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Gazoduq mise sur l'électrification des compresseurs pour atteindre la carboneutralité

Une femme sourit à la caméra.

Marie-Christine Demers, directrice des affaires publiques et des relations avec les communautés de Gazoduq

Photo : gracieuseté Gazoduq

L’entreprise Gazoduq, qui souhaite aménager une conduite souterraine de près de 780 km pour acheminer du gaz naturel de l’Ouest jusqu’à Saguenay, veut que son projet soit carboneutre.

Pour ce faire, elle a obtenu une contribution de 2 M$ de la part du gouvernement de l’Alberta pour développer une technologie qui utiliserait de l’hydroélectricité pour alimenter des stations de compression, plutôt que du gaz naturel. Totalisant 4 M$, le projet misera également sur l’intelligence artificielle et l’apprentissage automatique.

L’intention de Gazoduq a été annoncée par communiqué. Au même moment, le gouvernement albertain publiait un communiqué pour indiquer que l’argent serait remis dans le cadre du programme Emissions Reduction Alberta (ERA).

Si l'on compare notre utilisation de nouvelles technologies, comme l'électrification de compresseurs de grande capacité à un projet traditionnel qui utilise des turbines alimentées au gaz naturel, on parle d’une mesure qui nous permettra d’éviter l’émission de 376 880 tonnes équivalentes de CO2 annuellement, soit l’équivalent des émissions générées par 80 000 voitures, a ajouté Marie-Christine Demers, directrice principale des affaires publiques et des relations avec les communautés chez Gazoduq.

De nouvelles technologies, comme celles qui seront introduites par Gazoduq, sont essentielles pour s'assurer que l'industrie de l'énergie en Alberta demeure de classe mondiale pour les années à venir, a indiqué le ministre délégué au Gaz naturel de l'Alberta, Dale Nally.

La compagnie emboîte donc le pas à sa société-sœur GNL Québec, qui projette de construire une usine de liquéfaction de gaz naturel au port de Grande-Anse, à La Baie. Par communiqué, GNL Québec a d'ailleurs souligné l'initiative de Gazoduq. Nous saluons les efforts des autorités albertaines à travailler et à soutenir activement le développement d’innovations et de percées technologiques qui visent à réduire les émissions de GES de la chaîne de valeur du gaz naturel issu de son territoire, qui est déjà l’une des plus sobres en carbone et l’une des plus sévèrement réglementées au monde, a fait savoir GNL Québec.

L'usine aussi vise la carboneutralité

Le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE), une instance québécoise, se penche présentement sur le projet Énergie Saguenay de GNL Québec à la suite d’audiences tenues à l’automne. À plusieurs reprises, les promoteurs ont fait part de leur intention de construire l’usine de liquéfaction de gaz naturel la plus verte du monde. La carboneutralité de l’usine avait fait l’objet d’un rapport du professeur Claude Villeneuve et de son équipe de la Chaire en éco-conseil de l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC).

Le projet de Gazoduq fait pour sa part l’objet d’un examen mené par une commission indépendante mandatée par l’Agence d’évaluation d’impact (AEI) du Canada. Plusieurs participants aux audiences du BAPE sur GNL Québec, qui étaient dans une très large proportion contre le projet d’usine de liquéfaction, ont à maintes reprises décrié le fait que le projet de gazoduc ne soit pas analysé par la commission puisqu’il fait partie intégrante du projet Énergie Saguenay.

L’usine, si elle voit le jour, permettrait d’exporter 11 millions de tonnes de gaz naturel liquéfié qui serait transporté à bord de méthaniers. Le projet ne peut se réaliser sans celui de Gazoduq, dont l’objectif est de construire une conduite qui serait raccordée à un pipeline de TC Énergie à partir du nord de l’Ontario. Le conduit souterrain passerait par l'Abitibi-Témiscamingue et se rendrait jusqu’à Saguenay. Selon ce qui est indiqué dans le communiqué du gouvernement albertain, le projet pourrait aussi offrir une opportunité de livrer du gaz naturel à des communautés éloignées en chemin.

L’entreprise affirme que l’utilisation de technologies innovantes permettra de réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) à l’échelle mondiale. C’est ce que GNL Québec se targue d’être en mesure de faire également, puisqu’elle présente le gaz naturel liquéfié comme une solution de rechange aux énergies polluantes comme le charbon.

Des experts participant au Bureau d'audiences publiques sur l'environnement ont soulevé le fait que le gaz naturel, considéré comme une énergie de transition, sera une source marginale d’ici 30 ans et que la demande mondiale devrait chuter considérablement.

Greenpeace et la Coalition Fjord réagissent

En début de soirée, jeudi, l'organisme Greenpeace a réagi à l'annonce de Gazoduq. Dans un courriel acheminé à Radio-Canada, le porte-parole et responsable de la campagne Climat-Énergie, Patrick Bonin, a indiqué que la proposition de l'entreprise n’est qu’une vaine tentative d’écoblanchiment d’un des pires projets d’hydrocarbures de l’histoire du Québec.

« Il n’est pas difficile de rendre carboneutre et verdir un tuyau, alors que ce qui importe vraiment c’est le carburant qui circulerait dedans. Ignorer ce qui passe dans le gazoduc en prétendant qu'il est carboneutre, c'est l’équivalent d’avoir une usine de tabac qui interdirait de fumer sur place et prétendait que son produit ne provoque pas le cancer. »

— Une citation de  Patrick Bonin, porte-parole, Greenpeace Canada

Selon Greenpeace, en incluant la production, le transport et la combustion du gaz, le projet Énergie Saguenay émettrait plus de 50 millions de tonnes de GES par année, soit l’équivalent de la pollution générée par 10 millions de véhicules.

La Coalition Fjord a également réagi en soirée. L’affirmation comme quoi le gazoduc serait carboneutre est complètement ridicule. Ils pourraient tout aussi bien dire que le pipeline serait zéro-déchet, végane et sans gluten, que ça ne nous étonnerait plus. On ne peut pas prétendre être carboneutre au Québec et en même temps augmenter de 50 millions de tonnes les émissions en Alberta et dans le reste du monde, a lancé Adrien Guibert-Barthez, co-porte-parole de la Coalition Fjord. 

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