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Trois rencontres marquantes dans le parcours du musicien et entrepreneur Yao

La série Artiste sous influence met en lumière les gens et événements qui ont façonné le parcours de créatrices et créateurs de la grande région de la capitale nationale.

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Yao nous présente un artiste, un enseignant et un homme d’affaires qui ont eu un impact important sur sa trajectoire aux multiples facettes.

Photo : Sébastien Lavallée

Yaovi Hoyi, mieux connu sous son nom d’artiste, Yao, écrit, compose et chante. Il est également producteur et entrepreneur, en plus de prendre plaisir à transmettre ses connaissances lors d’ateliers en milieu scolaire, par exemple. Il ne faut donc pas s’étonner que trois personnes aient eu un impact important sur sa trajectoire aux multiples facettes : un artiste, un enseignant et un homme d’affaires.

Né en Côte d’Ivoire, Yao est arrivé au Canada à l’âge de 13 ans. Issu d’une famille de scientifiques, rien ne semblait le prédestiner à une carrière en musique, si ce n’est sa propension naturelle à jouer avec les mots et à vouloir exprimer sa nature profonde par le biais de ses textes et de ses mélodies. Cela ne l’empêchera toutefois pas, après avoir touché au théâtre et à la création littéraire à l’école secondaire, de faire des études universitaires en sciences... commerciales, puis de travailler quelque temps dans le milieu de la finance avant de décider de se consacrer entièrement à la musique.

Le Franco-Ontarien d’adoption compte aujourd’hui les albums Généris (2011), Perles et paraboles (2013) et Lapsus (2016) à son actif, en plus d’être directeur artistique de sa maison de disques, Intello-Productions.

L’artiste : Claude Bouchard

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Yao a repris contact avec Claude Bouchard, celui qui a animé un atelier crucial dans son développement identitaire et dont il n'arrivait pas à se souvenir du nom. M. Bouchard est également le père d'une autre artiste de la région, Geneviève RB.

Photo : Avec la gracieuseté de Claude Bouchard

Si Yao avait oublié le nom de celui qui avait donné l’atelier de rap à son école, environ deux ans après son arrivée au Canada, il n’a cependant jamais oublié ce qu’il a vécu ce jour-là, dans cette classe.

Quelques années auparavant, Yao avait tâté du rap en Côte d’Ivoire, mais ça n’avait pas vraiment bien fonctionné pour lui. Je sais ce que c’est que d’être hué par tout un quartier! affirme-t-il, un sourire dans la voix, en évoquant ses pénibles premiers pas sur une scène du quartier de Port-Bouët, à Abidjan, à 10 ans.

Or, ce jour-là (Yao est alors en 8e année à l'École publique élémentaire Séraphin-Marion), l’artiste et animateur passe des magazines aux élèves et les invite à relever un mot dans chaque page dudit magazine afin d’en faire une phrase.

J’ai 13, 14 ans, je suis le petit nouveau de l’école, assis dans le fond de la classe, se rappelle clairement Yao. J’ai écrit cette phrase : "L'art incite notre âme à se parler."

L'homme leur demande ensuite de pousser l'exercice plus loin et d'écrire un rap. Yao compose plutôt un poème sur son désir d’appartenance à sa communauté d’adoption.

À la fin de l’atelier (et après lui avoir dit que son texte manquait de quelques « Yo man » et autres « Yeah, yeah »), l’animateur lui demande de lire son texte devant la classe. Yao le présente ensuite devant toute l’école. Puis, devant les membres du conseil scolaire...

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À la suite de l’atelier sur le rap avec Claude Bouchard, Yao a pris part à divers concours d'art oratoire.

Photo : Avec la gracieuseté de Yao

« Je me suis découvert une identité. Je n’étais plus le nouvel arrivant : j’étais celui qui fait du rap. »

— Une citation de  Yao, artiste et entrepreneur

Cet homme, dont Yao parlait souvent sans pouvoir le nommer jusqu’à récemment, s’appelle Claude Bouchard. Grâce à une intermédiaire, l’artiste a pu reprendre contact avec lui et, surtout, rendre à M. Bouchard ce qui lui revient, lorsqu’il relate ce moment crucial de son parcours.

