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Adopter de nouvelles mesures pour éviter les empêtrements de baleines

Différents types de cordages utilisés pour la pêche.

Les cordages de pêche seront modifiés pour qu'ils puissent se rompre plus facilement (archives).

Photo : Radio-Canada / CBC/Jane Adey

Le ministère des Pêches et des Océans du Canada (MPO) consulte depuis quelques semaines les pêcheurs des flottilles à engins fixes du golfe, comme les crabiers et les homardiers, à propos de la modification des cordages et des engins de pêche dans le but de réduire les empêtrements de mammifères marins, dont les baleines noires.

Jusqu’à maintenant, le MPO s’est surtout penché sur des cordages capables de se rompre à une tension supérieure à 1700 livres. Une baleine noire serait alors capable de s’en libérer.

Les crabiers, qui pêchent en haute mer, utilisent présentement des câbles qui peuvent soutenir des tensions de 9000 à 11 000 livres.

D’autres modifications aux engins de pêche sont aussi en discussion, comme le diamètre des cordages ou la réduction du nombre de cordages en mouillage.

Cette démarche, entamée en décembre, se poursuivra jusqu'en novembre prochain.

Une nouvelle réglementation doit être adoptée d’ici la fin de 2021, indique Élise Lavigne, directrice aux programmes nationaux pour Pêches et Océans Canada.

Des bouées de casier de crabes pendent par-dessus le pont d'un crabier.

Des bouées de casier de crabes pendent par-dessus le pont d'un crabier.

Photo : Radio-Canada / Nicolas Steinbach

Mme Lavigne souligne que la mesure touchera beaucoup d’entreprises de pêche. C’est pour ça qu’il faut prendre le temps de discuter avec les pêcheurs, pour qu’on sache si cette modification est vraiment utile. Est-ce qu’elle est peut-être utilisée dans tel type de pêche? Et puis dans quelle échéance, advenant qu’on fasse ce changement, c’est possible de le faire?

La gestionnaire souligne qu’un des soucis du Ministère est de s’assurer que la nouvelle technologie ne sera pas la source de nouveaux problèmes.

On veut s’assurer qu’on ne règle pas un problème pour en créer un autre, c'est-à-dire de perdre des engins de pêche.

Une citation de :Élise Lavigne, directrice aux programmes nationaux pour Pêches et Océans Canada

Tests durant la prochaine saison

C’est d’ailleurs une des craintes des crabiers, que des cordages moins résistants puissent laisser échapper des casiers bien remplis. C’est aussi ce que nous avons entendu des pêcheurs, mais cela ne veut pas dire qu’ils ne veulent pas participer à la solution. C’est juste qu’il faut trouver la bonne solution, souligne la gestionnaire du MPO.

Les pêcheurs, selon Mme Lavigne, sont prêts à effectuer les tests nécessaires. Ils travaillent fort pour avoir une pêcherie viable, mais qui n’est pas dommageable pour la conservation des mammifères marins, rapporte Élise Lavigne.

Plusieurs expériences avec les nouveaux cordages ont déjà eu lieu. D'autres se poursuivront cet été.

Les homardiers de la Gaspésie, par exemple, seront tous invités à sortir en mer avec les nouveaux équipements pour les tester.

Des dizaines de casiers à homards et de cordages sur un quai.

Des casiers pour la pêche au homard

Photo : Radio-Canada / CBC/John Robertson

La réduction du nombre de mouillages, ce qui voudrait dire augmenter le nombre de casiers par ligne, est aussi une solution qui sera analysée par les homardiers.

Par contre, nuance O’Neil Cloutier, directeur général du Rassemblement des pêcheurs professionnels du sud de la Gaspésie, cette solution n’est pas adaptée pour les petits bateaux, qui composent 50 % de la flotte gaspésienne.

Le Marine Mammal Protect Act

Le porte-parole des homardiers gaspésiens rappelle que la plupart de ses membres pêchent à l’intérieur de la limite de 20 brasses (mesure de la longueur des cordages et de la profondeur de l'eau, qui équivaut environ à 1,80 m ou 6 pieds), qui n’est pas fréquentée par les baleines noires. La zone pêchée par les homardiers gaspésiens est toutefois un terrain d’alimentation pour d’autres baleines, comme le petit rorqual.

On n’a pas le choix, commente O’Neil Cloutier. La question dépasse la protection de la baleine noire.

Toutes les flottilles du golfe devront adapter leurs pêcheries si elles veulent avoir encore accès au marché américain après l’entrée en vigueur du Marine Mammal Protect Act en janvier 2022.

La loi américaine obligera toute pêcherie étrangère qui souhaite vendre ses produits aux États-Unis à démontrer que ses mesures de conservation et de protection des mammifères marins sont comparables à celles des États-Unis.

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