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Peter Nygard attendra en prison son éventuelle audition pour extradition

Peter Nygard.

Peter Nygard restera en détention au Manitoba dans l'attente d'un éventuel procès en vue d'une extradition vers les États-Unis.

Photo : Associated Press / Annie I. Bang

L’ancien magnat canadien de la mode Peter Nygard, visé par des allégations d'agression sexuelle, restera en prison, a décidé une juge du Manitoba.

L’homme d’affaires souhaitait être libéré dans l’attente de possibles procédures judiciaires en vue d’une extradition vers les États-Unis.

Peter Nygard fait face à neuf chefs d’accusation aux États-Unis, dont ceux de racket et de trafic sexuel. Selon un document de cour, les preuves rassemblées aux États-Unis comportent des témoignages de plus d’une vingtaine de personnes. Aucune des allégations n’a été prouvée devant un tribunal.

La juge Shawn Greenberg s’est finalement rangée du côté des arguments de l’avocat du procureur général du Canada, Scott Farlinger. Celui-ci s’opposait à une remise en liberté de Peter Nygard, car il estimait que le Manitobain risquait de s’enfuir.

Les avocats de Peter Nygard, Jay Prober et Richard Wolson, ont fait valoir que la santé de leur client était menacée s’il restait en détention, à cause de la COVID-19.

Peter Nygard risque de s’enfuir

Dans sa décision rendue à l'oral pendant une trentaine de minutes, la juge Greenberg a commencé par rappeler les accusations graves auxquelles fait face Peter Nygard aux États-Unis. Elle a aussi indiqué que Peter Nygard avait le droit d’être libéré (c’est d’ailleurs la norme, selon elle) sauf si le procureur général du Canada parvenait à démontrer qu’il ne devrait pas être remis en liberté.

Elle a aussi considéré que l’homme d’affaires risquait de s’enfuir, un argument qui était défendu par l’avocat du procureur général du Canada Scott Farlinger.

Un dessin représente Peter Nygard.

Peter Nygard a comparu vendredi par vidéoconférence depuis le Centre correctionnel de Headingley. À l'annonce de la décision de la juge, il n'a exprimé aucune émotion.

Photo : La Liberté Manitoba/Tadens Mpwene

Pour cela, la juge s’est basée sur le fait que Peter Nygard ne s’est pas présenté à cinq reprises aux Bahamas lorsqu’il a été appelé à comparaître devant la justice du pays. Elle a exprimé ses doutes quant aux preuves avancées par l’un des garants de Peter Nygard, Greg Fenske, pour tenter de démontrer que l’ancien magnat canadien de la mode n’avait plus d’argent.

Lors d’une audience précédente, le tribunal a appris que Greg Fenske, qui est un ancien employé de Peter Nygard, a acheté une maison pour l’homme d’affaires avec de l’argent que celui-ci lui avait lui-même transféré. C’est d’ailleurs dans cette maison que Peter Nygard a été arrêté le 14 décembre dernier.

Si Shawn Greenberg accepte le fait que la fortune de Peter Nygard a décliné, elle rejette, en revanche, l’idée selon laquelle l’homme soit devenu trop pauvre pour renouveler son passeport. Cet argument avait été avancé par les avocats de Nygard pour expliquer pourquoi il avait laissé expirer son passeport en septembre dernier.

Risque de falsification de preuve

Par ailleurs, la juge s’est dite impressionnée par le deuxième plan de libération proposé par la défense de l’homme d’affaires. Si elle a estimé que celui-ci permettrait probablement d’éviter que Peter Nygard ne s’enfuie, elle s’est néanmoins inquiétée du risque de falsification de preuve en cas de libération.

Pour cela, elle a estimé que le plan présenté par les avocats de la défense n’empêcherait pas Peter Nygard d’ordonner à des personnes de manipuler des preuves.

Shawn Greenberg a aussi déclaré qu’elle ne faisait pas confiance à M. Nygard quant au respect d’une des obligations le forçant à n’entrer en contact avec personne, notant au passage qu’une des allégations contre l’homme d’affaires fait explicitement référence au fait qu’il fait appel à d’autres personnes pour agir en son nom.

La COVID-19 n’est qu’un facteur parmi d’autres

Par ailleurs, la juge a rejeté l’argument des avocats de M. Nygard que la COVID-19 mettait la santé de leur client en jeu s’il restait en prison. À l’heure actuelle, il y a 7 cas de COVID-19 au Centre correctionnel de Headingley situé à la sortie de Winnipeg, où est détenu l’homme de 79 ans, qui compte 536 prisonniers.

La COVID-19 n’est pas un passe-droit pour sortir de prison, a-t-elle dit. C’est un facteur parmi d’autres.

Les États-Unis ont jusqu’au 12 février pour faire une demande d’extradition. Le ministère de la Justice aura alors 30 jours pour décider s’il souhaite poursuivre la procédure.

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