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Le Service de police de la Ville de Mont-Tremblant sera aboli

Un véhicule de la Sûreté du Québec en hiver.

La Sûreté du Québec couvrira dorénavant le territoire de la Ville de Mont-Tremblant.

Photo : Radio-Canada / Djavan Habel-Thurton

Le gouvernement Legault a autorisé la Ville de Mont-Tremblant à abolir son corps de police municipal pour obtenir les services de la Sûreté du Québec (SQ).

La ministre de la Sécurité publique et vice-première ministre du Québec, Geneviève Guilbault, en a fait l'annonce par communiqué, mardi.

Cette décision entre en vigueur dès maintenant, a précisé son cabinet.

Par communiqué, la Ville de Mont-Tremblant a indiqué qu'au terme d'une période transitoire, le territoire de Mont-Tremblant et de Lac-Tremblant-Nord sera desservi par la Sûreté du Québec.

Comme beaucoup de municipalités de moins de 50 000 habitants, la Ville de Mont-Tremblant a fait le choix d'être desservie par la Sûreté du Québec. Cette autorisation est accordée à la suite d'un processus rigoureux et légalement encadré dont chacune des étapes a été respectée.

Une citation de :Geneviève Guilbault, vice-première ministre et ministre de la Sécurité publique du Québec

En entrevue avec Radio-Canada, le président de la Fraternité des policiers de Mont-Tremblant (FPMTT), Serge-Alexandre Bouchard, a dit mal s'expliquer la décision de la ministre Guilbault. Une décision que le syndicat va contester devant les tribunaux, a-t-il assuré.

Il reste des options juridiques et on va les mener jusqu'au bout [...], a ajouté le président de ce syndicat qui représente 43 policiers à Mont-Tremblant.

D'ici là, les policiers de Mont-Tremblant vont continuer de répondre aux appels et de faire le travail, a-t-il encore affirmé.

Des économies pour la Ville

C'est en décembre 2019 que la Municipalité de Mont-Tremblant avait demandé à Québec d'abolir son service de police.

Évoquant des questions financières, le maire de Mont-Tremblant, Luc Brisebois, avait soutenu que le service de police municipal exerçait beaucoup de pression sur la Ville. La sécurité publique représente la dépense la plus importante du budget de Mont-Tremblant, avec des coûts estimés à près de 11 millions de dollars, en 2019.

L'administration municipale a fait valoir que de faire passer son service de police dans le giron de la SQ augmentera les effectifs de policiers à Mont-Tremblant et lui permettra de faire des économies de deux millions de dollars par an.

Je suis très soulagé de pouvoir enfin tourner la page sur le climat d’incertitude occasionné par l’attente de cette décision ministérielle. Nous tenons à remercier la ministre qui, par cette autorisation, a reconnu la validité de notre démarche. Nous pouvons maintenant aller de l’avant, a réagi le maire Brisebois mardi.

Des relations tendues

La situation entre la Municipalité et ses policiers s'est envenimée au point où, le 27 janvier dernier, la Ville de Mont-Tremblant a demandé à la ministre Guilbault de remplacer dans les plus brefs délais son corps de police municipal par la SQ.

Selon le maire Brisebois, qui disait appréhender une situation regrettable, la situation était insoutenable.

Le maire Brisebois a dit craindre pour la sécurité de ses citoyens. Il y a de l'intimidation qui s'est faite au niveau des élus, a-t-il aussi soutenu, après s'être lui-même placé sous la protection du programme de lutte contre l'intimidation des élus de la SQ.

À la suite de ces propos qu'ils ont qualifiés de diffamatoires, la Fédération des policiers et policières municipaux du Québec (FPMQ) et la Fraternité des policiers de la Ville de Mont-Tremblant (FPMTT) avaient mis en demeure le maire de Mont-Tremblant et la mairesse de la municipalité de Lac-Tremblant-Nord, Kim Meyer, les intimant de se rétracter.

C'est dans ce contexte tendu que, mardi, la ministre Guilbault a accordé à Mont-Tremblant l'autorisation d'abolir son corps policier.

Décision dénoncée

Mardi, la FPMQ et la FPMTT ont dénoncé vigoureusement la décision antidémocratique de la ministre de la Sécurité publique.

Dans un communiqué de presse commun, elles ont critiqué la décision de la ministre Guilbault alors que les travaux du Comité consultatif sur la réalité policière ne sont pas terminés. En agissant ainsi, la ministre cautionne la sortie diffamatoire des maires de Mont-Tremblant et de Lac-Tremblant-Nord, ont-elles affirmé.

Selon la Fédération et la Fraternité, cette demande des maires est une mesure de représailles syndicales qui pourrait être invalidée par le Tribunal administratif du travail.

Avec cette décision, la ministre de la Sécurité publique n'hésite pas à se placer au-dessus de la population et des tribunaux, prouvant qu'elle préfère que tous soient dociles, concluent les deux organisations.

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