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Un avocat montréalais va porter plainte contre le SPVM pour profilage racial

Kwadwo D. Yeboah et sa fille de 15 ans

L'avocat Kwadwo D. Yeboah et sa fille, Kenya Yeboah-Whyne.

Photo : Vincent Rességuier

Kwadwo D. Yeboah affirme s'être retrouvé menotté pendant près de 20 minutes la semaine dernière dans une autopatrouille sans raison évidente. Persuadé d'avoir été victime de profilage racial, il entend poursuivre le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM).

Depuis une semaine, Me Yeboah a du mal à trouver le sommeil. Ce père de famille demeure choqué par une intervention du SPVM.

Tout a commencé jeudi dernier vers 18 h 30, lorsqu'il circulait au centre-ville, accompagné par sa fille de 15 ans. Ils se dirigeaient vers un restaurant pour récupérer une commande. Selon sa version des faits, son téléphone sonne, sa fille répond.

Quelques instants plus tard, des policiers lui demandent d'immobiliser son véhicule. Il s'exécute. Il relate que, sans évoquer le motif de l'arrestation, le policier lui demande d'emblée : Où vas-tu? À qui appartient le véhicule?

Six policiers pour un contrôle de routine

L'avocat raconte avoir par la suite tendu son permis de conduire à l'agent, mais pas son certificat d'assurance ni son immatriculation, comme demandé. Comme il s'agit de la voiture de sa femme, il ne savait pas où elle avait rangé ces documents.

Quelques minutes passent, deux autopatrouilles du SVPM rejoignent la première. Il y a maintenant six policiers.

Après avoir trouvé le document d'assurance dans son téléphone, Kwadwo D. Yeboah dit être sorti de son véhicule pour le montrer aux agents. C'est alors qu'il est menotté puis enfermé à l'arrière d'une auto.

Les policiers lui demandent de garder le silence, car il est suspecté d'avoir présenté un faux permis de conduire.

Les policiers fouillent alors dans son téléphone. L'avocat leur demande d'arrêter et leur suggère qu'il faudrait un mandat, puisque l'appareil contient des informations concernant ses clients, qui sont couverts par le secret professionnel.

Les policiers sont partis à rire, lance-t-il. Il soutient qu'ils ont ensuite fouillé dans son portefeuille et qu'ils ont notamment trouvé sa carte du Barreau de Montréal.

C'est à ce moment-là, selon lui, que leur attitude a changé et qu'ils l'ont libéré en lui donnant une contravention pour utilisation du cellulaire au volant. Une amende qu'il entend contester.

Kwadwo D. Yeboah, avocat

L'avocat Kwadwo D. Yeboah est membre du Barreau de Montréal.

Photo : Facebook

Il est persuadé que sa couleur de peau a motivé l'attitude des policiers. On n'est pas tous des criminels, les Noirs, déplore-t-il, de la même manière tous les policiers ne font pas du profilage racial.

Quoi qu'il en soit, il estime que personne ne mérite d'être traité de la sorte en cas de suspicion de détention d'un faux permis de conduire ou d'utilisation du cellulaire au volant.

Une scène traumatisante pour sa fille

Sa fille, Kenya Yeboah-Whyne, confie être encore bouleversée par les événements. Elle aussi a des difficultés à dormir et se remémore en boucle les événements.

C'est elle qui a filmé la scène et pris des photos, jusqu'au moment où, raconte-t-elle, une policière lui a demandé d'arrêter si elle ne voulait pas avoir des problèmes.

À ce moment-là, son père a insisté pour qu'elle continue. Je ne savais pas qui écouter, se remémore l'adolescente de 15 ans. Elle est finalement entrée dans la voiture et a fondu en larmes.

J'ai appelé ma mère, je lui ai dit ce qu'il se passait. Je pleurais, j'étais très traumatisée.

Une citation de :Kenya Yeboah-Whyne

Elle est persuadée que s'ils n'avaient pas été Noirs, les agents n'auraient pas agi de la sorte. Elle reste avec l'impression d'avoir immédiatement été perçue comme une criminelle.

Le SPVM ne veut pas commenter

Kwadwo D. Yeboah entend déposer deux plaintes : l'une en déontologie policière, l'autre auprès de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse.

Pour le représenter, il a fait appel à Me Fernando Belton, un avocat expérimenté en matière de causes de profilage racial.

Le SPVM a refusé notre demande d'entrevue. Dans un courriel, son porte-parole, Darren Martin McMahon-Payette, a déclaré que le SPVM ne peut commenter toutes interventions policières diffusées dans les médias sociaux.

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