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Archives

Une histoire de fourrure à la Compagnie de la Baie d’Hudson

Façade du grand magasin La Baie au centre-ville de Montréal.

Jusque dans les années 90, la Compagnie de la Baie d'Hudson était un important joueur dans l'industrie de la fourrure.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Il y a 30 ans, la Compagnie de la Baie d’Hudson renonçait au commerce de la fourrure. Nos archives montrent combien ce secteur était emblématique de cette entreprise canadienne jusque dans les années 90.

La Compagnie de la Baie d’Hudson est la plus vieille compagnie du Canada et fait partie de l’histoire du pays, nous rappelle l’animateur Simon Durivage au bulletin de nouvelles Montréal ce soir du 2 mai 1995.

Née en 1670 d’une charte du roi britannique Charles II qui lui cédait un vaste territoire de chasse, l’entreprise a fait fortune avec le commerce de la fourrure.

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Montréal ce soir, 2 février 1995

Le Canada s'est construit autour des routes des différents chasseurs et trappeurs de La Baie, souligne le journaliste Alain Picard dans ce reportage. 40 % du Canada actuel était la propriété par charte de la compagnie.

L’édification de la Compagnie de la Baie d’Hudson a aussi reposé sur l’exploitation des Autochtones qui connaissaient l’art de la fourrure bien avant que les colons n'arrivent au pays.

Les petits comptoirs de traite de fourrures sont devenus des magasins à grande surface qui aujourd'hui fêtent la victoire du plus fort.

Le journaliste Alain Picard

Montréal, plaque tournante de l’industrie de la fourrure

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Ce soir, 15 février 1979

En 1979, la Compagnie de la Baie d’Hudson continue d’être le principal exportateur de peaux dans le monde.

À l’émission Ce soir du 15 février 1979, le journaliste Michel Benoit nous fait visiter le département de La Baie, responsable de l’encan qui se tient annuellement à Montréal.

Son reportage nous montre qu’à l’époque, le commerce de la fourrure a encore le vent dans les voiles. 765 000 peaux de vison d'élevage et de fourrure sauvage sont vendues au plus offrant au cours de cet événement.

La Compagnie de la Baie d'Hudson agit comme intermédiaire entre le producteur de la marchandise et le manufacturier, explique le représentant Jean-Paul Shanks. Elle offre aux trappeurs, éleveurs et commerçants de vendre leurs peaux moyennant une commission.

Les employés de cette branche de La Baie s’occupent de la classification des fourrures par taille, couleur et qualité, et permettent aux acheteurs d’examiner la marchandise avant la tenue de l’encan.

La Baie, c'est le plus important en Amérique, affirme Luigi Sarotti, de la maison Palzani à Rome. Si vous voulez choisir la plus belle vente de toute la saison des ventes d'hiver, il faut venir à Hudson’s Bay de Montréal.

Le marchand de fourrures Henri-Lionel Guilbert observe que les Européens sont plus présents aux encans de La Baie depuis les années 50. Les Italiens et les Allemands ont été privés de fourrures canadiennes pendant de longues années, rappelle-t-il, puisque Mussolini et Hitler en interdisaient l’entrée sur leur territoire.

En 1979, la moitié des acheteurs de cet encan proviennent d’Europe et un peu moins d’un quart des États-Unis. Les articles, très prisés, ont tous augmenté de 50 à 150 %.

C'est comme la bourse, tout est vendu au plus offrant!

Le marchand de fourrures Henri-Lionel Guilbert
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Ce soir, 23 septembre 1981

La Compagnie de la Baie d’Hudson est devenue avec le temps une entreprise très diversifiée. Malgré tout, son nom demeure associé au commerce de la fourrure.

L’animateur Pierre Maisonneuve

Comme en témoigne ce reportage à l’émission Ce soir du 23 septembre 1981, La Baie d’Hudson marque une transition à l’automne 1981 en centralisant ses activités à Toronto.

Montréal perd ainsi son encan annuel — l’un des plus importants du monde — et son titre de centre international de la fourrure.

Interrogé par le journaliste Achille Michaud, le consultant en fourrure François Beauregard parle d’un tournant historique dans le domaine de la fourrure.

À Montréal, se greffait à l’industrie de la peau une industrie de l’aiguille pour la fourrure confectionnée.

Hudson’s Bay avait la force, le prestige dans le monde entier pour attirer des acheteurs de partout, s’exclame François Beauregard, évoquant déjà la prospérité de son industrie au passé.

La fin d’une époque

Dix ans plus tard, le 30 janvier 1991, La Baie abandonne le commerce de la fourrure, ce qui met fin à une tradition vieille de trois siècles.

L’industrie de la fourrure est en déclin, et le positionnement de la compagnie canadienne n’est plus ce qu’il était sur la scène internationale.

Est-ce en raison des tendances vestimentaires ou de la pression des lobbys pour la protection des animaux? Cela dit, dans les magasins de La Baie, les manteaux et les accessoires de fourrure sont liquidés.

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Téléjournal, 15 mars 1994

Durant la même période, la Compagnie de la Baie d’Hudson cède ses archives au gouvernement du Manitoba, ce qui marque un autre jalon de son histoire.

Le don d’archives, évalué à 60 millions de dollars, permettra aux Canadiens de découvrir des aspects méconnus de leur histoire, annonce Bernard Derome au Téléjournal du 15 mars 1994.

Le journaliste Marc-André Masson donne un aperçu des documents et artefacts qui composent ce fonds d’archives, le plus important après celui du Vatican.

En remontant aux origines de la compagnie fondée en 1670, on trouve des comptes rendus d'expédition, des journaux de bord, des photos et peintures qui illustrent les grands et petits personnages de la colonisation, et des milliers de cartes qui indiquent l’emplacement de villages autochtones dont on ignorait l'existence.

Une page est tournée, mais l’histoire de la Compagnie de la Baie d’Hudson demeure irrévocablement liée au commerce de la fourrure.

Encore plus de nos archives

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