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Le projet éolien Apuiat ira de l’avant

Un parc d'éolienne en hiver.

Des éoliennes vues du haut d'une autre éolienne (archives)

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Le premier ministre François Legault annonce que le projet éolien Apuiat ira de l’avant sur la Côte-Nord. Des turbines éoliennes seront donc installées à une quarantaine de kilomètres de Port-Cartier, un projet issu de la collaboration entre la Nation innue et la société Boralex.

La construction du parc éolien créera 300 emplois et s'amorcera en 2022. Le premier ministre en a fait l’annonce lors d’un point de presse, jeudi matin.

C’est un projet gagnant, gagnant, gagnant. Gagnant pour les communautés innues, gagnant pour le Québec et gagnant pour la planète.

Une citation de :François Legault, premier ministre du Québec

Le parc sera construit sur le territoire traditionnel des Innus de Uashat mak Mani-utenam et les terres publiques de la ville de Port-Cartier. Il générera des profits qui seront partagés à parts égales entre la Nation innue et la société Boralex.

L'entente conclue entre Hydro-Québec et les actionnaires du parc prévoit que l'électricité produite sera achetée au coût de 6 ¢/kWh, soit une réduction du prix de l'électricité de 17 % par rapport au projet présenté en 2018, selon le gouvernement.

Une carte montrant en rouge où sera situé le projet à quelques kilomètres de Port-Cartier.

Emplacement du projet

Photo : Radio-Canada

Si tout va comme prévu, les turbines commenceront à tourner en 2024 et permettront de maintenir 10 emplois permanents une fois la construction terminée.

Des montants de 500 000 $ par année pour l’utilisation du territoire seront remis respectivement au conseil de bande de Uashat mak Mani-utenam et à la Ville de Port-Cartier, indique le président de Boralex, Patrick Decostre.

Ce ne sont pas des redevances, ce sont des revenus économiques d’un projet, et c’est vraiment ça la différence de ce projet dans sa philosophie même, affirme M. Decostre.

Un projet historique pour les Innus du Québec

La Nation innue, qui regroupe les neuf communautés innues de la province, est actionnaire du projet.

Apuiat est d’ailleurs le premier projet issu de ce regroupement innu québécois créé en 2015, indique le chef de la communauté d’Essipit, Martin Dufour.

Nous souhaitions donc unir nos forces pour offrir une chance égale à chaque communauté de prendre soin des siens par des fonds qui seront générés par leurs propres initiatives, soutient le chef Dufour.

Pour la première fois de l’histoire, nous sommes les promoteurs d’un grand projet de développement économique national.

Une citation de :Martin Dufour, chef du conseil des Innus d'Essipit

Pour les Innus de la province, Apuiat est un projet synonyme d’autonomie, a pour sa part déclaré le chef de la communauté de Uashat mak Mani-utenam, Mike Mckenzie.

Il accorde une entrevue à son domicile durant la campagne électorale.

Le chef de Uashat mak Mani-utenam, Mike Mckenzie (archives)

Photo : Radio-Canada / Daniel Fontaine

Ce projet de développement économique permettra de construire une relation avec plus de confiance, tout en réduisant la méfiance d’un héritage que nous devons réécrire ensemble. Il faut bâtir une interdépendance, plutôt que d’entretenir la dépendance, affirme le chef Mckenzie.

Un projet controversé

Le coût de ce parc éolien de 200 mégawatts est estimé à 600 millions de dollars. Ce projet avait été promis et défendu par les libéraux de Philippe Couillard avant d'être mis sur la glace par l’équipe de François Legault à son arrivée au pouvoir. Le gouvernement caquiste se rangeait alors du côté d’Hydro-Québec qui jugeait le projet non rentable.

Une nouvelle très attendue sur la Côte-Nord

En juillet dernier, le premier ministre du Québec, François Legault, a cependant annoncé qu’Apuiat serait le premier projet énergétique à être réalisé au Québec lorsque les surplus d'électricité seraient écoulés.

Quelques mois plus tard, des élus de l’Est-du-Québec avaient uni leur voix pour réclamer l’accélération de la mise en branle du projet éolien dans le but de relancer l’économie de la région ébranlée par la pandémie.

Lors de la conférence de presse pour donner son feu vert au projet, le premier ministre Legault a affirmé que d'éventuels contrats pour approvisionner en électricité le Massachusetts et New York ainsi que la demande croissante en électricité expliquent la raison pour laquelle son gouvernement est maintenant prêt à agir.

La volonté de Québec de développer le transport électrique et la culture en serre sont également des éléments qui ont été pris en compte par le gouvernement.

Le maire de Port-Cartier, Alain Thibault, a avoué qu'il accueillait l'officialisation du projet Apuiat avec enthousiasme et soulagement.

Je suis très heureux pour les gens de Port-Cartier. On en avait grandement besoin. Ça fait longtemps qu’il n’y a pas eu de projet annoncé d’une telle ampleur.

