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Le premier ministre François Legault

Le premier ministre du Québec, François Legault, a annoncé des assouplissements aux mesures sanitaires lors d’une conférence de presse le 2 février 2021.

Photo : The Canadian Press / Jacques Boissinot

Pour bien des gens en Amérique du Nord, c'était le jour de la marmotte hier. Mais au Québec, c'était plutôt le jour de la carotte.

Une journée de récompense pour les citoyens de six régions, après des mois d'efforts. Une journée où le premier ministre François Legault n'avait pas vraiment le choix d'honorer le contrat moral qu'il a pris avec sa population.

Depuis le début de la pandémie, le premier ministre utilise la stratégie du bâton et de la carotte. Quelques coups de bâton sous forme de restrictions sanitaires. Et une carotte, une récompense, sous forme de déconfinement si la population atteint le but fixé.

Cette récompense nous a toutefois échappé depuis l'automne. Souvenez-vous du contrat moral, du défi 28 jours, des rassemblements de Noël et du jour de l'An, autant d'espoirs déçus. Que du bâton, pas de carotte.

Alors, à partir du moment où six régions présentaient un bilan sanitaire positif en limitant au maximum le nombre quotidien de cas de COVID-19, la pression s'est inversée. Elle tombait maintenant sur les épaules du premier ministre.

S'il n'avait pas déconfiné l'économie de ces régions, même partiellement, il risquait de provoquer une démobilisation et une frustration qu'il ne peut pas se permettre dans le contexte.

L'annonce de mardi lui permet aussi d'envoyer le message aux autres régions qu'un début de semblant de vie normale est possible.

La variable des variants

Ce qui ne veut pas dire que les Québécois sont sortis du bois. La menace qui plane sur le château de cartes s'appelle nouveaux variants. Qu'ils viennent du Brésil, de l'Afrique du Sud, de la Californie ou du Royaume-Uni, ils sont dangereux parce qu'ils se transmettent plus facilement.

François Legault n'en a pas glissé un mot dans sa conférence de presse. On présume qu'il voulait se concentrer sur les bonnes nouvelles. Mais le directeur national de santé publique, Horacio Arruda, l'a fait.

Ça, ça pourrait changer la donne, a-t-il dit au sujet des nouveaux variants.

Lire ici que l'espoir du déconfinement est fragile. Cette fragilité est d'autant plus forte que la vaccination ne suit pas le rythme prévu. Ce qui donne l'impression qu'une course est engagée : variants contre vaccin.

Si les variants gagnent, ce ne sera plus le jour de la carotte, mais plutôt le jour de la marmotte où l'histoire des espoirs déçus se répétera. Un film dans lequel on a déjà joué, et où le bâton tient le rôle principal.

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