•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

En attente d’une greffe du foie, elle veut se faire vacciner contre la COVID-19

La pandémie est un élément anxiogène supplémentaire pour Stéphanie Cameron-Anctil, mère de quatre enfants.

Stéphanie Cameron-Anctil regarde au loin, pensive.

« La COVID-19, ça crée un stress incroyable », dit Stéphanie Cameron-Anctil.

Photo : Radio-Canada / Julie Landry

Une mère de famille de North Vancouver en attente d'une greffe du foie voudrait se faire vacciner contre la COVID-19 rapidement. Or la Colombie-Britannique a choisi de vacciner sa population contre la COVID-19 par groupe d'âge, plutôt que par groupes prioritaires.

Stephanie Cameron-Anctil est assise, entourée de ses quatre enfants, sur une structure de jeux.

«Mes enfants me gardent en forme.»

Photo : Radio-Canada / Julie Landry

Stéphanie Cameron-Anctil lutte souffre d'un cancer avec des tumeurs neuroendocriniennes depuis 9 ans. Elle est en phase terminale et a des métastases au foie. Depuis le 3 décembre 2020, elle est en attente d’une greffe de foie. 

Quand cette ingénieure, mère de quatre enfants de 1 à 6 ans, joue avec ses enfants, elle a l’air en pleine forme.

Je n'ai pas l'air malade, mais malheureusement, j'ai un cancer qui... Si je n'ai pas de transplantation, je vais décéder prochainement.

Une citation de :Stéphanie Cameron-Anctil

La COVID-19, un stress supplémentaire

La situation de Stéphanie Cameron-Anctil était déjà stressante avant la pandémie, mais la COVID-19 n'a fait qu'amplifier son angoisse.

Si elle attend sa tranche d’âge pour se faire vacciner comme le dicte le plan provincial, elle devra attendre jusqu'au mois d'août ou de septembre, ce qui sera trop tard si elle a déjà reçu un nouveau foie. Après avoir reçu sa greffe, son système sera si faible qu'elle ne pourra pas recevoir le vaccin. Le virus pourrait donc lui être fatal.

Suite à une transplantation, pendant un an, nous sommes sur de fortes doses d'immunosuppresseurs. Pour moi, le délai de vaccination irait donc très loin, ça irait en 2022, explique-t-elle.

Ayant quatre enfants en bas âge, c'est quand même une source d'anxiété assez majeure.

Une citation de :Stéphanie Cameron-Anctil

Le ministère de la Santé de la Colombie-Britannique précise que les personnes malades qui sont extrêmement vulnérables pourront être vaccinées en phase 3, autour du mois d'avril. Ceux qui ont déjà reçu une greffe ou les patients atteints de certains types de cancers font partie de la liste, mais pas ceux en attente d'une greffe, comme Stéphanie.

Un choix déchirant

Ce genre de cas est complexe, particulièrement lorsqu'il y a une pénurie de vaccins. Les spécialistes de la santé se trouvent alors devant des choix déchirants.

Le docteur Vinh, en sarrau blanc.

Le Dr Donald Vinh, infectiologue et microbiologiste médical au centre Universitaire de santé de l'université McGill, admet qu'il s'agit d'un choix difficile.

Photo : photo fournie par Dr Vinh

Donald Vinh, infectiologue et microbiologiste médical au centre universitaire de santé de l'Université McGill, indique qu’il y a plusieurs facteurs à considérer. L’efficacité du vaccin n’a pas été testée sur les personnes en attente d’un organe, et sa sécurité n’est pas complètement assurée. En plus, il faut attendre deux semaines avant qu’un vaccin injecté soit efficace, et il faut deux doses.

On est coincés parce que cette dame a besoin d'une greffe qui peut arriver demain ou ce soir. Si elle reçoit le vaccin aujourd'hui, ça risque d'être en fait une dose inefficace et on pourrait même utiliser le mot gaspillée, se désole-t-il. La solution. selon lui. serait de pouvoir dire qu’on traite tout le monde également, mais malheureusement, dit-il, la pénurie des doses de vaccin ne permet pas de le faire.

Le Dr Vinh dit être extrêmement touché par le cas de Stéphanie Cameron-Anctil et comprendre sa situation, mais il que la sécurité et l’efficacité du vaccin restent un problème. N’oublions pas que, si on donne le vaccin à ces personnes, on l’enlève à d’autres personnes qui sont aussi à haut risque et qui ne doivent pas être négligées. C’est une question qui n’est pas facile, admet-il.

Les seules options, c'est soit de faire des choix difficiles, soit d'obtenir des doses.

Une citation de :Dr Donald Vinh

Garder l'espoir

Stéphanie Cameron-Anctil a tout de même fait sa demande de dérogation auprès du ministère de la Santé de la Colombie-Britannique. Elle attend toujours une réponse. Si elle recevait cette dérogation, elle en pleurerait de joie. Parce que, honnêtement, cette COVID-là, à travers tout ce qui s'est passé dans la dernière année, ça a été très difficile, mais la COVID avait amené une complexité incroyable. Donc, si on m'annonce que j'ai un vaccin, c'est sûr que c'est la fête, et une transplantation évidemment, rêve-t-elle.

Quatre portraits des quatre enfants.

Grâce à Jasmine (6 ans), Henry (3 ans), Léopold (2 ans) et Alphonse (1 ans), Stéphanie vit sa vie dans le moment présent.

Photo : Radio-Canada / Julie Landry

En attendant, elle espère que son histoire encouragera quelques personnes à signer leur carte de donneur d’organe et à en parler autour d’eux. Et, au quotidien, ses quatre enfants s’assurent de lui changer les idées et de lui faire vivre le moment présent.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !