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Archives

Jean-Paul Mousseau : intégrer l'art à l’environnement urbain

Jean-Paul Mousseau en 1979.

Jean-Paul Mousseau en 1979

Photo : Radio-Canada / Jean-Pierre Karsenty

Radio-Canada

Il y a 30 ans nous quittait Jean-Paul Mousseau. D’abord connu comme peintre du groupe des Automatistes et signataire du Refus global, il s’illustre ensuite par ses murales publiques, ses costumes et décors de théâtre, et par la création de discothèques. Incursion en archives dans l’univers de Jean-Paul Mousseau.

Je ne vois pas l’art avec un grand A. Je vois l’art dans la vie qui appartient à tout le monde. Je crois que tout le monde est artiste, je suis convaincu de ça.

Une citation de :Jean-Paul Mousseau

Le 19 août 1970 à l’émission Gros plan, le journaliste Wilfrid Lemoyne mène une entrevue avec l’artiste Jean-Paul Mousseau. Il est question de ses études, de son appartenance au groupe des Automatistes et de son métier de scénographe décorateur.

Gros plan, 19 août 1970

Issu d’un milieu modeste, Jean-Paul Mousseau apprend la peinture au Collège Notre-Dame dès l’âge de 14 ans, auprès du frère Jérôme. Il devient par la suite directeur de l’atelier de ce dernier.

En 1944, il expose pour la première fois sous les auspices de la Société d'art contemporain et entrera par la suite à l’École du meuble. Il y fera la connaissance du peintre Paul-Émile Borduas et se joindra à la première exposition des Automatistes en 1946. Il signe le célèbre manifeste Refus global en 1948.

En entrevue, Mousseau parle de sa conception de l’artiste et de l’enseignement des arts. Il déplore que l’art ne soit accessible qu’à ceux qui peuvent se l’acheter et n’est pas convaincu que cela soit bon pour l’artiste.

Après avoir participé à plusieurs expositions tant en compagnie des peintres automatistes qu’en solo, Mousseau abandonnera définitivement la peinture de chevalet en 1963.

Jean-Paul Mousseau souhaite intégrer l’art dans l’environnement, car il souhaite que l'art profite au plus grand nombre.

Ça restera toujours ma préoccupation majeure, ça. De faire l’art le plus total possible. De faire des environnements qui permettront la plus grande libération de tous les sens humains.

Une citation de :Jean-Paul Mousseau

Au cours des années 1960, il concevra des discothèques avec des décors excentriques. Des boîtes de nuit d'ambiance dans lesquelles le son, la lumière et les objets créent une atmosphère qui ajoute à l’expérience du visiteur.

Le 9 septembre 1966 à l’émission Aujourd’hui, le journaliste Pierre Paquette nous fait découvrir la Mousse Spacthèque, rue Crescent.

Aujourd’hui, 9 septembre 1966

L'artiste implantera d’autre Mousse Spacthèque dans les villes de Québec, Ottawa, Alma, Varenne et Hull. Il réalisera également le Crash et la Métrothèque, deux autres clubs du centre-ville de Montréal.

Comme scénographe, Jean-Paul Mousseau réinvente la conception du décor théâtral. À ses yeux, le décor doit être avant tout l’expression du texte et non sa simple représentation par des illustrations de fond de scène. Ses éclairages se concentrent sur le jeu des acteurs.

Jean-Paul Mousseau a également travaillé au Bureau du transport métropolitain de la Ville de Montréal de 1972 à 1984. On lui doit les œuvres des stations Peel, Viau, Honoré-Beaugrand et Square-Victoria.

Au jour le jour, 15 mars 1989

Dans ce reportage de la journaliste Hélène Lacoste diffusé à Au jour le jour le 15 mars 1989, l’architecte Jean Dumontier explique comment le métro de Montréal est reconnu à travers le monde pour avoir su intégrer l’art à son architecture.

Le 28 janvier 1997 au Téléjournal, Claude Deschênes présente un reportage en lien avec l’exposition Rétrospective Mousseau qui se tient au Musée d’art contemporain.

Téléjournal, 28 janvier 1997

À la station Peel, le journaliste demande aux passants dans le métro s’ils connaissent Jean-Paul Mousseau. Si la plupart répondent par la négative, les usagers apprécient tout de même les œuvres qu’ils croisent et même piétinent au quotidien.

Comme l’explique sa fille, la comédienne Katerine Mousseau : Il ne pouvait pas concevoir qu’on regarde son œuvre dans les musées en chuchotant. Il voulait démocratiser l’œuvre, que ce soit vivant.

C’est exactement ce qu’affirmait son père, avec son franc-parler, au journaliste Wilfrid Lemoyne en 1970.

Il faut que l’art se manifeste immédiatement dans la collectivité dans laquelle nous vivons. Moi, travailler pour des musées, pour que je sois reconnu dans cent ans ou dans cinquante ans, je m’en balance.

Une citation de :Jean-Paul Mousseau
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