Une citation de :Alain Thibault, maire de Port-Cartier
Le maire de Port-Cartier, Alain Thibault

Le maire de Port-Cartier, Alain Thibault (archives)

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Mageau

Selon lui, le projet Apuiat bénéficie de l'acceptabilité sociale des Port-Cartois et devrait générer des retombées économiques importantes pour la ville.

Des retombées du projet attendues partout dans l'Est-du-Québec

Le président de la Régie intermunicipale de l’Énergie Gaspésie–Les-îles, Simon Deschênes, se réjouit de l’annonce du gouvernement, qui a affirmé qu’il y aurait d'autres projets, après celui d'Apuiat.

La Régie de l'énergie gaspésienne et la Régie intermunicipale de l'Énergie du Bas-Saint-Laurent ont six projets dans les cartons, qui totalisent 1200 mégawatts.

Le coût de construction de ces parcs est évalué à 2,4 milliards de dollars. Ces derniers pourraient générer des retombées de près de 40 millions de dollars annuellement dans les communautés.

Simon Deschênes se dit convaincu de pouvoir conclure des ententes avec le gouvernement.

Dans un contexte de relance économique du Québec, dans le contexte du Plan vert du Québec, dans le contexte où le Québec vient d'obtenir des permis présidentiels pour vendre des infrastructures pour alimenter la ville de New York, notamment, on va avoir besoin d'électricité au Québec. Alors, on est sur les rails, je crois sincèrement, pour être les prochains dans les nouveaux projets énergétiques dans l'éolien, soutient-il à cet effet.

Le président de la Régie intermunicipale de l'Énergie du Bas-Saint-Laurent, Michel Lagacé, abonde dans le même sens que son collègue gaspésien.

Selon lui, Apuiat sera le projet qui lancera le bal d'autres qui pourraient se développer au Bas-Saint-Laurent et en Gaspésie.

Ce que ça ouvre, ce sont de nouvelles perspectives pour le développement éolien au Québec. [...] On se rend compte que, finalement, c'est l'énergie la moins coûteuse pour les citoyens.

Une citation de :Michel Lagacé, président de la Régie intermunicipale de l'Énergie du Bas-Saint-Laurent

La Régie souhaite notamment développer un nouveau gisement éolien situé entre les MRC de Kamouraska, du Témiscouata et de Rivière-du-Loup.

Une éolienne de Nicolas-Riou.

Le parc éolien Nicolas-Riou fait partie des parcs éoliens qui assurent des retombées économiques dans les municipalités du Bas-Saint-Laurent. (Archives)

Photo : Radio-Canada / Samuel Ranger

Le Centre de recherche en énergies renouvelables Nergica fait une analyse similaire à celle de Michel Lagacé sur l'impact de la réalisation du projet Apuiat.

Selon Nergica, la mise en branle du projet confirme la volonté de Québec d'accélérer la production d'énergie verte afin de répondre à la demande américaine et à l'électrification de l'économie de la province.

Nergica souligne que Boralex et les Innus vont réussir, avec ce nouveau parc, à offrir les plus bas coûts de production depuis que le Québec produit de l'énergie éolienne avec 6 cents du kilowattheure. Il s'agit d'un coût de production comparable à celui du plus récent barrage de La Romaine qui s'établit à 6,4 cents du kilowattheure, selon Hydro-Québec.

Et avec la forte demande en électricité au cours des prochaines années, d'autres projets viendront combler ce marché à court terme, dans un contexte où l'éolien peut se déployer plus rapidement qu'un barrage hydroélectrique.

Le directeur général de Nergica, Frédéric Côté, précise qu'avec l'accélération de l'électrification des transports, Hydro-Québec aura besoin d'accroître sa capacité de production dans les prochaines années.

Dans ce contexte-là, la filière éolienne est très bien placée avec des projets qui impliquent les communautés et qui sont compétitifs au niveau des coûts. Vraiment, c'est gagnant à tous les égards, avance-t-il.

Pales d'éoliennes fabriquées par LM Wind Power à Gaspé.

Pales d'éoliennes fabriquées par LM Wind Power à Gaspé.

Photo : Radio-Canada

En Gaspésie, les usines de production de pales d'éoliennes comme celles de Marmen ou de LM Windpower pourraient obtenir des contrats de production en lien avec le développement du parc éolien Apuiat.

Le président de Marmen, Patrick Pellerin, indique dans une réponse transmise par écrit que cependant, pour le moment, nous n’avons pas assez d’information pour savoir quand ce projet pourrait avoir un impact sur Marmen, malgré le fait que la mise en branle du projet Apuiat soit une nouvelle positive pour les acteurs œuvrant dans l’éolien au Québec.

Avec des informations de Patrick Bergeron, de Martin Toulgoat, de Marc-Antoine Mageau, de Sylvie Aubut et de Jean-François Deschênes

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