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De nouvelles places en garderie bientôt disponibles aux Îles

Une pancarte où s'est inscrit: "Garderie les Élymes"

La garderie Les Élymes ouvrira ses portes dans les prochaines semaines, dès qu'elle aura l'aval du ministère de la Famille.

Photo : Alexandra Rioux

La garderie privée non subventionnée Les Élymes espère ouvrir ses portes d'ici la fin du mois aux Îles-de-la-Madeleine. Les 26 nouvelles places offertes représentent un baume pour plusieurs parents, bien qu’au moins 80 enfants madelinots n’aient toujours pas accès à un milieu de garde.

Pour l’instant, la date officielle de l’ouverture de la garderie n’est pas encore connue. C’est le ministère de la Famille qui la fixera après avoir validé les derniers détails administratifs.

On espère d'ouvrir en février, mais on ne peut pas le confirmer, indique la coordonnatrice de la garderie Les Élymes, Alexandra Rioux.

Le milieu de garde aménagé dans l'ancien Colisée Albin-Aucoin de Fatima accueillera 26 enfants, dont 10 poupons. La garderie de 3500 pieds carrés comprend une pouponnière, un local multiâge et une salle polyvalente de type gymnase. Le tarif quotidien sera de 55 $.

Bâtiment.

La garderie Les Élymes a été aménagée dans l'ancien Colisée Albin-Aucoin de Fatima. Certaines sections de l'ex-aréna ont aussi été reconverties en logements et en espace d'entreposage (archives).

Photo : Radio-Canada / Jean-François Deschênes

La garderie Les Élymes a été mise sur pied par cinq employeurs majeurs des Îles afin de contrecarrer le manque de places disponible en service de garde dans l’archipel. Le CISSS, le Centre de services scolaire, la Communauté maritime, la Caisse Desjardins des Ramées et la CTMA ont investi conjointement 150 000 $ pour démarrer le projet.

Les places sont octroyées en priorité aux employés des organismes porteurs, mais les besoins sont loin d'être comblés.

La garderie a reçu 106 demandes d’inscription via le guichet La Place 0-5, un nombre quatre fois supérieur au nombre de places disponibles.

Pour les employés du CISSS des Îles, je ne suis même pas arrivée à donner une place aux tiers des enfants sur la liste, mentionne Alexandra Rioux.

Émilie Bénard, technicienne en laboratoire au CISSS des Îles, fait partie des parents ayant obtenu une place.

On était très content, parce que c’est quand même très difficile et rare de pouvoir avoir des places en garderie aux Îles, affirme Mme Bénard. De pouvoir avoir une place au même endroit pour nos deux garçons, c’est vraiment super!

Émilie Bénard avec son conjoint et ses deux enfants photographiés dans la forêt

Émilie Bénard et son conjoint ont obtenu deux places à la garderie Les Élymes pour leurs garçons de trois ans et dix mois.

Photo : Courtoisie Émilie Bénard

La mère de famille de Fatima indique que la recherche d’une place permanente en garderie est constante depuis la naissance de son fils aîné, il y a trois ans.

Pour notre plus vieux, on a été plusieurs mois sans garderie. Ensuite, on a fréquenté une garderie en milieu familial qui a malheureusement fermé, raconte-t-elle. Ensuite, on a eu la chance d’avoir une place temporaire dans un autre milieu familial. Pour mon bébé de 10 mois, on n’avait pas encore de place, on cherchait depuis sa naissance.

Plus de 80 enfants sans place en garderie

Contrairement à Émilie Bénard, Éva Cormier-Langford, une infirmière praticienne spécialisée en première ligne au CISSS des Îles, n’a pas eu la chance d’obtenir une place à la garderie Les Élymes pour sa fille.

Rien n’indique que la petite Françoise, 4 mois, aura une place en milieu de garde lorsque sa mère retournera au travail à la fin de l'été.

Je ne me fais aucune illusion et je me dis que je n’aurai pas de place. J’ai quand même un bon entourage, donc je devrais être capable de me débrouiller, estime Mme Cormier-Langford qui s’inquiète tout de même du manque de socialisation de sa fille si elle ne fréquente pas de garderie.

