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Des vaccins contre la COVID-19 seront produits au Canada

Novavax produira des vaccins à Montréal, à condition que son vaccin soit approuvé par Santé Canada, a annoncé le premier ministre Trudeau. D'autres vaccins pourraient être fabriqués à Vancouver et Saskatoon.

Le premier ministre Justin Trudeau debout derrière son lutrin lors de son point de presse, le mardi 2 février 2021.

Le premier ministre Justin Trudeau lors de son point de presse, mardi, devant sa résidence de Rideau Cottage, à Ottawa.

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

Ottawa a conclu une entente avec la pharmaceutique américaine Novavax qui prévoit que des dizaines de millions de doses de son vaccin candidat contre la COVID-19 seront fabriquées à Montréal, a confirmé mardi Justin Trudeau.

Novavax compte produire son vaccin dans de nouvelles installations du Conseil national de recherches du Canada (CNRC), à condition qu'il soit approuvé par Santé Canada, a précisé le premier ministre canadien.

Novavax a annoncé il y a quelques jours à peine que son vaccin à deux doses s'est avéré efficace à 89,3 % contre la COVID-19 lors d'une étude clinique de phase 3. Santé Canada pourrait l'approuver prochainement.

Le gouvernement fédéral a annoncé en janvier qu'il a conclu une entente avec l'entreprise pour acheter 52 millions de doses de ce vaccin, avec l'option de s'en procurer 24 millions supplémentaires.

En août dernier, Ottawa a injecté 126 millions de dollars pour agrandir les installations montréalaises du CNRC et construire tout juste à côté un nouveau site capable de produire 2 millions de doses de vaccin chaque mois.

Pas demain la veille

La construction du nouveau Centre de production de produits biologiques du CNRC, situé avenue Royalmount, à Montréal, devrait être terminée en juillet prochain, a indiqué dans un courriel une relationniste du CNRC, Karyne Vienneau.

Quelques mois de travail seront ensuite nécessaires pour compléter les installations. Les premiers essais d'ingénierie sont prévus en décembre 2021, et ce n'est qu'après cette étape que la production du vaccin de Novavax pourra démarrer.

On ne sait pas si beaucoup de Canadiens le recevront en fin de compte. Ottawa dit depuis déjà plusieurs semaines que tous les Canadiens qui voudront être vaccinés contre la COVID-19 l'auront été dès la fin septembre.

Cette prévision repose essentiellement sur les livraisons attendues des vaccins de Pfizer-BioNTech et Moderna, les deux seuls vaccins approuvés par Santé Canada jusqu'ici.

On est encore tout à fait en ligne pour vacciner tous les Canadiens qui le veulent d'ici septembre. Mais évidemment, on ne sait pas ce qui pourrait se passer l'année prochaine ou dans les années à venir, a d'ailleurs affirmé Justin Trudeau en conférence de presse.

Il y a des nouvelles variantes. Il va encore y avoir de la COVID-19 un peu partout dans le monde, même si le Canada arrive à se faire vacciner au complet. On ne sait pas si on va avoir besoin de suivi ou de nouveaux vaccins l'année prochaine, a-t-il ajouté.

Le Canada va maintenant être en position de produire des vaccins pour les Canadiens. Évidemment, dans le meilleur des cas, si on n'en a pas besoin ici, au Canada, on va en avoir pour offrir à nos alliés ou partenaires, aux pays en développement qui en ont besoin et partout dans le monde.

Une citation de :Justin Trudeau, premier ministre du Canada

Nous avons commencé l'année passée à investir dans des productions domestiques de vaccins parce qu'on sait que dans l'évolution future de la COVID-19 ou dans d'autres pandémies qui pourraient arriver dans les années, les décennies à venir, nous allons être prêts pour y répondre, a-t-il ajouté ultérieurement.

D'autres capacités de production à Vancouver et Saskatoon

Une fiole du vaccin tenue dans une main gantée avec une seringue.

Covid-19 : à quand un vaccin canadien?

Photo : Reuters / DADO RUVIC

Justin Trudeau a aussi annoncé que Precision NanoSystems construira une usine de fabrication capable de fabriquer jusqu'à 240 millions de doses de vaccin par année.

La firme de Vancouver développe un vaccin à ARN messager, comme l'ont fait Pfizer-BioNTech et Moderna, mais elle n'en est en ce moment qu'au stade des évaluations précliniques.

On espère pouvoir commencer les essais cliniques, c'est-à-dire les étapes 1 et 2 du développement d’un vaccin, au milieu de l'année et les terminer d’ici la fin de l’année, a récemment expliqué son PDG, James Taylor.

