans l'enquête l'eurent innocenté. Toutes les accusations contre lui ont été retirées.

Marlihan Lopez, l'une des instigatrices du rassemblement, se désole de voir la manière dont M. Camara a été emprisonné sans preuve. À cette injustice s'ajoute le partage de sa vie privée et le saccage de sa maison, dénonce-t-elle.

De l'avis de Mme Lopez, les excuses ne peuvent plus suffire. Des réparations sont nécessaires, répète-t-elle.

J’exige des réparations, mais […] pas seulement pour M. Camara et sa famille, sinon pour toutes les communautés noires ici au Québec, insiste Mme Lopez, qui agit à titre de vice-présidente aux pratiques solidaires et anti-oppressives de la Fédération des femmes du Québec.

Ces réparations passent notamment par le définancement de la police, afin de récupérer ces sommes pour en faire profiter les organismes communautaires qui œuvrent dans les quartiers multiethniques, explique celle qui œuvre au sein de Black Lives Matter Montréal, membre de la Coalition pour le définancement de la police.

Allez à Montréal-Nord, allez à Parc-Extension, allez dans des quartiers où il y a une surreprésentation des communautés racisées : vous allez voir qu’il manque de services, qu’il y a des barrières à l’accès aux services [sociaux] et de santé. Et on ne fait rien.

Une citation de :Marlihan Lopez, instigatrice du rassemblement
Deux personnes tiennent des pancartes sur lesquelles on peut lire : « Combien n'ont pas été filmés? » et « Black Lives Matter ».

Les personnes rassemblées dimanche voient dans l'arrestation de Mamadi Fara Camara une autre preuve du profilage racial et du racisme systémique.

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

L'arrestation de M. Camara est un autre exemple, s'il en fallait un, de racisme systémique, répètent les organisateurs. Ils s'opposent ainsi au discours du premier ministre François Legault, qui rejette cette expression.

C’est un peu une claque dans le visage, encore une fois, soupire Vincent Mousseau, un travailleur social impliqué dans l'organisation du rassemblement.

[L'affaire Camara] nous démontre que le SPVM n’a pas pris les démarches nécessaires pour adresser les enjeux de racisme systémique qui existent au sein de son organisation.

Une citation de :Vincent Mousseau, travailleur social et manifestant

En octobre 2019, un rapport mené par des chercheurs mandatés par la Ville avait conclu que les Noirs, les Arabes et les Autochtones étaient victimes de biais systémiques liés à l’appartenance raciale par les agents du SPVM.

On ne voit pas assez d’actions pour que ça cesse, constate M. Mousseau. Tant et aussi longtemps que ça continue, le message qu’on envoie aux communautés racisées est clair : on s’en fout de votre réalité.

La mairesse de Montréal, Valérie Plante, a demandé la tenue d'une enquête indépendante afin de mieux comprendre ce qui a mené à l'incarcération de M. Camara. Une demande que soutient le député néo-démocrate Alexandre Boulerice, qui était au nombre des manifestants, dimanche.

Si on ne fait pas la lumière sur ce genre d'événement, ça risque de se reproduire, estime-t-il.

Avec des informations de Marie-Josée Paquette-Comeau

Commentaires fermés

L’espace commentaires est fermé. Considérant la nature sensible ou légale de certains contenus, nous nous réservons le droit de désactiver les commentaires. Vous pouvez consulter nos conditions d’utilisation.