Selon une étude réalisée par le Comité de développement social des Îles à l'automne 2019, il manquait 82 places en garderie dans l'archipel madelinot.

Au moment de l’étude, 62 % des familles consultées indiquaient qu’au moins un de leur enfant n’avait pu fréquenter un service de garde au cours des cinq dernières années en raison d'un manque de place.

Éva Cormier-Langford est également très préoccupée par le sort de certaines de ses collègues qui, faute de place en garderie et d’un réseau familial solide aux Îles, sont en proie à l’épuisement.

Le gros problème en ce moment, et je ne sais pas si le CISSS des Îles le voit, c’est que j’ai beaucoup de collègues qui n’ont pas de place en garderie et qui travaillent de nuit ou de soir avec un conjoint qui travaille le jour, affirme l’infirmière de Havre-aux-Maisons. Ça veut dire qu’elles finissent de travailler vers minuit ou 1 h du matin, quand elles ne font pas d’heures supplémentaires, qu’elles se couchent vers 2 h du matin et qu’elles doivent se lever à 6 h avec leur enfant, passer la journée avec eux et retourner travailler à 16 h.

Ces filles-là ne pourront pas tenir le cap durant deux ou trois ans à ne pas dormir et brûler la chandelle par les deux bouts. Ça leur prend absolument des places en garderie, sinon elles vont tomber. Personne ne peut vivre comme ça.

Une citation de :Éva Cormier-Langford
Éva Cormier-Langford avec son bébé, devant un paysage enneigé.

Éva Cormier-Langford ne s'attend pas à trouver une place en service de garde de sitôt pour sa petite Françoise.

Photo : Éva Cormier-Langford

L’infirmière dénonce une certaine hypocrisie des instances madeliniennes qui redoublent d’efforts pour attirer de jeunes familles aux Îles-de-la-Madeleine dans le but de combler le manque de main-d’œuvre, alors que les services de garde affichent complet.

Tout le monde veut attirer les jeunes familles, soutient Mme Cormier-Langford. On leur dit : "Déménagez aux Îles, vous allez voir c’est fantastique!", mais tu ne peux pas attirer de jeunes travailleurs et ensuite leur dire : "Ah oups! Détail, on n’a pas de place en garderie!". Il y a des néo-Madelinots qui sont partis parce qu’ils n’avaient pas de place en garderie. Si tu n’as pas de famille sur place, qui est-ce qui garde ton enfant?

Éva Cormier-Langford estime que plusieurs jeunes parents de sont entourage vivent une forme de détresse par rapport au manque de places en milieu de garde.

Ce n’est pas normal que des filles passent leur congé de maternité à passer à travers des listes de téléphone, à stresser et à angoisser à savoir si leur enfant aura une garderie, croit l’infirmière de 33 ans. Ça apporte un nuage sombre sur quelque chose qui devrait être joyeux et paisible.

Pourquoi ça ne bouge pas? Je ne comprends pas pourquoi c’est aussi long. On est capable d’aller sur la lune, on doit être capable d’ouvrir des garderies?

Une citation de :Éva Cormier-Langford

Une situation préoccupante selon le ministère de la Famille

Le ministère de la Famille soutient que le manque de place en services de garde aux Îles-de-la-Madeleine est préoccupant, comme dans plusieurs autres régions au Québec et affirme être régulièrement en contact avec les acteurs de la petite enfance du milieu madelinot.

Le ministère souligne que 80 nouvelles places sont sur le point d’ouvrir au Centre de la petite enfance La Ramée de Gros-Cap. Selon la directrice du CPE, les appels d’offres seront bientôt lancés en vue de la construction d’une nouvelle annexe qui permettra d’augmenter la capacité d’accueil de 60 à 140 enfants, dont 30 poupons. La direction espère que la construction sera terminée à l’automne.

Nous sommes conscients que les places en installation ne se construisent pas en claquant des doigts, écrit par courriel l’attaché de presse Antoine de la Durantaye. Nous devons aussi agir afin d’attirer de nouvelles responsables de services de garde en milieu familial qui pourraient offrir des places rapidement.

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