L’enseignant : Jean-François Thibodeau

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Jean-François Thibodeau (à droite sur la photo) a joué un rôle essentiel dans le développement de son étudiant, au Centre d'excellence artistique de De La Salle, où sa conjointe Dominik McNicoll (à gauche) a de son côté enseigné le théâtre à Yao.

Photo : Avec la gracieuseté de Yao

Yao entame sa 10e année au Centre d'excellence artistique de l’École secondaire publique De La Salle lorsqu’un enseignant farfelu dans le meilleur sens lance à ses étudiants l’idée de suivre sur l’heure du lunch et après les classes un cours créant des ponts entre mathématiques, musique et société.

On parlait de sons, de rythmes et de fréquences d’un côté, et d’histoire, de La Bolduc, etc. de l’autre, explique le principal intéressé.

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C’est lors du fameux cours alliant mathématiques, musique et société que Yao (à gauche) rencontre celui qui demeure un comparse musical à ce jour, Jeff Homère, alias Le Flo Franco.

Photo : Avec la gracieuseté de Yao

C’est dans ce cours que Yao fait la rencontre de Jeff Homère, alias Le Flo Franco. Entre les deux, le courant passe, entre paroles et musiques. Ensemble, ils écrivent et composent entre autres Qu’est-ce qui se passe? qui devient d’ailleurs une manière pour les autres élèves de les interpeller dans les corridors de l’école. Ils fondent aussi le duo RenEssence en 2005 et lancent 2 faces d’une même âme dans la foulée.

Huit ans plus tard, Yao lance son premier album solo. Tout ça avec le soutien de M. Thibodeau qui, notamment, participe à la révision des textes de Généris.

« Jean-François a été présent tout au long du processus. C’est lui qui m’a fait réaliser que je pouvais faire de ma passion un métier. »

— Une citation de  Yao, artiste et entrepreneur

L’homme d’affaires : Lionel Laurin

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L’homme d’affaires franco-ontarien Lionel Laurin n’a pas hésité à investir en Yao. Ce dernier a d’ailleurs invité son mentor à l’accompagner au Gala Trille Or, en 2017, pour lequel Yao cumulait sept nominations.

Photo : Avec la gracieuseté de Yao

De la tôle froissée à la suite d’un léger accrochage dans un stationnement de centre commercial. C’est à un réel accident que Yao doit sa rencontre avec Lionel Laurin. Ce dernier possède un atelier de débosselage à Orléans. C’est là que le véhicule endommagé par Yao est envoyé pour qu’on en répare la portière.

Quand il reçoit la facture, Yao sursaute en voyant le montant à payer. Il ne fait ni une ni deux et se rend au garage pour exiger des explications au propriétaire. Il est loin de se douter qu’il va rencontrer un homme d’affaires à la fois simple et avisé, reconnu dans la communauté (M. Laurin a déjà été honoré par la Ville d’Ottawa, entre autres, ce que Yao ne sait pas encore).

Yao apprend à connaître celui qui a lancé sa première compagnie à 14 ans, pris sa retraite à 32 ans et répare depuis des voitures par pure passion.

Leur amitié dure depuis. Lorsque j’ai décidé de me lancer en musique, j’ai voulu lui parler de mon projet, raconte Yao, avide des conseils de M. Laurin.

L'artiste lui laisse une maquette de Généris. Deux semaines plus tard, M. Laurin est d’une brutale honnêteté.

« Il m’a dit : "Ton projet a autant de chance de réussir qu’une boule de neige de survivre en enfer. Je n’y crois pas, mais je crois en toi." »

— Une citation de  Yao, artiste et entrepreneur

Lionel Laurin investit donc en lui, lui offrant un chèque de 25 000 $ assorti d'un contrat stipulant les modalités de remboursement. J’avais trois mois pour lui remettre une première tranche de 5000 $, mentionne Yao.

Et c’est justement ce que l’artiste et entrepreneur apprécie particulièrement de leur relation. Pour Yao, M. Laurin n’est pas tant un mécène qu’un précieux mentor en affaires.

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