•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Le développement de l’éolien, « c'est dans les plans », dit la PDG d’Hydro-Québec

Trois éoliennes sur le bord d'un fleuve.

La construction du parc éolien Apuiat commencera en 2022 sur le territoire de la Municipalité de Port-Cartier (archives).

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Au lendemain de l’annonce attendue du lancement du projet éolien Apuiat, sur la Côte-Nord, la présidente-directrice générale d’Hydro-Québec, Sophie Brochu, rappelle que l’énergie du vent a de l’avenir chez la société d’État.

Au micro de Bonjour la Côte vendredi, Mme Brochu a confirmé que le développement d’autres projets éoliens est dans la mire d’Hydro-Québec.

La construction de barrages sur pause

La société d’État mise maintenant sur le mariage de l’énergie du vent et de l’énergie de l’eau. Avec la fiabilité d’approvisionnement des nombreuses centrales hydroélectriques déjà en place au Québec, Sophie Brochu affirme que les prochains chantiers ne seront pas des barrages.

« De penser qu’Hydro-Québec va lancer des appels d’offres pour de l’énergie éolienne au courant des prochaines années, c’est tout à fait plausible. C’est dans les plans! »

— Une citation de  Sophie Brochu, présidente-directrice générale chez Hydro-Québec

Il n’y a pas de doute que la filière éolienne est de plus en plus compétitive, et nous on pense qu’elle va pouvoir offrir à Hydro-Québec des approvisionnements énergétiques concurrentiels. Compte tenu qu’on a beaucoup de réserves hydrauliques, compte tenu que la dernière phase de La Romaine va entrer en service au cours des prochains mois, on ne voit pas la nécessité, à court ou à moyen terme, de relancer de grands barrages hydroélectriques, précise Mme Brochu.

Gros plan de Sophie Brochu.

Sophie Brochu, PDG d’Hydro-Québec (archives)

Photo : La Presse canadienne / Paul Chiasson

De concert avec la société d'État, le premier ministre François Legault a assuré jeudi qu’Apuiat n’était que le premier d’une lignée de parcs éoliens.

« L’éolien devient un secteur moins coûteux que les barrages qu’on pourrait penser construire. [...] Apuiat, pour moi, c’est un premier pas, mais il va en venir d’autres. »

— Une citation de  François Legault, premier ministre du Québec

Le projet Apuiat, mené par la Nation Innue et en partenariat avec la compagnie Boralex, permettra à Hydro-Québec d’acheter de l'électricité à un coût d'environ 6 ¢/kWh, un prix semblable à celui payé pour l'énergie produite au complexe La Romaine.

La demande d’électricité estimée à la hausse

Alors qu’Apuiat avait été tabletté en raison des surplus énergétiques d'Hydro-Québec, des projets et des promesses nouvelles d’achat d’électricité laissent présager un redressement de la demande.

Le plan d’économie verte lancé en novembre dernier par le gouvernement Legault promet une migration de la demande des énergies fossiles vers l’électricité, selon Mme Brochu.

« Il y aura certainement un changement de la diète énergétique des Québécois. »

— Une citation de  Sophie Brochu, présidente-directrice générale, Hydro-Québec

De plus, un important contrat d’exportation d’électricité signé avec le Massachusetts, qui attendait des permis pour construire la ligne nécessaire au transport de l’énergie, vient tout juste d’avoir le feu vert des instances américaines.

Ce contrat est important, c’est le plus grand de l’histoire d’Hydro-Québec, affirme la présidente-directrice générale.

Finalement, des pourparlers avec l’État de New York donnent bon espoir à la province de signer une entente d’exportation bientôt, conclut Mme Brochu.

Des contrats d'exportation pas gagnés d'avance

En entrevue au Téléjournal Est-du-Québec, le professeur spécialisé en marchés de l'électricité à HEC Montréal, Pierre-Olivier Pineau, avance que ce changement de cap en faveur de l'énergie éolienne est en partie dû à la demande en électricité qui est vouée à croître dans les prochaines années au Québec et à la pandémie [qui] amène un désir de relance économique de la part de la CAQ qui n'existait pas en 2018.

Il souligne que la demande de ce type d'énergie est présente chez nos voisins du Sud et elle est énorme, mais qu'il faut se demander dans quelle mesure ça va être possible de leur vendre davantage d'énergie dans les années à venir.

« Hydro-Québec a beaucoup de difficulté à signer des contrats d'exportation. ll y a un contexte général qu'il faut travailler pour pouvoir signer ces contrats d'exportation et ça, ce n'est pas gagné d'avance. »

— Une citation de  Pierre-Olivier Pineau, professeur spécialisé en marchés de l'électricité à HEC Montréal

Pierre-Olivier Pineau explique que des États comme ceux de New York ou de la Nouvelle-Angleterre cherchent toutefois à décarboniser leurs systèmes énergétiques. [...] Ils ont un certain retard dans le développement de leur énergie renouvelable et ils pourraient être intéressés par des approvisionnements externes.

Par contre, le professeur rappelle que les Américains ne sont pas toujours enclins à s'approvisionner en électricité à l'international.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !