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Diversité à l’écran : « Je ne regarde pas la télé québécoise » – Didier Lucien

Interrogé sur ce qu’il pense de la faible représentation des personnes issues de la diversité à la télévision québécoise, le comédien laisse entendre qu’il ne se fait pas d’illusions.

Didier Lucien est visiblement heureux de jouer le dictateur, le temps de quelques minutes.

L’acteur Didier Lucien, que l’on peut voir présentement dans la nouvelle mouture de « Caméra café » et dans « Les beaux malaises 2.0 ».

Photo : Radio-Canada / Christian Côté

Radio-Canada

Didier Lucien, qui s’est fait connaître du grand public avec son rôle de Bob dans Une galaxie près de chez vous, affirme qu’il a de la difficulté à se reconnaître dans les émissions de télévision québécoises. Au micro de René Homier-Roy, il a donné son point de vue sur le débat entourant la diversité à l’écran.

On peut le voir ces jours-ci dans la nouvelle mouture de Caméra café et dans quelques scènes des Beaux malaises 2.0. Vingt ans après le début de Dans une galaxie près de chez vous, Didier Lucien se sent un peu moins extraterrestre, mais ressent toujours un certain malaise quand vient le temps de parler de la place des personnes noires dans le paysage culturel québécois.

En entrevue à Culture Club, il a d’abord expliqué son grand bonheur de jouer un personnage ordinaire dans Caméra Café.

J’ai fait beaucoup d’extraterrestres, façon de parler. Mais des gens qui ont une famille, une maison et un lieu de travail régulier, ce n’est pas arrivé souvent [...] Juste d’aller me chercher un café dans l’émission, c’est déjà pas mal, dit-il.

Il revient aussi sur son rôle de Bob dans la série culte de Claude Legault et Pierre-Yves Bernard. René Homier-Roy lui rappelle qu’à l’époque, la production ne voulait pas qu’un Noir joue le rôle du nono, de l’imbécile, par peur de heurter la sensibilité des gens.

Je n’ai pas fait partie du débat. J’ai entendu dans les coulisses qu’il y avait ce questionnement-là, mais en fait, toutes les raisons étaient bonnes pour ne pas engager de Noirs. Je ne pouvais pas faire le méchant non plus, explique-t-il.

Je me spécialisais quand même dans l’imbécile quand je jouais en impro, poursuit-il. Alors Claude Legault et Pierre-Yves Bernard avaient écrit le rôle pour moi. Ça a fait peur à quelques personnes, mais quand j'ai fait l’audition, ça a réglé le problème.

Je ne regarde absolument rien qui est fait ici

Interrogé sur ce qu’il pense du manque de diversité à l’écran, le comédien laisse entendre qu’il ne se fait pas d’illusions.

Pour moi, c’est juste la réalité. C’est quelque chose qui est là, qui fait que je ne regarde pas la télévision québécoise. Franchement, je ne regarde absolument rien qui est fait ici, parce que je vois dans quoi je ne jouerai jamais. Parce que les idées et les envies ne sont pas là; l’intérêt n’est pas là, tout simplement, explique-t-il en toute candeur.

Il affirme d’ailleurs regarder plus de films chinois ou japonais que de films québécois, parce qu’il n’y a rien là-dedans pour moi.

Cette discussion-là, c’est une drôle de discussion. Quand on regarde les distributions des émissions de télé ou des pièces de théâtre, chaque année, tout le monde est blanc, point, fait-il remarquer.

Le rêve de monter une pièce de Michel Tremblay

Didier Lucien a aussi parlé de son chapeau de metteur en scène, qu’il a notamment porté dans Ai-je du sang de dictateur?, une pièce présentée en 2017 dont il a aussi signé les textes et dans laquelle il tenait un rôle.

J’ai déjà monté des shows où j’ai pu engager Angelo Cadet, Widemir [Normil] et Frédéric Pierre. Ça fait longtemps que je fais ça, mais mes idées ne vont pas toujours dans ce sens-là à chaque pièce et ce n’est pas pour cette raison-là que je les engage, a-t-il affirmé. C’est des amis avec qui j’ai envie de jouer et ça adonne comme ça.

Il caresse aussi le rêve de monter une pièce de Michel Tremblay, mais encore une fois, il demeure réaliste.

Mon rêve, ce serait de monter un Tremblay, avoue-t-il, mais je ne crois pas que je suis le premier sur la liste quand on pense au Théâtre du Nouveau Monde et à un show comme ça.

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