Le Centre international de recherche sur les vaccins et les maladies infectieuses (VIDO-InterVac) de l'Université de la Saskatchewan prévoit aussi se doter d'installations pour produire jusqu'à 40 millions de doses de vaccin par année, a dit M. Trudeau.

Ce vaccin ne sera pas prêt à brève échéance non plus. L’organisme n'a reçu qu'en décembre l'autorisation de Santé Canada d’amorcer la première phase de ses essais cliniques sur des humains.

Le directeur général de VIDO-InterVac, Volker Gerdts, disait en décembre que son vaccin pourrait être prêt avant la fin de 2021.

Le Canada est présentement entièrement dépendant de la production de vaccins issus d'autres pays, et se trouve donc à la merci de mesures protectionnistes que ces derniers peuvent déployer.

Ottawa a investi 25 millions de dollars dans le projet de Precision NanoSystems, et 46 millions de dollars dans celui de VIDO-InterVac.

COVID-19             : ce qu'il faut savoir

Ottawa a aussi récemment versé 173 millions à la firme biopharmaceutique Medicago, de Québec, pour sa recherche sur un vaccin contre la COVID-19 et la construction d'une usine de production à Québec.

Si ce vaccin s'avérait efficace, il serait d'abord fabriqué aux États-Unis, dans une usine de la Caroline du Nord, mais pourrait être ensuite produit au Québec.

Un partenariat idéal

Selon deux spécialistes consultés par Radio-Canada, le partenariat annoncé entre Novavax et le CNRC constitue une combinaison gagnante.

« Contrairement aux vaccins de Pfizer et Moderna qui sont des vaccins d’ARN, [celui de Novavax] est basé sur la protéine S », a rappelé à ICI RDI André Veillette, immunologiste à l'Institut de recherches cliniques de Montréal.

Et le CNRC, à Montréal, a vraiment une très haute compétence dans la production de protéines de ce type-là. Alors si c’est confirmé, ce serait vraiment un partenariat idéal.

Alain Lamarre, professeur et chercheur spécialiste en réponse immunitaire et virologie à l’Institut national de la recherche scientifique, a aussi souligné cette situation à l'émission Tout un matin.

Le CNRC a toujours été très performant dans sa capacité de produire des protéines recombinantes, par des technologies qui sont un peu plus établies, moins récentes que [celle de] l’ARN messager. Le vaccin de Novavax est basé sur les protéines recombinantes. Donc, ça colle bien avec l’expertise du CNRC. Ça augure bien.

Une citation de :Alain Lamarre, professeur et chercheur à l'INRS

Même si les informations publiées par Novavax n'ont pas encore été révisées par des pairs et que le vaccin n'a pas encore été approuvé par Santé Canada, tout laisse croire qu'il s'agit d'un excellent produit, souligne en outre M. Veillette.

C’est un vaccin qui est très efficace, non seulement pour prévenir les maladies, mais les maladies sévères et les hospitalisations. Donc, c’est un excellent produit, avance-t-il.

L'évolution de la pandémie au Canada

Une question d'autonomie

L'annonce de Justin Trudeau survient alors que la stratégie d'approvisionnement en vaccins de son gouvernement est vivement critiquée par les partis d'opposition.

Pfizer-BioNtech et Moderna, qui fabriquent leurs vaccins en Europe, éprouvent depuis peu des problèmes qui compromettent les campagnes de vaccination des provinces.

Les autorités fédérales ont admis jeudi, pour la troisième fois en deux semaines, que le nombre de doses du vaccin de Pfizer-BioNTech attendu à court terme sera moindre qu'anticipé.

Moderna a aussi annoncé une légère baisse de ses livraisons la semaine dernière, tandis que l'Union européenne a fait savoir qu'elle surveillera de près les exportations de vaccins produits sur son sol.

Une porte-parole de la Commission européenne a toutefois affirmé à CBC, mardi, qu'une récente demande du Canada avait déjà été approuvée et que les restrictions annoncées ne seraient appliquées qu'en de rares occasions.

Selon M. Lamarre, la perspective que Novavax produise des vaccins au Canada nous immunise et nous protège des contrecoups du protectionnisme international.

On le voit à l’œuvre en ce moment : tout le monde essaie de tirer la couverte de son côté pour avoir le plus de doses possible. C'est sûr que si on n'est pas une nation qui produit elle-même ses vaccins, on est à la merci du bon vouloir de tout le monde.

Une citation de :Alain Lamarre, professeur et chercheur à l'INRS

Malgré les difficultés d'approvisionnement des dernières semaines, le gouvernement fédéral maintient qu'il recevra 4 millions de doses du vaccin de Pfizer-BioNTech et 2 millions de doses du vaccin de Moderna prévues d’ici la fin mars, comme prévu.

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