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Des étudiants en sciences infirmières stressés, mais optimistes

Léanne Marchildon devant son ordinateur.

Léanne Marchildon termine son baccalauréat en sciences infirmières à l'Université de Saint-Boniface dans quelques mois.

Photo : Fournie parLéanne Marchildon

La pandémie a bouleversé la vie de nombreux étudiants. Ceux qui étudient en sciences infirmières indiquent que la crise dans les hôpitaux les amène à se questionner sur leurs futurs emplois. Certains affirment avoir eu des moments de doute, mais leur volonté de sauver des vies plus tard leur permet de tenir.

Selon Léanne Marchildon, étudiante en quatrième année en sciences infirmières à l’Université de Saint-Boniface, la première conséquence de la COVID-19 sur ses études a été la séparation avec ses camarades. Elle souligne que la proximité était l’un des aspects motivants de sa faculté.

On était très proches, on passait toute la journée en classe […], nos soirées au laboratoire puis nos stages. On était toujours à l’Université de Saint-Boniface ou à l’hôpital ensemble, se souvient-elle.

Le basculement des cours en ligne a apporté son lot d’inquiétudes dont plusieurs essaient tant bien que mal de gérer.

Le visage de René Piché qui porte un masque.

René Piché dit avoir travaillé dans un foyer de soins de longue durée cet été comme préposé aux bénéficiaires.

Photo : Radio-Canada

C’est dur de ne pas avoir le soutien physique, l’aide de ses amis, pouvoir se parler, s’échanger les notes de cours, dit René Piché qui est en deuxième année en sciences infirmières à l’Université de Saint-Boniface.

Afin de limiter les risques de propagation du virus, les heures passées aux laboratoires ont été modifiées et certaines activités adaptées en simulations virtuelles.

Être au laboratoire une fois par semaine n’est pas nécessairement assez pour perfectionner les techniques, ça complique l’expérience, déplore Silvia Daigneault qui précise qu’elle a été admise dans le programme en avril 2020.

Pour ceux qui ont commencé leurs études en pleine pandémie, la difficulté est d’autant plus grande, car ils ne peuvent pas compter sur de potentiels amis même à distance, croit-elle. On n’a pas eu la chance de rencontrer des gens, de se parler et de tisser des liens.

Le visage de Silvia Daigneault.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Silvia Daigneault dit pratiquer des activités extérieures pour réduire son stress en cette période difficile.

Photo : Fournie par Silvia Daigneault

Cet avis est partagé par Léanne Marchildon qui indique être en contact avec certains jeunes dans la situation de Silvia qu’elle connaît par ailleurs.

La peur pour l’avenir

À ces défis pédagogiques s’ajoute toute l’actualité sur la situation des infirmières dans les hôpitaux. Une réalité qui amène les étudiants à réfléchir sur leur carrière prochaine.

D’après eux, il est impossible de rester indifférent par rapport à la surcharge de travail dans les hôpitaux et les témoignages parfois alarmants du quotidien des infirmières en cette période de pandémie.

Je me projette dans l’avenir et me demande ce qui va se passer. Comment tout ça va changer notre système de santé lorsque je serai sur le marché de l’emploi, se questionne Silvia.

Tout ça fait peur, renchérit Léanne Marchildon.

Cette dernière explique que de nombreux jeunes vivent un niveau de stress inhabituel.

J’ai beaucoup de mes amis qui vivent une santé mentale plus faible et donc il faut plus d’efforts cette année et nos professeurs nous encouragent à trouver des choses qui fonctionnent pour réduire notre stress et notre anxiété, note Léanne Marchildon.

Plus de soutien

Ces jeunes sont reconnaissants du soutien offert par l’Université, mais croient que l’administration peut faire mieux.

De son côté, l’Université de Saint-Boniface reconnaît la difficulté de l’année en cours et indique être disposée à continuer à offrir plus de soutien à sa clientèle estudiantine, particulièrement celle en sciences infirmières.

Les étudiants en sciences infirmières sont en contact régulier avec les professeurs et le doyen de l’École afin d’exprimer leurs inquiétudes; ils font aussi partie des comités de l’École où ils ont l’occasion de fournir leurs rétroactions et suggestions, indique la coordinatrice des curriculums à l’école des sciences infirmières et des études de la santé, Patricia Bourrier.

Elle ajoute que l’administration met un accent particulier sur la préparation des étudiants avant de les envoyer en stage dans les hôpitaux.

Malgré leurs inquiétudes, les étudiants soulignent qu’ils ont toujours à cœur les raisons pour lesquelles ils veulent être infirmiers et infirmières.

Léanne Marchildon devant son ordinateur.

« Quand je vois ce qui se passe dans les hôpitaux, j’ai certes peur, mais je veux apporter mon soutien », lance Léanne Marchildon.

Photo : Fournie par Léanne Marchildon

Je veux redonner à la communauté, dit Silvia Daigneault.

J’ai hâte d’entrer sur le marché du travail pour soutenir les autres, ajoute René Piché.

Ils interpellent leur camarade sur la nécessité de garder les liens entre eux malgré la distance.

Notre dossier COVID-19 : ce qu'il faut savoir

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