•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

L'Ontario installera un nouveau détecteur de drogues en prison, malgré ses lacunes

La technologie à ions doit permettre de réduire la contrebande et prévenir les surdoses en détention.

Un homme tient les barreaux d'une cellule de prison.

L'Ontario compte munir 10 prisons de la province de détecteurs à ions afin d'y réduire la contrebande de drogues et de prévenir les surdoses en détention.

Photo : Shutterstock

Radio-Canada

Le gouvernement Ford compte munir 10 prisons de la province de détecteurs à ions dans le but d'y réduire la contrebande de drogue. Une politique qui doit, selon lui, renforcer la sécurité des agents correctionnels et des détenus après un cas de surdose mortelle.

L'annonce du gouvernement survient après la mort d'un prisonnier qui avait passé les tests de détection à son entrée au Centre de détention de l'Est à Lindsay sans que les gardiens se soient aperçus qu'il avait ingéré du fentanyl.

Le sachet de drogue s'est déchiré dans le corps de l'individu, qui a succombé à une surdose en juin 2020. Jordan Sheard était âgé de 26 ans.

Jordan Sheard

Jordan Sheard est mort à 26 ans d'une surdose de drogue.

Photo : Facebook/Angela Vos

Les gardiens l'avaient pourtant soumis à deux reprises à un détecteur conventionnel aux rayons X pour éviter qu'il n'introduise de la drogue dans la prison.

Les scanners à ions sont des outils de sécurité utilisés pour détecter et identifier des traces de drogue [et ils représentent] une mesure de sécurité de plus à la disposition des agents correctionnels pour éviter que des substances illégales ne soient introduites dans les établissements.

Une citation de :Communiqué du ministère du Solliciteur général de l'Ontario

L'aménagement de ces détecteurs a débuté discrètement l'automne dernier dans 10 prisons pour adultes.

Une femme avec des lunettes.

La solliciteure générale de l'Ontario, Sylvia Jones

Photo : Radio-Canada

Les scanners à ions utilisent une technologie complètement différente de celle des détecteurs corporels aux rayons X que la province utilise depuis 2016, selon Ryan Graham, le co-président du comité sur la santé et sécurité au sein du syndicat des agents correctionnels de l'Ontario, le SEFPO.

La technologie à ions a été utilisée pour la première fois en 2018 au Centre de détention de Middlesex dans un projet pilote qui s'est avéré efficace pour repérer des drogues dans des cavités humaines, selon le ministère.

M. Graham affirme que son comité avait recommandé l'utilisation de cette nouvelle technologie, pour lutter contre la crise des opioïdes dans le système carcéral. Nous avons réalisé que cette technologie donnait de grands résultats en plus d'offrir des mesures de protection additionnelles, dit-il.

M. Graham ajoute que l'aménagement de ces spectromètres de mobilité ionique a débuté en novembre, mais que la ministre Sylvia Jones n'en a fait l'annonce publique que jeudi.

Dans une entrevue à CBC, la mère de Jordan Sheard, Angela Vos, déclare qu'elle est satisfaite des changements qui ont été apportés au système de surveillance des détenus.

Mme Vos se dit néanmoins inquiète du temps qui sera consacré à la formation des agents correctionnels pour utiliser une telle technologie et du manque de traitement de réadaptation offert aux toxicomanes en détention.

Elle précise que la décision de la province d'agir arrive juste un peu trop tard, parce que cette technologie aurait pu, selon elle, sauver son fils.

La solution consiste à garder les toxicomanes en dehors des prisons, à décriminaliser la consommation de substances illicites, à investir dans des centres d'injection sécuritaires et des programmes de réduction des risques et de réinsertion... à aller à leur rencontre pour s'assurer de la sécurité de leurs approvisionnements.

Une citation de :Angela Vos, la mère de Jordan Sheard

Malgré tout, lorsqu'il n'y a plus d'autre solution, cette technologie est un pas dans la bonne direction, conclut Mme Vos.

La technologie à ions existe dans le système carcéral fédéral, mais les familles de détenu ont souvent dénoncé la fréquence alarmante de faux résultats positifs qu'elle affiche.

Un agent du Service correctionnel surveille l'établissement de Collins Bay à Kingston, en Ontario.

Les spectromètres de mobilité ionique sont utilisés dans les pénitenciers au Canada depuis plusieurs années.

Photo : La Presse canadienne / Lars Hagberg

Le site Internet du Service correctionnel du Canada, SCC, souligne que l'efficacité de cette technologie a été étudiée à l'échelle internationale et qu'il a été démontré qu'elle n'était pas dénuée de défauts.

L'un des inconvénients des spectromètres de mobilité ionique est qu'ils mesurent les particules de drogue à l'échelle des nanogrammes et identifient ainsi fréquemment des faux positifs, y est-il écrit.

La révision du SCC cite deux autres études. La première déduit que la cocaïne était la seule drogue qu'il est possible de détecter de façon efficace.

La seconde a démontré que les substances en poudre fine étaient plus faciles à dépister que les grosses pilules et que les drogues, autres que la cocaïne, étaient plus difficiles à identifier.

L'analyse du SCC conclut que les scanners à ions, bien qu'ils soient utiles, sont toutefois souvent trop sensibles et présentent des limites quant à leur capacité de détecter certains types de drogues.

L'enseigne d'un immeuble.

Le complexe correctionnel de Maplehurst à Milton, en banlieue de Toronto

Photo : Radio-Canada / Craig Chivers/CBC News

À ce moment-ci, le ministère ontarien affirme qu'il s'affaire à réduire le nombre d'accusés qui attendent leur procès en détention et d'offrir de la naloxone aux détenus pour les garder en vie durant leur emprisonnement.

Des spectromètres de mobilité ionique seront installés dans les établissements suivants dans le courant de l'été :

  • le complexe Maplehurst de Milton
  • les Centres de détention de Hamilton-Wentworth et d'Ottawa-Carleton
  • les Centres de détention de l'Est, du Centre-Nord et du Sud-Ouest,
  • le Centre de détention du sud de Toronto
  • les prisons de Kenora, Thunder Bay et Sudbury

Le ministère assure que la formation des agents correctionnels de la province est en cours et qu'elle sera complétée avant que ces machines ne soient utilisées dans tous ces établissements.

Selon les informations de CBC News

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !