•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

La dette de Terre-Neuve-et-Labrador au cœur du débat des chefs

Les chefs des trois principaux partis à Terre-Neuve-et-Labrador ont croisé le fer lors d'un débat télévisé, mercredi soir, le 3 février 2021.

Les chefs des trois principaux partis à Terre-Neuve-et-Labrador ont croisé le fer lors d'un débat télévisé, mercredi soir.

Photo : Radio-Canada

Les ennuis financiers de Terre-Neuve-et-Labrador ont monopolisé l'attention au dernier débat des chefs avant l'élection du 13 février, mercredi soir. Ce débat télévisé a donné lieu à des échanges polis et convenus, à l’image des deux dernières semaines de la campagne électorale.

Le chef du Parti libéral et premier ministre sortant, Andrew Furey, a vanté sa gestion de la pandémie, en demandant aux électeurs de lui accorder la stabilité financière nécessaire pour aller de l'avant.

M. Furey répondu aux attaques du progressiste-conservateur Ches Crosbie et de la néo-démocrate Alison Coffin, qui l'ont accusé de ne pas avoir de plan pour sortir la province du gouffre.

Peu de solutions concrètes

Selon Andrew Furey, aucun budget ne peut réparer le désastre financier de Terre-Neuve-et-Labrador.

L'ancien chirurgien orthopédique n'a pas donné de détails sur la manière dont il compte s’y prendre pour éponger la dette provinciale de 16,4 milliards de dollars, mais il a assuré que les licenciements massifs dans la fonction publique ne sont pas la solution.

Il a cependant précisé qu’à son avis, la clé de la relance réside dans la gestion du dépassement de coûts du mégaprojet hydroélectrique, Muskrat Falls.

Andrew Furey a défendu son bilan de gestion de la pandémie, lors du débat des chefs du mercredi 3 février 2021.

Andrew Furey a défendu sa gestion de la pandémie, lors du débat des chefs du mercredi 3 février 2021.

Photo : Radio-Canada

La première chose que nous devons faire pour régler le déficit de la province, c’est s’attaquer à Muskrat Falls, a-t-il lancé. Pour y arriver, Andrew Furey compte poursuivre sa collaboration avec Ottawa.

Mais pour le chef du Parti progressiste-conservateur, Ches Crosbie, la gestion de Muskrat Falls n’est que la moitié de la solution. M. Crosbie a répété à plusieurs occasions durant le débat que la situation financière de la province est attribuable à un manque de croissance économique.

Fidèle à sa ligne de parti, Ches Crosbie a insisté sur l’importance d’investir dans le secteur privé, tout en reprochant à son rival de faire preuve de complaisance à l’égard du gouvernement fédéral.

Ches Crosbie, lors du débat des chefs du mercredi 3 février 2021.

Ches Crosbie, lors du débat des chefs du mercredi 3 février 2021.

Photo : Radio-Canada

Ches Crosbie veut poursuivre le gouvernement fédéral, moi je veux travailler main dans la main avec lui, a plutôt rétorqué Andrew Furey.

Ches Crosbie a également défendu son utilisation du terme faillite pour décrire les finances de la province. Alors qu'Andrew Furey a souligné que la pandémie représente une occasion pour redéfinir certains modèles – comme la prestation des soins grâce aux technologies par exemple – , Ches Crosbie a martelé que contrairement au chef libéral, il n'utilise pas de mots à la mode comme ''redéfinir l'avenir''.

J'utilise des mots francs, comme faillite, a dit le chef progressiste-conservateur.

La cheffe du Nouveau Parti démocratique, Alison Coffin, a pour sa part insisté sur l’importance d’investir dans les travailleurs plutôt que dans les entreprises, en augmentant le salaire minimum à 15 $ l’heure, par exemple.

Alison Coffin, lors du débat des chefs du mercredi 3 février 2021.

Alison Coffin est la cheffe du Nouveau Parti démocratique de Terre-Neuve-et-Labrador.

Photo : Radio-Canada

Alison Coffin a par ailleurs été celle qui a répondu aux questions avec le plus de conviction, alors que les chefs libéral et progressiste-conservateur ont prêché par excès de prudence.

Aux questions sur le bien-fondé du maintien des services en régions éloignées, d'un investissement en recherche sur l’industrie des pêches, de la création d’un ministère de la Santé mentale, la cheffe néo-démocrate a répondu sans hésitation : Absolument!

Un débat sans plateforme pour deux partis sur trois

La question du rapport indépendant sur la relance économique commandé à Moya Greene qui doit bientôt être déposé a été effleurée, notamment pour accuser Andrew Furey de manquer de transparence et de faire preuve d’opportunisme en déclenchant des élections hâtives.

Pourquoi ne pas avoir attendu le dépôt du rapport de Moya Greene? Pourquoi ne pas avoir attendu la fin de la vaccination? a demandé la cheffe néo-démocrate.

Nous devions déclencher des élections en 2021 et nous avons besoin d’un gouvernement stable et d’un mandat clair pour traverser la crise, s'est défendu Andrew Furey.

Par ailleurs, Alison Coffin n’a pas manqué de rappeler qu’à 10 jours du scrutin, ni les libéraux ni les progressistes-conservateurs n'ont dévoilé leur programme politique complet, alors que son parti a publié le sien mercredi matin.

Votre plateforme aujourd’hui, Mme Coffin, c’était une série de communiqués de presse que vous avez retravaillés, et je respecte ça. Mais nous, notre plateforme sera dévoilée demain, a répondu Andrew Furey.

Jusqu’à présent, la campagne électorale a été définie par des annonces sans saveur. Certains économistes et politologues ont déploré une absence de véritable discussion sur la crise financière qui menace la province.

Les frais de la dette constituent la deuxième dépense du budget de cette province de 520 000 habitants, après les soins de santé. Les experts affirment que sans mesures draconiennes ou signe de revitalisation de l'industrie pétrolière, ces coûts ne feront qu'empirer.

Avant les élections, les libéraux détenaient 19 des 40 sièges de la législature, les progressistes-conservateurs en détenaient 15, le NPD en avait trois et il y avait trois indépendants.

Les électeurs sont appelés aux urnes le samedi 13 février.

Avec des informations de La Presse canadienne et la collaboration de Patrick Butler

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !