•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

La police militaire enquêtera sur les allégations visant Jonathan Vance

Jonathan Vance.

Jonathan Vance

Photo : La Presse canadienne / Justin Tang

Radio-Canada

Le ministère de la Défense a annoncé jeudi que la police militaire a ouvert une enquête au sujet des allégations d’inconduite visant le général Jonathan Vance, ancien chef de la défense canadienne.

Le porte-parole du ministère de la Défense, Daniel Le Bouthillier, a précisé que l'enquête du Service national des enquêtes des Forces canadiennes est distincte d'un examen indépendant ordonné par de hauts responsables militaires.

Le réseau Global News a rapporté mardi que Jonathan Vance aurait eu une relation continue avec une femme qui avait un grade inférieur dans la structure hiérarchique de l'armée.

L'ancien chef de la défense aurait également fait un commentaire à caractère sexuel à une deuxième soldate beaucoup plus jeune en 2012, avant d'être nommé chef d'état-major de la défense.

M. Vance a reconnu avoir eu une relation avec la première femme il y a près de 20 ans, selon Global News, tout en soutenant que cette relation avait évolué au fil des ans et n'était pas sexuelle.

L'ancien chef de la défense a également affirmé qu'il ne se souvenait pas d'avoir fait un commentaire à caractère sexuel à l'autre membre subalterne, ajoutant que s'il avait fait ce commentaire, il aurait été voulu comme une blague et qu'il était prêt à s'excuser.

Les allégations contre M. Vance surviennent moins d'un mois après son départ à la retraite. Il avait occupé le poste de chef de la défense durant cinq ans.

Interrogé jeudi sur ces allégations à la Chambre des communes, le ministre de la Défense, Harjit Sajjan, a déclaré qu'il s'était toujours assuré que toutes les allégations portées à [son] attention avaient été signalées aux autorités compétentes pour ouvrir une enquête, quel que soit le grade ou le poste.

Nous veillerons à ce qu'une enquête indépendante et approfondie soit menée, a-t-il ajouté.

Libéraux et conservateurs mis au courant, selon CBC

Des allégations non officielles concernant une possible inconduite de l'ancien commandant de la défense ont été transmises au gouvernement libéral et à l'ancien gouvernement conservateur à plusieurs occasions, selon des sources citées par CBC.

Il y a près de six ans, alors que le gouvernement conservateur de l'époque évaluait sa candidature comme chef d'état-major de la défense, des responsables du bureau du premier ministre Stephen Harper ont indiqué à M. Vance craindre qu’il n'ait eu une relation inappropriée avec une officière américaine en Italie, une subordonnée qui est devenue plus tard sa femme.

Ces préoccupations ont, à l'époque, fait l'objet d'une enquête de la part des militaires canadiens et américains. Des sources, citées par CBC, ont déclaré que l'armée canadienne avait autorisé la relation. On ne sait pas quelle position ont prise les autorités militaires américaines.

En 2015, la question des allégations aurait été évoquée lors d’un entretien entre M. Vance et le chef de cabinet de Stephen Harper, Ray Novak.

Selon CBC, M. Vance a nié que la relation était inappropriée parce que la femme en question ne faisait pas partie de sa chaîne de commandement au moment où ils étaient ensemble.

Par ailleurs, de nombreuses sources ont indiqué à CBC qu'une femme s'était adressée au bureau de l'ombudsman des Forces canadiennes au début de 2018, lui livrant une enveloppe scellée qui contenait de présumés courriels harcelants d'un membre très haut placé de l'équipe de commandement.

La femme a soutenu qu'elle ne voulait pas déposer de plainte officielle.

Le 1er mars 2018, l'ombudsman militaire de l'époque, Gary Walbourne, a rencontré le ministre de la Défense Harjit Sajjan, où plusieurs sources affirment qu'il aurait soulevé l'allégation officieuse visant le général Vance.

Départ soudain de l'ombudsman

Harjit Sajjan en compagnie du général Jonathan Vance

Le ministre de la Défense, Harjit Sajjan, en compagnie du général Jonathan Vance (archives)

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

Une source gouvernementale de haut niveau a reconnu jeudi qu’une inquiétude liée à l'ancien chef d'état-major de la défense avait été soulevée lors de la réunion entre l’ancien ombudsman de l'armée et le ministre de la Défense.

Le ministre aurait alors insisté pour que la question soit dirigée vers les autorités compétentes pour enquête, qui comprenait le Bureau du conseil privé.

Tard jeudi, dans une déclaration, le Bureau du conseil privé a indiqué qu'il s'assurait que les processus d'enquête sur les plaintes sont correctement suivis.

Des documents obtenus après une demande d’accès à l'information, montrent qu'au lendemain de la rencontre avec M. Sajjan, Gary Walbourne a présenté sa démission et a annoncé au ministre qu'il quittait son poste avant la fin de son mandat.

L’ex-ombudsman a quitté son emploi fin 2018. À l'automne 2019, M. Walbourne a déclaré à CBC qu'il avait été chassé de ses fonctions par une vendetta politique, qui impliquait un examen à huis clos des plaintes contre lui pour mauvaise gestion, népotisme et utilisation abusive des fonds publics.

Tout au long de l'épreuve, l'ancien ombudsman a nié les allégations et a déclaré dans une entrevue à CBC, qu'il y avait eu une tentative de le faire taire.

Avec les informations de La Presse canadienne, et CBC

Commentaires fermés

L’espace commentaires est fermé. Considérant la nature sensible ou légale de certains contenus, nous nous réservons le droit de désactiver les commentaires. Vous pouvez consulter nos conditions d’utilisation.