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Le Néerlandais accusé de cyberintimidation envers Amanda Todd a été extradé au Canada

Une esquisse d'Aydin Coban.

Une esquisse d'Aydin Coban réalisée par un artiste d'une cour néerlandaise en 2017

Photo : Eurovision

Aydin Coban, l'homme néerlandais accusé d'avoir tourmenté et extorqué en ligne l'adolescente britanno-colombienne Amanda Todd avant que cette dernière se suicide en 2012 a été extradé vers le Canada en décembre.

Les autorités judiciaires ont confirmé que l’accusé avait fait sa première apparition dans un tribunal de Colombie-Britannique le 8 décembre 2020. Une situation qui ravive des souvenirs chez la mère de la victime, qui souhaite que justice soit rendue.

Le suicide d’Amanda Todd a suscité de vives réactions partout dans le monde. En 2012, l'adolescente de Port Coquitlam victime de cyberintimidation s’est ôté la vie.

Des accusations ont été portées contre le néerlandais Aydin Coban en 2014.

Le quadragénaire fait face à cinq chefs d’accusation, dont possession de pornographie juvénile et tentative de leurre d'enfant en ligne.

En décembre dernier, il a été extradé vers le Canada. Un moment que la famille d'Amanda Todd attendait depuis plusieurs années.

Nous attendons cela depuis plus de six ans

Carol Todd, la mère d’Amanda, dit que l’extradition d’Aydin Coban lui semble irréelle.

Les accusations ont été portées en avril 2014, donc nous attendons cela depuis plus de six ans.

Six années durant lesquelles la mère de famille prenait son mal en patience en espérant qu’un jour justice soit rendue pour sa fille, qui aurait aujourd’hui 24 ans.

Carol Todd.

Carol Todd dit qu'il est important qu'Aydin Coban soit traduit en justice et qu'il soit condamné et reconnu coupable de tous les crimes dont le tribunal le jugera coupable.

Photo : CBC/Martin Diotte

Elle se souvient d’Amanda comme d'une adolescente dynamique. Elle était amusante, affectueuse et bavarde, raconte-t-elle. Nous ne savions pas qu’avec l'adolescence et les comportements abusifs des autres, l'esprit d'Amanda allait s'effondrer, déplore Carole Todd.

Elle indique que parler de son enfant ravive l’anxiété qu’elle a ressentie après son décès.

Je pense que pour moi, ma famille et les autres qui ont suivi cette histoire, il est vraiment important qu'il soit traduit en justice et qu'il soit condamné et reconnu coupable de tous les crimes dont le tribunal le jugera coupable, ajoute-t-elle.

Créer un précédent

Carol Todd explique que dans la pensée collective, si une adresse IP est dans un pays étranger, il est plus difficile pour les autorités de mener une enquête. Cependant, l’extradition d’Aydin Coban démontre le contraire, selon elle.

Cela rend les frontières un peu plus minces. Parce que les prédateurs aiment à penser que si les gens sont en ligne, ils ne seront jamais pris, parce que personne ne peut les trouver, note-t-elle. Et bien, devinez quoi? Vous pouvez vous faire attraper maintenant.

Elle espère que cela encouragera les victimes et leurs familles à porter plainte.

Cela crée un précédent pour les familles et leurs enfants en leur faisant comprendre que lorsque l’on fait un signalement, quelque chose peut être fait.

Aydin Coban veut réhabiliter son nom

L’avocat d’Aydin Coban, Robert Malewicz, a déclaré que son client se battait pour venir au Canada depuis 2018. Il précise que celui-ci est impatient de réfuter les accusations portées contre lui et de rétablir sa réputation.

Il n'est pas du tout disposé à conclure un accord de plaidoyer ou à plaider coupable, ajoute Robert Malewicz. Dans une déclaration en ligne en novembre dernier, Aydin Coban a affirmé son innocence.

La prochaine comparution d'Aydin Coban devant le tribunal, pour une conférence préparatoire au procès, est prévue le 12 février à New Westminster, en Colombie-Britannique.

Pour sa part, Carol Todd estime que s'il y avait l’ombre d’une preuve de son innocence, il n’aurait pas été extradé.

Les tribunaux, le système judiciaire vont jouer leur rôle dit-elle. Je me dis toujours : "Le Canada aurait-il fait tout cela s'il n'y avait rien? S'il y avait quelque chose qui allait prouver son innocence."

Elle ajoute qu’Aydin Coban, aussi accusé pour des faits similaires aux Pays-Bas, y a tout autant clamé son innocence avant d’être reconnu coupable et condamné à 11 ans de prison.

Il a déclaré, dans la salle d'audience du procès d'Amsterdam, qu'il était innocent alors qu'ils avaient des preuves, indique Carol Todd.

Au moment de son extradition, il purgeait une peine aux Pays-Bas pour fraude et chantage dans une série d'affaires de cyberintimidation sur plusieurs jeunes filles et des hommes homosexuels.

Le ministère de la Justice du Canada indique qu’à l'issue de son procès au Canada, Aydin Coban sera renvoyé aux Pays-Bas pour y purger le reste de la peine imposée par ce pays. Le cas échéant, la peine imposée par la justice canadienne sera également purgée aux Pays-Bas.

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Avec les informations d'Yvette Brend

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