•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Les obstacles se multiplient pour les travailleurs étrangers temporaires

Stephen McNeil

Le premier ministre Stephen McNeil a annoncé que les travailleurs devront s'isoler là où ils atterrissent.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Il sera désormais plus compliqué pour les entreprises qui embauchent des travailleurs étrangers temporaires de les faire venir en Atlantique.

Le premier ministre de la Nouvelle-Écosse a annoncé mercredi que ces travailleurs devront s’isoler à l’endroit où ils atterrissent avant de se diriger vers les usines ou fermes dans lesquelles ils ont été embauchés.

Cette nouvelle directive est une conséquence directe des nouvelles normes pour les voyageurs annoncées par le gouvernement fédéral.

Dorénavant, seuls les aéroports de Toronto, Montréal, Calgary et Vancouver sont autorisés à accepter des vols internationaux.

Mercredi, le premier ministre de la Nouvelle-Écosse, Stephen McNeil, a affirmé en point de presse qu’il faudra que les travailleurs effectuent leur quarantaine à leur point d’entrée.

La quarantaine doit avoir lieu à l'aéroport où ils atterrissent, ou très près, a dit M. McNeil. Il n'y a pas de vols internationaux qui arrivent au Canada atlantique. Ils passent par Toronto, Montréal, Calgary et Vancouver. Notre point de vue est que la quarantaine doit débuter à ces points d'entrée.

Stephen McNeil en conférence de presse.

Stephen McNeil, premier ministre de la Nouvelle-Écosse, le 3 février 2021 à Halifax.

Photo : Len Wagg / Gouvernement de la Nouvelle-Écosse

Jeudi, M. McNeil a précisé que les travailleurs étrangers seraient en quarantaine près d'un de ces quatre aéroports pour environ trois jours, car c'est le temps que cela peut prendre pour obtenir un résultat à un test de dépistage de la COVID-19.

Si le résultat est positif, le travailleur étranger terminera sa quarantaine où il se trouve avant de voyager vers les provinces maritimes. Si le résultat est négatif, il sera autorisé à entrer en Nouvelle-Écosse, où il devra s'isoler immédiatement jusqu'à ce qu'une quarantaine de 14 jours au total soit complétée.

Nat Richard, le directeur général de l'Association des transformateurs de homard, juge que la procédure est illogique.

Nat Richard en entrevue par webcam.

Nat Richard, directeur général de l'Association des transformateurs de homard, en entrevue le 4 février 2021.

Photo : Radio-Canada

On comprend mal , dit-il, que ce n’est pas mieux de transporter les travailleurs directement dans la région atlantique, plutôt que de faire une quarantaine [...] dans des centres urbains contre Toronto ou Montréal, qui, convenons-en, ont été beaucoup plus affectés par la COVID que la région atlantique.

On pense que d’un strict point de vue sanitaire, ce serait bien plus logique d’avoir ces vols, de faire les arrivages, directement dans la région [atlantique], dit-il.

M. Richard ajoute que la fin des vols commerciaux provenant de l’étranger se traduira par des coûts supplémentaires pour faire venir ces travailleurs étrangers de pays comme le Mexique et la Jamaïque, qui sont très importants pour l’industrie de la transformation, et du secteur agricole aussi.

Jeudi, le premier ministre Stephen McNeil a rappelé qu'il s'agissait d'une décision du gouvernement fédéral, et non de son gouvernement.

Allan Melvin.

Allan Melvin représente la Fédération agricole de la Nouvelle-Écosse. Il s'inquiète des nouvelles restrictions pour les mises en quarantaine des travailleurs étrangers temporaires.

Photo : CBC/Dave Laughlin

Dans l’industrie agricole en Nouvelle-Écosse, on fait aussi valoir qu'il y aura des coûts supplémentaires.

Allan Melvin siège à la Fédération de agricole de la Nouvelle-Écosse et possède lui-même une ferme dans la région de Canning. Il affirme que le bureau de la ministre fédérale de l’Agriculture, Marie-Claude Bibeau, l’a assuré que les protocoles mis en place en 2020 seraient appliqués cette année.

Selon ces protocoles, il serait possible pour les travailleurs de prendre des vols nolisés vers la Nouvelle-Écosse directement après leur arrivée à Toronto pour ensuite effectuer leur quarantaine près de leur lieu de travail ou à l’ancienne base militaire à Cornwallis.

Nous avions compris qu’il existait des exemptions pour les travailleurs essentiels afin qu’ils viennent directement ici pour faire leur quarantaine, indique M. Melvin.

2000 $ pour loger à l’hôtel

En vertu des nouvelles mesures, les voyageurs qui proviennent de l’extérieur du pays doivent débourser 2000 $ pour se loger dans un hôtel désigné pendant un isolement obligatoire de trois jours.

Ça sera beaucoup plus cher s’ils doivent s’isoler à Toronto, estime Allan Melvin.

Il souligne que les entreprises devront tenir compte des coûts supplémentaires. Il ignore aussi si les travailleurs devront effectuer une seconde période d’isolement à leur arrivée en Nouvelle-Écosse.

Chaque année, environ 1500 travailleurs étrangers temporaires viennent prêter main-forte au secteur agricole de la province. L’industrie de la pêche au homard de son côté fait appel annuellement à plus de 2500 personnes.

Peu d’options de vols

La semaine dernière, tous les vols commerciaux en provenance ou en direction du Mexique et des Caraïbes ont été suspendus. La seule option reste les vols nolisés, mais ceux-ci ne peuvent atterrir nulle part dans les provinces atlantiques.

Greg Gerrits possède une ferme de légumes dans la vallée d’Annapolis. Il ne sait pas comment il fera venir ses employés, en faisant remarquer que même les protocoles de l’année dernière étaient compliqués.

Greg Gerrits.

Greg Gerrits de la ferme Elmridge fait appel annuellement à 25 travailleurs étrangers temporaires.

Photo : CBC/Dave Laughlin

L’an dernier, nos gars sont arrivés d’un mois à six semaines en retard. Nous avons fonctionné avec 20 % moins d’employés, juste parce que nous avons abandonné pour en faire venir certains. C’était trop tard et nous avons perdu de 10 à 15 % de nos récoltes, confie-t-il.

Il avait prévu faire venir ses travailleurs plus tôt cette année pour éviter une situation semblable et déplore qu’encore une fois, les agriculteurs se trouvent devant autant d’incertitude.

Un de ses employés est parvenu à prendre l’un des derniers vols en provenance de la Jamaïque mercredi. Leon Allison travaille à la ferme depuis 12 ans.

Leon Allison.

Leon Allison est l'un des 1500 travailleurs étrangers temporaires nécessaires dans l'industrie agricole en Nouvelle-Écosse.

Photo : Instagram/Elmridge Farm

Selon Greg Gerrits, sa contribution au fonctionnement de son entreprise est essentielle.

Le gouvernement insiste pour les appeler des travailleurs temporaires, des travailleurs non qualifiés, mais ce n’est pas du tout ça. Ils apprennent leur travail pendant des années. Ils sont rapides et efficaces, ils viennent année après année. Il y a très peu de roulement d’employés.

M. Gerrits rappelle que l’industrie alimentaire au Canada dépend du travail de ces personnes.

D'après un reportage de Paul Withers de CBC, et avec des renseignements de Stéphanie Blanchet

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !