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Et si le futur des réseaux sociaux reposait sur l’audio?

Une femme écoute du contenu sur son téléphone cellulaire à l'aide de ses écouteurs sans fil.

L'offre des réseaux sociaux qui misent sur l'audio se multiplie.

Photo : getty images/istockphoto / DisobeyArt

Radio-Canada

Exit la vidéo et le texte, bonjour l’audio! De Clubhouse à Discord, les plateformes qui misent sur la voix se multiplient sur le marché et gagnent de plus en plus d’adeptes souhaitant en finir avec la surabondance de visioconférences.

Sur l’application Messenger, de Facebook, l’option d’appuyer sur un petit micro pour enregistrer un message vocal a été ajoutée il y a plusieurs années déjà. Même scénario du côté des iMessage, d’Apple. En Inde et en Chine, l’intérêt envers la communication vocale sur WhatsApp et WeChat a fait ses preuves dans les dernières années.

Si les messages vocaux ne datent pas de la dernière lune, c’est au cours des derniers mois qu’ils ont su prendre de l'importance : après une longue journée de télétravail à cumuler les réunions vidéo entre collègues, nombreuses sont les personnes qui n’ont pas envie de s’imposer du temps d’écran supplémentaire.

La forte popularité des écouteurs sans fil et des assistants personnels intelligents contribue à l'impulsion du moment de ces nouveaux formats d’échanges sociaux.

Certaines plateformes font déjà leurs preuves depuis des années, mais de nouvelles venues s’ajoutent dans cette arène en pleine expansion.

Quelques plateformes

Discord, lancée en 2015, séduit particulièrement la communauté vidéoludique et connaît une popularité monstre depuis le début de la pandémie. Sa fonction audio est particulièrement utile lorsqu'une partie est en cours. En octobre, le réseau social estimait compter quelque 6,7 millions de membres, contre 1,4 million en février 2020, juste avant la crise de la COVID-19.

Twitter a flairé la tendance en lançant en version bêta Spaces en décembre dernier, des salons de messageries audio. Le texte ne disparaît pas entièrement, alors que ce qui est dit peut être retranscrit en direct. Cette fonction, offerte qu’à une poignée de personnes présentement, promet de s'étendre sous peu à l’ensemble des internautes.

Une capture d'écran montrant la boutique en ligne de Discord, avec les jeux Dead Cells, Hollow Knight, Into The Breach, Frost Punk, Pillars of Eternity II: Deadfire et Banner Saga 3 mis en évidence.

La boutique de la plateforme Discord

Photo : Discord

L’application Cappuccino permet quant à elle de raconter des tranches de vie à ses proches sous forme de petites histoires auditives, appelées haricots. Les membres du groupe peuvent également y contribuer pour en faire un genre de balado, dont la lecture est programmée tous les matins.

Riffr emprunte également cette notion de balado à petite échelle en permettant à ses utilisateurs et utilisatrices de publier des contenus audio et d’écouter ceux de particuliers.

Il existe également un marché pour les applications de rencontre misant sur la voix. Chekmate, par exemple, permet seulement des échanges par audio ou vidéo et n’a pas de messagerie textuelle.

Toutefois, l’une des plateformes les plus en vogue est Clubhouse, qui a connu des débuts prolifiques avec sa version bêta lancée en mars dernier. Pour l’instant, seules les personnes qui détiennent une invitation – d’abord réservée à un club sélect de la Silicon Valley, mais maintenant offerte à plus de 2 millions de personnes – peuvent l’utiliser.

Un peu à la manière d’un centre de conférences virtuel, la plateforme permet aux internautes de débattre sur l'intelligence artificielle dans une pièce, alors que dans une autre pièce des personnes organisent des tournois de culture générale. À la fin du mois de janvier dernier, les têtes dirigeantes derrière l’application ont fait connaître leur intention de l’ouvrir au public.

Elon Musk a probablement contribué à l’engouement autour de Clubhouse en publiant sur son fil Twitter cette semaine qu’il comptait accorder une entrevue qui sera diffusée sur l’application.

De grands défis de modération

Si les réseaux sociaux vocaux ont la cote, ils soulèvent toutefois des enjeux de modération. Alors qu'une partie du travail sur les plateformes plus traditionnelles peut être effectuée par un robot qui filtre automatiquement des mots dont l’usage peut être sensible, il est beaucoup plus complexe de modérer les contenus vocaux.

Les plateformes qui souhaitent se lancer dans l’aventure audio devront se doter de règles de communauté claires et d’une modération humaine, ce qui exige des effectifs importants et qui ne sont pas infaillibles.

Clubhouse a notamment fait l’objet de critiques à cet égard. Le journaliste du New York Times Taylor Lorenz a affirmé avoir été victime de harcèlement sur l’application après avoir révélé le comportement abusif d’un investisseur. En entrevue avec le média Wired, il a affirmé ne pas vouloir soutenir un réseau qui ne prend pas la sécurité de ses utilisateurs et utilisatrices au sérieux.

L'écran d'un cellulaire affiche plusieurs applications, dont celle du réseau social Clubhouse.

Le réseau social Clubhouse souhaite se démarquer de la compétition en misant sur la qualité des communautés créées sur sa plateforme.

Photo : AFP / Odd Andersen

Discord n’est pas blanche comme neige non plus. Bien que la plateforme ait fait des efforts pour modérer les contenus des communautés sur ses serveurs, elle figure tout de même parmi celles qui ont été pointées du doigt pour avoir été utilisées par des personnes impliquées dans l’insurrection au Capitole américain survenue le 6 janvier dernier.

Twitter, souvent blâmé pour ses manquements en matière de modération, a un lourd travail à faire avant d’offrir Spaces à l’ensemble des internautes. La fonction prévoit notamment une option pour signaler une personne. Des modérateurs et modératrices s’occuperont par la suite d’évaluer si des violations aux règles du réseau social aux gazouillis ont été commises.

S’il est difficile de prévoir combien de temps durera l’engouement autour des réseaux sociaux vocaux, plusieurs portefeuilles ont déjà misé d’importantes sommes sur son avenir. Clubhouse, par exemple, peut déjà compter sur 100 millions de dollars américains investis par plus de 180 personnes.

Avec les informations de Wired, MIT Technology Review, et Axios

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