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Trop tôt pour utiliser la colchicine contre la COVID-19, selon l'INESSS

Les résultats de l'étude COLCORONA ne sont pas statistiquement significatifs, juge l'Institut national d'excellence en santé et en services sociaux du Québec.

Des comprimés de colchicine.

Le reportage de Vincent Maisonneuve

Photo : iStock

Radio-Canada

Les scientifiques du gouvernement du Québec estiment nécessaire que des recherches supplémentaires soient menées avant de pouvoir recommander l'utilisation à grande échelle de la colchicine pour traiter les patients atteints de la COVID-19.

La présentation il y a deux semaines des résultats préliminaires de l'étude COLCORONA menée par l'Institut de cardiologie de Montréal (ICM), montrant que le médicament est efficace pour prévenir les complications liées à la COVID-19, avait suscité beaucoup d'enthousiasme.

Même le directeur national de santé publique, le Dr Horacio Arruda, avait affirmé à la radio de Radio-Canada que l'utilisation de la colchicine pour combattre la COVID-19 pourrait bientôt être étendue partout au Québec.

Or, l'Institut national d'excellence en santé et en services sociaux (INESSS) du Québec, qui a révisé les données de l'étude, juge qu'il serait prématuré d'agir ainsi.

À son avis, les résultats préliminaires obtenus par l'ICM ne démontrent pas hors de tout doute l'efficacité du médicament.

Une marge d'erreur trop grande

La Dre Michèle de Guise, vice-présidente scientifique de l'INESSS, a déclaré lors d'un breffage technique jeudi que les résultats de l'étude montrant une diminution du risque d'hospitalisation ou de décès chez les patients aux prises avec la COVID-19 ne sont pas statistiquement significatifs.

Elle souligne aussi que la prise de colchicine pourrait entraîner des effets secondaires comme des diarrhées, la déshydratation ou, pire, des embolies pulmonaires.

Selon la Dre de Guise, les médecins qui souhaiteraient malgré tout prescrire de la colchicine à leurs patients atteints de la COVID-19 devraient s'assurer que ceux-ci sont conscients des risques et des avantages non prouvés du médicament, utilisé depuis plusieurs années pour traiter la goutte.

Quelques jours après le dévoilement des résultats préliminaires de l'étude de l'ICM, le Collège des médecins et l’Ordre des pharmaciens avaient d'ailleurs exhorté leurs membres à faire preuve d’« une grande prudence » dans la prescription de la colchicine pour traiter la COVID-19.

Une étude difficile à reproduire

Ça ne veut pas dire que [le médicament] n'a pas d’effets, et qu’il n’y aura pas d’effets mieux documentés dans un avenir que nous souhaitons le plus proche possible, a nuancé le Dr Luc Boileau, PDG de l'INESSS, à 24|60, jeudi. Mais aujourd’hui, ce serait prématuré de [le] recommander.

En ce moment, ce serait un peu imprudent de notre part d’aller de l’avant et de dire : "On le recommande".

Une citation de :Luc Boileau, PDG de l'Institut national d'excellence en santé et en services sociaux du Québec

Le Dr Boileau reconnaît l'ampleur de l'étude de l'ICM, qui a mené ses travaux à travers une demi-douzaine de pays – et qui, pour des raisons logistiques, a dû écourter ses recherches. Selon lui, il serait impensable de mener une autre enquête de ce genre. Mais des recherches auprès d'une clientèle plus ciblée seraient envisageables.

Ce qui reste à faire, c’est essayer de pousser cette logique analytique là en regardant les sous-groupes, comme les diabétiques ou les personnes ayant survécu à un infarctus, explique le Dr Boileau.

Les résultats obtenus par l'équipe du Dr Jean-Claude Tardif permettaient pourtant d'espérer le mieux. La prise de colchicine, disait-elle le mois dernier, pourrait réduire de 25 % les hospitalisations, de 50 % le besoin de ventilation mécanique et de 44 % les décès.

Avec les informations de Vincent Maisonneuve et La Presse canadienne

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