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Langue française : Mélanie Joly affirme partager les objectifs de Québec

Une femme assise devant des drapeaux durant une conférence de presse.

La ministre canadienne des Langues officielles, Mélanie Joly

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Le gouvernement Trudeau cherche la paix linguistique avec Québec à l’aube du dépôt d’une réforme de la loi fédérale sur les langues officielles.

En entrevue avec Radio-Canada, la ministre Mélanie Joly affirme trouver de nombreux points communs avec les propositions du gouvernement Legault en matière de protection du français.

Pour nous, le but est d’arriver au même objectif, qui est de reconnaître que le français a besoin d’aide. On va agir pour aider notre langue, qui doit toujours être protégée et promue au Canada, dit Mme Joly, ministre fédérale du Développement économique et des Langues officielles.

Mme Joly s’apprête à déposer un livre blanc qui servira de base à une consultation sur l’avenir de la Loi sur les langues officielles. L’objectif des libéraux avec cette réforme longtemps attendue est de promouvoir une égalité réelle entre le français et l’anglais, dit-elle.

Lorsqu’une langue est minoritaire et lorsqu’une langue a besoin d’être plus soutenue, il faut en faire plus.

Une citation de :Mélanie Joly, ministre fédérale des Langues officielles

Le Québec prend position

Mme Joly réagissait à la nouvelle position en matière linguistique du gouvernement Legault, qui demande à Ottawa de reconnaître que le français est la seule langue officielle minoritaire dans l’ensemble du Canada.

Il ne faut pas parler d’égalité, mais plutôt d’équité en matière de langue […] Pour avoir de l’équité et renforcer le français partout au Canada, il nous faut cette notion d’asymétrie entre les deux langues, affirme Sonia LeBel, ministre provinciale responsable des Relations canadiennes, dans un communiqué de presse diffusé vendredi matin.

Sonia LeBel en gros plan lors d'une conférence de presse.

La ministre québécoise responsable des Relations canadiennes, Sonia LeBel

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Mme LeBel ajoute que le français doit bénéficier de mesures particulières de la part du gouvernement fédéral, tout en ajoutant que Québec veut maintenir un rôle et des responsabilités envers les communautés francophones et acadiennes du pays.

La demande du Québec s’aligne avec la prise de position du gouvernement Trudeau, l’automne dernier, dans un discours du trône qui marquait une nouvelle approche en matière linguistique à Ottawa. Pour la première fois, le gouvernement fédéral soulignait la réalité particulière du français et avançait qu'il avait la responsabilité de protéger et de promouvoir la langue non seulement à l'extérieur du Québec, mais également au Québec.

Des tensions demeurent 

Malgré tout, un enjeu pourrait relancer les tensions entre Ottawa et Québec, soit la langue de travail dans les entreprises qui dépendent des compétences fédérales au Québec.

Le gouvernement fédéral entend utiliser la Loi sur les langues officielles pour imposer de nouvelles obligations à ces entreprises dans des secteurs comme les banques et les télécommunications.

On a tous notre rôle à jouer, affirme Mme Joly. Nous, on va le faire dans notre champ de compétence.

À Québec, toutefois, certains voudraient que les entreprises sous compétence fédérale soient plutôt assujetties à la Charte de la langue française, au même titre que toutes les autres entreprises dans la province.

Simon Jolin-Barrette, qui est le ministre responsable de la langue française à Québec, affirme que le gouvernement provincial doit demeurer au cœur de la protection du français. M. Jolin-Barrette doit lui-même présenter une réforme des lois linguistiques du Québec cette année.

Il est primordial que le gouvernement du Québec reste le seul maître d'œuvre de l’aménagement linguistique sur son territoire, la langue étant un aspect fondamental de l’identité de la nation québécoise, lance-t-il dans le communiqué de presse.

La francophonie canadienne au coeur du débat

La Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA) se réjouit de voir le gouvernement québécois se soucier de l’avenir du français au-delà de ses frontières.

Pour nous, d’entendre les citoyens québécois s’intéresser à la question, c’est crucial, affirme Jean Johnson, le président de la FCFA.

La langue est d’ailleurs au cœur de la joute politique ces jours-ci, comme l'a démontré l’affaire Emmanuella Lambropoulos. L’automne dernier, la députée libérale de Saint-Laurent avait suscité la controverse en doutant du déclin du français à Montréal, plaçant ainsi son parti sur la défensive. Pendant deux semaines, les partis d’opposition à Ottawa avaient talonné la ministre Mélanie Joly, lui demandant à quel moment elle déposerait son projet de modernisation de la Loi sur les langues officielles.

Ça a mis sur la place publique les enjeux des deux langues officielles, mais aussi les enjeux de la fragilisation du français au Québec, ajoute M. Johnson.

Jean Johnson est en entrevue dans la rotonde à La Cité.

Le président de la FCFA, Jean Johnson

Photo : Radio-Canada / Cory Herperger

Il y a toutefois un risque à ce que les efforts d’Ottawa au Québec en viennent à nuire aux intérêts des francophones hors Québec, croit Valérie Lapointe-Gagnon, professeure au campus Saint-Jean de l’Université de l’Alberta. Elle est également autrice du livre Panser le Canada, qui porte sur la commission Laurendeau-Dunton, qui a mené à l’adoption de la Loi sur les langues officielles.

Si on braque les projecteurs sur la situation au Québec, ça pousse encore plus dans l’ombre ces communautés-là qui, elles, se sont mobilisées depuis des années pour une transformation qui les avantagerait, affirme-t-elle.

Pour Mme Lapointe-Gagnon, il ne faut pas que la défense du français au Québec se fasse au détriment des communautés minoritaires qui évoluent dans des contextes qui sont beaucoup plus négatifs et moins connus.

Le Québec a tellement de place et de poids qu’à chaque fois, ça vient enlever du temps de parole, du temps médiatique précieux aux francophones en situation minoritaire qui en ont moins et qui en ont besoin, conclut-elle.

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