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Aide internationale à la vaccination : l'UNICEF salue le leadership du Canada

Une fiole de vaccin

Le Canada pourrait recevoir près de 2 millions de doses du vaccin Astrazena-Université Oxford d’ici la fin du mois de juin, grâce au mécanisme COVAX.

Photo : Getty Images / Darren Staples

Au milieu d'un effort de vaccination massif contre la COVID-19, le gouvernement canadien se présente comme un leader en matière d'aide internationale à la vaccination, selon Benjamin Schreiber, chef adjoint de la vaccination mondiale à l'UNICEF et coordonnateur du dispositif COVAX.

Critiqué par les dirigeants de l'opposition fédérale au sujet de la livraison de près de 2 millions de doses par l'entremise du programme COVAX – un mécanisme qui vise à assurer une distribution juste, équitable et opportune des vaccins aux pays défavorisés – l'UNICEF croit au contraire que le gouvernement Trudeau est un exemple qui devrait inspirer d'autres pays riches.

Le programme COVAX est pour le moment la seule solution pour assurer une vaccination équitable dans le monde. C'est un bon investissement [que les pays riches] y contribuent, comme le fait le Canada, dont le leadership est vraiment bon.

Une citation de :Benjamin Schreiber, chef adjoint de la vaccination mondiale à l'UNICEF et coordonnateur du dispositif COVAX

Selon M. Schreiber, la pandémie est un problème global qui exige une réponse globale. Le programme COVAX est la seule solution, et il faut le supporter, poursuit-il.

S'il n'y avait pas ce programme, chaque pays devrait faire affaire avec les différents laboratoires pharmaceutiques, et cela aurait comme conséquence que ceux avec le moins de ressources se retrouveraient en queue de peloton, explique M. Schreiber.

Le mécanisme COVAX compte actuellement 190 pays participants (Nouvelle fenêtre), dont 98 pays à revenu élevé et 92 pays à revenu faible ou intermédiaire remplissant les conditions requises pour bénéficier du soutien du dispositif de financement.

Des accords ont été signés avec différents laboratoires pharmaceutiques pour acheter près de deux milliards de doses cette année, qui seront distribuées pour vacciner jusqu'à un cinquième de la population de chaque pays. Près de la moitié des vaccins irait à ceux à faible revenu.

Le gouvernement fédéral s'est défendu à plusieurs reprises en avançant que le programme COVAX faisait partie du vaste portefeuille de vaccins du Canada, et ce depuis le début.

Comme le prévoit le mécanisme pour les pays les plus riches, la moitié de la somme allouée par le Canada – soit une contribution de 440 millions de dollars – devrait permettre à Ottawa d'obtenir une part de vaccins, soit précisément 1 903 200 doses.

Selon une prévision provisoire, 15 % de ces doses devraient être livrées d’ici la fin mars et une autre tranche de 56 % le sera d’ici la fin juin. Le moment où la tranche de 29 % restante sera livrée n’a pas été précisé.

Les quantités qui seront obtenues par l’entremise du programme COVAX, s’ajoutent aux 20 millions de doses pour lesquelles le Canada a déjà conclu un contrat avec le laboratoire AstraZeneca-Université d'Oxford.

Le luxe d'optimiser sa campagne de vaccination

Le coordonnateur du dispositif COVAX aimerait, se dit-il, être dans la même situation que vivent de nombreux pays riches.

En ce moment, [ils] ont des problèmes pour optimiser la vaccination qui se fait déjà sur place. Moi j'aimerais bien avoir ce problème-là, car bien des nations n'ont même pas les vaccins et sont encore en phase préparatoire.

Une citation de :Benjamin Schreiber, chef adjoint de la vaccination mondiale à l'UNICEF et coordonnateur du dispositif COVAX

Avec plus de deux milliards de doses achetées chaque année, l'UNICEF est l'un des plus grands acquéreurs de vaccins au monde.

Fort de cette expérience, et armé d'une machinerie logistique remarquable, M. Schreiber estime que le déploiement du programme ne prendra pas des années – comme c'est habituellement le cas dans les pays en voie de développement – mais qu'il sera bien au contraire lancé dès les prochaines semaines.

Beaucoup de pays sont en train de finaliser leur plan de vaccination et de diffusion. Une fois que le vaccin d'AstraZeneca-Université d'Oxford aura été approuvé par l'Organisation mondiale de la santé, on pourra alors commencer à très vite distribuer, explique-t-il.

On a déjà travaillé avec l'industrie aérienne pour s'assurer du transport des vaccins. On a également acheté près de 500 millions de seringues pour s'assurer que les doses soient inoculées avec du bon matériel, précise le chef adjoint de la vaccination mondiale à l'UNICEF.

Les cas de la Guinée et du Maroc

Parmi les premiers pays à recevoir les doses du programme se trouve la Guinée, qui espère vacciner près de 20 % de sa population entre 2021 et 2022. Les autorités sanitaires prévoient d'ores et déjà que près de 710 000 personnes pourraient être vaccinées au cours du mois de février.

Par rapport au plan COVAX, on est très avancés on a déjà élaboré un plan stratégique qui a été validé en décembre dernier, souligne le docteur Sakoba Keita, directeur national de l'agence sanitaire guinéenne.

Au moment où je vous parle, mon équipe est entrain de faire un micro plan de distribution de 1 020 000 doses

Une citation de :Dr Sakoba Keita, directeur national de l'agence sanitaire de la Guinée

Cela va comprendre le personnel de santé, les emplois stratégiques au sein du gouvernement et dans les différents départements ministériels, les agents de protection civile, les chauffeurs ou encore les mécaniciens qui sont amenés à sortir à l'extérieur du pays, précise le Dr Sakoba Keita.

Selon lui, son pays doit faire figure d'exemple.

Cela fait 40 ans que je participe à beaucoup de campagnes de vaccination, comme celle de la méningite, de la rougeole ou encore de la fièvre jaune. [...] Et la Guinée, qui a subi de surcroît l'expérience d'Ebola, doit être au premier plan de cette vaccination, notamment pour initier les pays voisins, nous confie le directeur national de l'agence sanitaire guinéenne.

Des gants et des bottes

Des gants et des bottes désinfectés au centre de traitement du virus Ebola à Conakry, en 2015.

Photo : AFP / Cellou Binani

Le Maroc, premier pays africain à vacciner, n'a quant à lui pas attendu le lancement du programme COVAX, alors que près de deux millions de doses lui sont destinées.

Nous n'avons pas besoin du programme pour nous faire la stratégie ou pour nous donner le vaccin, mais c'est un petit élément qui peut nous aider, explique le docteur Moulay Tahar Alaoui, président du comité technique de vaccination.

Le royaume a signé des ententes pour une distribution du vaccin chinois de Sinopharm et celui d'AstraZeneca-Université Oxford. Depuis vendredi dernier – date du début de la campagne – près de 200 000 personnes ont été vaccinées.

C'est une stratégie qui est sur un maillage sur le Maroc entier. Nous utilisons le système de la mobilité : les camions vont chez les gens.

Une citation de :Dr Moulay Tahar Alaoui, le président du comité technique de vaccination

Nous avons de plus en plus d'adhérents, de plus en plus de gens qui viennent, poursuit-il. Je ne le dis pas par fanfaronnade, mais nous avons fait toute une préparation. Il y a la préparation technique, la mise en place des structures et des équipements partout, même dans les régions éloignées sans accessibilité. Il y a près de 3000 unités ouvertes un peu partout dans le pays pour aller se faire vacciner.

Une infirmière tient une seringue contenant une dose de vaccin contre la COVID-19. Une femme portant un masque la regarde faire.

Une infirmière tient une seringue contenant une dose de vaccin contre la COVID-19 dans un centre de vaccination de Salé, au Maroc.

Photo : Getty Images / FADEL SENNA

Questionné au sujet du nationalisme vaccinal que de nombreux experts reprochent aux pays riches, le président du comité technique de vaccination ne mâche pas ses mots.

Cela se rapproche de la stratégie colonialiste. C'est tout, pas plus ni moins, martèle-t-il.

Quand certains pays occidentaux payent 30 à 40 dollars la dose, comment voulez-vous que le Sénégal, le Niger ou encore le Maroc fassent concurrence? demande rhétoriquement le Dr Moulay Tahar Alaoui.

La particularité de la Chine

Pendant que le reste du monde vaccine en urgence et massivement, le cas de la Chine fait figure d'exception.

La stratégie des autorités sanitaires est de contenir les foyers de contagion et non pas de vacciner, et ce malgré des capacités logistiques et de production industrielle importantes, explique le docteur Philippe Klein, médecin-chef de la clinique internationale de Wuhan.

C'est bien parce que la Chine a appliqué une méthode qui lui permet de maîtriser l'épidémie – en traçant, en testant et en isolant les différents cas – qu'elle peut avoir ce luxe de prendre son temps pour vacciner sa population.

Une citation de :Dr Philippe Klein, médecin-chef de la clinique internationale de Wuhan

Ce qui fait que chaque fois qu'un nouveau foyer apparaît, [la Chine] arrive à le maîtriser et à maintenir cette bulle sanitaire sur son territoire national, précise le Dr Klein, qui ne fait pas partie des personnes prioritaires à vacciner, et ce même à titre de membre du personnel médical.

un enfant regarde des vaccins

Selon le Dr. Klein, le gouvernement chinois communique très peu au sujet de la vaccination.

Photo : AFP / Noel Celis

Il y a toujours de la part de l'Occident ce déni : soit on ne veut pas parler de la Chine, soit on ne parle que des mauvais aspects. [...] Ce qui fait qu'on ne tient pas compte de l'expérience de terrain ici, car c'est la deuxième fois que le pays arrive à maîtriser une épidémie, après celle du SRAS en 2003, affirme celui qui a vécu la situation dans l’œil du cyclone.

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