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Vaccination : des chercheurs offriront des bulletins sur la désinformation en ligne

Selon un sondage Angus Reid, 20 % des Albertains n’ont pas l’intention de se faire vacciner.

Une main tien une fiole et une seringue.

L'Alberta est la province dont les résidents sont les moins enclins à vouloir se faire vacciner.

Photo : Reuters / CARLOS OSORIO

Une équipe de chercheurs de l’Université de Calgary s’est lancée dans un projet ambitieux : cartographier la désinformation qui circule sur les réseaux sociaux au sujet des vaccins contre la COVID-19. Leurs travaux font partie d’une campagne pancanadienne qui vise à convaincre un maximum de personnes de se faire vacciner.

Selon le professeur adjoint à l'École des politiques publiques de l’Université de Calgary, Jean-Christophe Boucher, l’objectif est de créer des campagnes de communication capable de se propager à la même vitesse que la désinformation sur les réseaux sociaux.

Au lieu de prendre six mois à mettre sur pied une campagne de communication, on veut permettre à la santé publique d’être beaucoup plus proactive dans sa communication.

Jean-Christophe Boucher, Université de Calgary

À la mi-février, son équipe et lui commenceront à publier chaque semaine un bulletin sur les informations positives et sur la désinformation qui circule sur Twitter.

Ils utiliseront l’apprentissage machine pour analyser chaque jour 1 million de tweets afin de comprendre quelles informations circulent le plus en ligne sur la vaccination.

Ces bulletins analyseront le discours sur la vaccination en Alberta, mais aussi ailleurs au Canada, en anglais et en français. Ils seront publiés sur le site web de l’École des politiques publiques de l’Université de Calgary. M. Boucher espère aussi obtenir du financement pour étendre son projet à d’autres plateformes comme Facebook.

La vaccination et la grande fracture sociale

L’équipe collecte des données préliminaires depuis quelques mois déjà.

Jean-Christophe Boucher classe les formes d’opposition à la vaccination en trois catégories. Comme on pouvait s’y attendre, la plus grande partie de la discussion tourne autour de l’efficacité et de la sécurité du vaccin, mais ce n’est pas tout.

Montage de captures d'écran de publications Twitter.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Ces publications Twitter proviennent de certains des utilisateurs hostiles à la vaccination les plus prolifiques, selon les données compilées par Jean-Christrophe Boucher.

Photo : Radio-Canada / Twitter

Ce qu’on voit, c’est que beaucoup des tweets antivaccins n’ont rien à voir avec le vaccin lui-même, explique Jean-Christophe Boucher. Ils ont à voir avec des gens qui, dans une large mesure, ne font pas confiance aux autorités locales, aux autorités de la santé publique ou aux gouvernements des États.

Jean-Christophe Boucher.

Jean-Christophe Boucher espère que son projet de recherche mènera à des campagnes de sensibilisation plus flexibles et plus efficaces.

Photo : Steven Stefaniuk

Selon lui, c’est près du tiers du discours anti-vaccin qui est basé sur une méfiance envers les institutions. Les gens se disent : "Je ne sais pas ce que je pense de la COVID, mais je n’ai pas confiance dans le gouvernement Kenney ou Trudeau et, donc, je n’irai pas me faire vacciner."

Convaincre ces personnes de se faire vacciner est tout un défi pour la Santé publique, qui a plutôt l’habitude de communiquer des informations factuelles.

Cela les met très mal à l'aise, selon M. Boucher, qui a déjà transmis certains de ses résultats à Services de santé Alberta.

D’autres experts pensent qu’il vaut mieux ignorer ce noyau dur et se concentrer sur ceux qui se trouvent au milieu. C’est le cas de Timothy Caulfield, professeur à l’Université de l’Alberta et expert du mouvement antivaccin.

Il y a une croyance que de déconstruire les arguments antivaccins avec des faits ne fonctionne pas, mais c’est faux. Si vous consultez la recherche, vous voyez que ça fonctionne.

Timothy Caulfield, titulaire de la Chaire de recherche du Canada en droit et en politique de la santé

Il fait d’ailleurs partie des personnes qui ont lancé #LaScienceDabord, une initiative pancanadienne qui vise à faire la promotion de contenu scientifique positif au sujet de la vaccination.

L’Alberta, la moins enthousiaste des provinces

Un répondant albertain sur cinq n’aurait pas l’intention de se faire vacciner, selon un sondage Angus Reid réalisé au début du mois de janvier. Moins de la moitié d'entre eux seraient prêts à se faire vacciner immédiatement.

L’Alberta est d’ailleurs la seule province à être sous la barre de 50 % dans le sondage. C’est peut-être pour cette raison que deux campagnes nationales de sensibilisation ont vu le jour en Alberta.

En plus de celle mise sur pied par Timothy Caulfield, une coalition de scientifiques, d’entreprises et de professionnels du marketing ont lancé 19 to Zero (Nouvelle fenêtre), un regroupement qui souhaite convaincre un maximum de Canadiens de se faire vacciner. Le projet de recherche de Jean-Christophe Boucher est d’ailleurs réalisé en collaboration avec 19 to Zero. 

Nous travaillons avec des leaders communautaires et religieux, ou encore dans les communautés immigrantes pour tenter de trouver quel message passerait le mieux, explique Theresa Tang, la présidente de 19 to Zero et chercheuse à l’Université de Calgary. Nous devons travailler avec des gens à qui la communauté fait confiance.

C’est aussi vrai pour les communautés politiques. Tant Jean-Christophe Boucher que Timothy Caulfield voudraient voir des leaders conservateurs faire plus souvent la promotion de la vaccination.

Ils croient que Jason Kenney a fait un pas dans la bonne direction avec certaines de ses plus récentes déclarations, mais il a des progrès à faire.

19 to Zero prévoit notamment lancer une campagne de publicité au printemps, quand il y au ra plus de doses de vaccin disponibles.

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