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Skagway en Alaska en deuil avec l'annulation de la prochaine saison des croisières

Le port de Skagway.

Normalement, environ un million de visiteurs arrivent annuellement au port de Skagway en Alaska à bord de bateaux de croisière.

Photo : Radio-Canada / Claudiane Samson

Les habitants de Skagway en Alaska ont été fortement ébranlés par la décision de Transport Canada d'adopter un deuxième arrêt d'urgence interdisant le passage dans ses eaux aux paquebots transportant plus de 100 passagers. L'économie de ce petit village côtier repose presque entièrement sur les revenus provenant de l’industrie des croisières.

La commerçante Karla Ray ne s’attendait pas à une nouvelle annulation complète de la saison des croisières. Dans sa boutique, les visites et les appels n'ont pas cessé depuis l’annonce d'Ottawa.

Beaucoup de colère. Beaucoup de déception et de tristesse. Pour plusieurs d’entre nous, s’il n’y a pas [de saison des croisières cet] été, nous ne survivrons pas. À combien d’aide peut-on [réalistement] s’attendre du gouvernement, se demande -t-elle.

Une rue vide bordée d'édifices historiques.

Les eaux canadiennes restant interdites aux bateaux de croisières jusqu'en février 2022, la rue principale de Skagway demeurera déserte pour les mois à venir.

Photo : Andrew Cremata

L’automne dernier, la femme d’affaires a dû faire un emprunt bancaire pour pouvoir payer les dépenses courantes de ses quatre commerces et la marchandise toujours invendue. Avec la fin de l’aide gouvernementale, elle a dû retourner à la banque et hypothéquer sa maison achetée il y a 40 ans.

Quand la frontière rouvrira, je ne sais pas ce qui restera de Skagway.

Une citation de :Karla Ray, commerçante

Otages des lois et des réglementations

Sur les réseaux sociaux, les résidents du village tentent d’imaginer des solutions, mais il est improbable de trouver un moyen de contourner l'interdiction, entre autres, en raison de la loi sur les services de navires de passagers (Passenger Vessel Services Act).

En vertu de cette loi américaine de 1886, les passagers qui montent à bord d'un navire battant pavillon étranger - ce qui est le cas d’à peu près tous les bateaux de croisières qui font escale en Alaska - doivent être passés par un port étranger avant de débarquer dans un autre port américain. Cela signifie par exemple, qu'un bateau de croisière enregistré au Panama qui embarque et débarque ses passagers à San Francisco pour une croisière qui se rend en Alaska doit faire une escale dans un port étranger, dans ce cas-ci, Vancouver ou Victoria.

Un paquebot à quai avec des montagnes enneigées derrière.

Le Ruby Princess a inauguré la saison 2019 des croisières au port de Skagway en Alaska avec à son bord plus de trois mille passagers.

Photo : Radio-Canada / Claudiane Samson

D'autre part, en vertu du dernier arrêt d'urgence de Transport Canada, même un bateau de croisière battant pavillon américain ne pourrait pas se rendre de San Francisco à Skagway, car leur trajet habituel passe près des côtes canadiennes afin de permettre aux passagers de voir la splendeur des montagnes côtières.

L’avocat britanno-colombien spécialisé en droit maritime Darren Williams explique par ailleurs que la décision d’Ottawa spécifie l’interdiction d’exploiter un navire de croisière de plus de 100 passagers en eaux canadiennes. À moins d’une définition [ajouté à l'arrêté d'urgence] qui exclut le passage [innocent], le seul fait de se trouver en eaux [canadiennes] serait suffisant pour que cela soit vu comme [y exploiter] un navire, dit-il.

Le maire de Skagway, Andrew Cremata, ne voit pas comment une exemption serait possible. Il croit qu’il vaut mieux envisager la réalité telle qu’elle se présente à l’heure actuelle.

Survivre autant que possible

Le maire affirme avoir un plan de survie solide qu’il entend présenter à ses concitoyens la semaine prochaine. Déjà, il attend les détails du plan de relance fédéral américain.

Nous n’avons pas de montant, nous ne savons pas combien d’argent nous aurons, mais même quelques millions feraient une énorme différence pour nous, dit le maire.

Des touristes marchent le long de petites boutiques.

L'économie de la petite ville de Skagway en Alaska dépend presque en totalité du tourisme généré par les bateaux de croisière.

Photo : Radio-Canada / Claudiane Samson

Il ne fait aucun doute, selon lui, que de nombreux résidents quitteront probablement le village faute d’emploi. La priorité pour l’instant est de garder les gens à l’emploi .

Karla Ray compte déjà dix connaissances qui sont récemment parties ou s’apprêtent à le faire. Il n’y a pas d’autres entreprises ou manufacture où obtenir un emploi, explique-t-elle. Je ne suis pas confiante, mais j’ai espoir.

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