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Les professeurs de l’Université Laurentienne demandent le congédiement de membres du CA

L’Université Laurentienne a entamé lundi des démarches pour se mettre à l'abri de ses créanciers.

Une enseigne de l'Université Laurentienne.

L’Université Laurentienne fait face à un important déficit.

Photo : Radio-Canada / Yvon Thériault

Ezra Belotte-Cousineau

Dans une lettre envoyée aux gouvernements provincial et fédéral, l’Association des professeures et professeurs de l’Université Laurentienne (APPUL) invite la province à renvoyer les membres du conseil d’administration de l’établissement d’enseignement supérieur qui « ont clairement négligé leurs devoirs et leurs responsabilités ».

Fabrice Colin, le président de l’APPUL, estime que le gouvernement provincial a failli dans son rôle de chien de garde, alors que les quatre représentants du gouvernement siégeant au CA de l'université sudburoise n’ont pas sonné l’alarme plus tôt.

Il ajoute que les étudiants, professeurs et employés n’ont pas à subir les conséquences des mauvaises pratiques de l’administration.

Un homme vêtu d'une veste noire aux rayures blanches

Fabrice Colin et les autres membres de l'Association des professeures et professeurs de l'Université Laurentienne demandent plus de transparence de la part de l'administration.

Photo : Radio-Canada / Bienvenu Senga

L’APPUL demande aussi un meilleur financement public de l’établissement, autant de la part de la province que du fédéral.

Dans la lettre adressée à Doug Ford, Justin Trudeau, Mélanie Joly et Ross Romano, M. Colin soutient que l’Université Laurentienne est une institution publique, et non une entreprise du secteur privé.

À ce titre, je vous demande instamment de fournir le financement nécessaire à court et à long terme afin que nous puissions mettre un terme à l’insolvabilité de l’Université Laurentienne et aux procédures judiciaires inutiles.

Une citation de :Fabrice Collin, président de l'Association des professeures et professeurs de l'Université Laurentienne

L’Université a annoncé lundi avoir entamé des démarches pour se mettre à l'abri de ses créanciers.

M. Colin ajoute que l’Université Laurentienne a un mandat bilingue et multiculturel, pour soutenir les communautés francophone, anglophone et autochtone.

Au début de la semaine, Ross Romano, ministre ontarien des Collèges et Universités, a nommé un conseiller spécial chargé de [lui] fournir des options qui permettraient à l’Université Laurentienne de retrouver sa viabilité financière.

Les problèmes financiers de l’Université Laurentienne précèdent la pandémie

Dans un rapport présenté au Sénat de l’Université Laurentienne en décembre 2020, le recteur et vice-chancelier, Robert Haché, prévenait déjà qu’il pourrait être désastreux de passer outre nos défis, alors que la pandémie exacerbe les difficultés financières de l’institution.

Avant la pandémie, l’Université Laurentienne avait déjà un déficit structurel qui dépassait 7 millions de dollars.

Le recteur soulignait dans son rapport que les coûts engendrés par la COVID-19 et les pertes de revenus ont fait gonfler le déficit à près de 20 millions de dollars.

Robert Haché devant une grande table dans une salle de réunion

Robert Haché est entré en poste à titre de recteur et vice-chancelier de l’Université Laurentienne le 1er juillet 2019.

Photo : Université Laurentienne

J’entends des échos que les défis de viabilité datent de longtemps et sont en partie auto-infligés, écrivait M. Haché dans son rapport.

Je comprends le sentiment et me rends compte que, même pendant les périodes normales des dernières années, la Laurentienne se démène, note-t-il.

Que nous soyons satisfaits de nous débattre en temps réguliers, au lieu de nous orienter pour bâtir notre succès, est préoccupant.

Une citation de :Robert Haché, recteur et vice-chancelier de l'Université Laurentienne

Robert Haché note que l’université se trouve avec les droits de scolarité pour les étudiants canadiens parmi les moins élevés de la province.

L’incidence est aggravée par une réduction de 10 % des droits de scolarité et, récemment, un gel de ceux-ci pour deux ans. En 2020-2021, cela représente une diminution des revenus de 7 000 000 $, explique-t-il.

À cela s’ajoutent des coûts de l’éducation par étudiant parmi les plus élevés en Ontario.

Certes, il faut tenir compte des coûts qu’ajoute l’offre d’une programmation bilingue pour laquelle la Laurentienne reçoit des subventions particulières, précise le recteur. Cependant, nos coûts par étudiant sont quand même un peu plus élevés que ceux de l’Université d’Ottawa.

Un édifice d'au moins huit étages en hiver.

M. Haché affirme qu'en plus d’avoir des coûts élevés par étudiant, l'Université Laurentienne possède plusieurs édifices qui ont besoin d'importantes rénovations.

Photo : Radio-Canada / Yvon Thériault

M. Haché évoque aussi des faiblesses qui sortent du domaine financier, notamment pour remplir son mandat auprès de la communauté francophone.

Nous nous démenons pour attirer un nombre suffisant d’étudiants pour offrir beaucoup de programmes et avons de la difficulté à être une université véritablement bilingue, écrit-il.

Sur les plans linguistique et culturel, l’Université se distingue de la communauté du Grand Sudbury et accuse du retard par rapport au système en abordant les questions de racisme, d’équité, de diversité et d’inclusion.

Une citation de :Robert Haché, recteur et vice-chancelier de l'Université Laurentienne

Je présente ce sommaire de la conversation comme point de départ à la discussion collégiale élargie que nous déclenchons pour transfigurer l’université, conclut le recteur.

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