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Une banque de données de clients agressifs pour protéger les travailleuses du sexe

L'outil permettrait de signaler ces clients à l'échelle provinciale en Colombie-Britannique.

Travailleuses du sexe à Moncton.

Des listes de mauvais clients sont habituellement partagées localement.

Photo : Reuters

Grâce à un don de 1 million de dollars de la Fondation du droit de la Colombie-Britannique et d’une fondation familiale privée, les associations qui aident les travailleuses du sexe réfléchissent à la façon de mettre en œuvre un système permettant de signaler les mauvais clients à l’échelle provinciale.

Actuellement, la plupart des organismes qui aident les travailleuses du sexe se partagent une liste locale, mais il n’existe pas pour l'instant de système qui relie ces informations d’une région à l’autre, les données amassées dans les régions rurales étant quasiment inexistantes.

En Colombie-Britannique, l’organisme WISH Drop-In Centre Society, un centre de repos et d’aide pour les travailleuses du sexe de rue, recueille ces données et les transmet à ses membres chaque semaine.

Le fait d'avoir un outil provincial pour signaler les mauvais clients est un besoin critique depuis longtemps, explique Mebrat Beyene, directrice générale de l'organisme.

Huit travailleuses du sexe sur dix qui travaillent à l’extérieur affirment qu’elles ne veulent pas signaler des actes de violence à la police, souvent en raison de la stigmatisation ou des barrières juridiques, dit-elle.

Gros plan sur les mains d'une personne manipulant un téléphone intelligent.

Des organismes britanno-colombiens veulent créer une banque de données provinciale pour protéger les travailleuses du sexe contre des clients agressifs.

Photo : iStock

Les associations veulent créer une banque de données qui permettra aux travailleuses du sexe de faire des recherches rapides avec des mots-clés, des numéros de plaques d’immatriculation ou des descriptions pour prendre des décisions éclairées et mieux se protéger.

Pour et par les travailleuses

Le projet va également présenter des consultations communautaires dans toute la Colombie-Britannique avec plusieurs secteurs de travailleuses du sexe et d’organismes qui les appuient.

En tant que travailleuse du sexe, je trouve qu'un tel système est une excellente idée, parce que lorsque j’ai eu de mauvaises expériences par le passé, je ne me suis jamais tournée vers la police, raconte une membre de la Peers Victoria Resources Society, une des associations qui défend les droits des travailleuses du sexe.

Nous savons que la police n’est souvent pas une option sécuritaire et ce sont d’autres travailleuses du sexe qui assurent notre sécurité et nous appuient à la suite d’événements violents.

Une citation de :Travailleuse du sexe et membre de la Peers Victoria Resources Society

Les prédateurs ciblent les travailleuses du sexe migrantes et immigrantes, car ils savent que celles-ci ne se tourneront pas vers la police, déclare Alison Clancey, directrice générale de la SWAN Vancouver Society.

« Dans le nord-est de la Colombie-Britannique se trouvent de nombreux travailleurs temporaires dans des camps d’extraction de ressources minières et les travailleuses du sexe de ces régions sont plus vulnérables et à risque », affirme Heather Paddison, conseillère à Positive Living North.

Le financement permettra, pendant trois ans, de développer le système provincial et de lancer des consultations afin de mieux comprendre les besoins spécifiques de divers groupes.

Les organismes espèrent que le gouvernement comprendra ensuite à quel point les incidents violents ne sont pas suffisamment signalés et qu'il acceptera de financer le projet par la suite.

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