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Nucléaire : Téhéran demande à l'UE d'assurer le rôle de médiateur avec Washington

Des centrifugeuses dans une usine.

Cette photo publiée par l'AIEA en novembre dernier montre des centrifugeuses à l'usine de Natanz, en Iran.

Photo : La Presse canadienne / AP/AIEA

Radio-Canada

C’est une partie de jeu d’échecs qu’ont entamé lundi l’Iran et les États-Unis autour de l’accord nucléaire.

Cet accord figure parmi les priorités du président Joe Biden, qui avait annoncé lors de sa campagne présidentielle que son pays allait rejoindre l’accord duquel son prédécesseur Donald Trump s’est retiré en 2018 en imposant de nouveau des sanctions extrêmes contre Téhéran.

Les signes de cette future partie diplomatique délicate ont été donnés par le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif et le nouveau secrétaire d’État Antony Blinken.

Dans une entrevue diffusée sur la chaîne CNN International lundi, M. Zarif a proposé que l'Union européenne, signataire de l’accord de 2015, joue le rôle de médiateur entre Téhéran et Washington afin de sauver l'accord.

Il peut clairement y avoir un mécanisme pour soit synchroniser le retour des deux pays dans les clous de l'accord, soit coordonner ce qui peut être fait, a dit Mohammad Javad Zarif.

Selon lui, le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell peut mettre sa casquette de coordonnateur de la commission conjointe de suivi de l'accord de 2015 et chorégraphier les mesures qui doivent être prises par les États-Unis et les mesures qui doivent être prises par l'Iran.

Plus tôt dans la journée, la chaîne américaine NBC a diffusé une entrevue d’Antony Blinken qui a estimé qu'il faudrait un certain temps pour que l'Iran revienne dans les clous, puis encore un certain temps pour que les États-Unis évaluent s'ils [les Iraniens, NDLR] ont bien tenu leurs engagements.

Le moment choisi n'est pas le problème, a répliqué son homologue iranien. Selon lui, certaines limites peuvent être à nouveau respectées en moins d'un jour , d'autres peuvent prendre quelques jours ou semaines, mais cela ne prendra pas plus de temps qu'il en faut aux États-Unis pour appliquer des décrets présidentiels nécessaires à la levée des sanctions.

La Commission coordonnée par Josep Borrell inclut l'Iran et six autres pays, soit le Royaume-Uni, la Chine, la France, l'Allemagne, la Russie et les États-Unis.

L'accord de Vienne signé en 2015 par Téhéran avec les États-Unis, la Chine, la Russie, l’Allemagne, la France, le Royaume-Uni ainsi que l'Union européenne, et sous l’égide de l’ONU, visait à empêcher la République islamique de se doter de l’arme nucléaire, avec de strictes limites à son programme nucléaire qui doit demeurer civil et pacifique. La communauté internationale avait en échange levé les sanctions économiques contre l'Iran.

L’ultimatum du 21 février

En mai 2019, soit un an après le retrait américain de l’accord et l’imposition de lourdes sanctions américaines, Téhéran a annoncé sa volonté de reprendre l’enrichissement de l’uranium à 20 % dans une lettre adressée à l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).

Selon les termes de l’accord, l’Iran ne peut enrichir l’uranium de plus de 3,67 %.

Au début de janvier, Téhéran a annoncé avoir enclenché le processus d’enrichissement dans son usine de Fordo au sud de la capitale.

À la suite de l’assassinat de Mohsen Fakhrizadeh, considéré comme la tête pensante du programme nucléaire iranien – un assassinat attribué à Israël par l’Iran –, le Parlement iranien a adopté une loi préconisant de produire 120 kilogrammes d’uranium enrichi à 20 % par an. La loi prévoit également de mettre fin aux inspections de l’AIEA.

Selon le texte adopté, l’Iran expulserait définitivement les inspecteurs de l’AIEA si les Américains ne lèvent pas les sanctions avant le 21 février 2021.

Le ministre iranien des Affaires étrangères avait indiqué que son gouvernement se conformerait à cette loi.

Compensation?

À la fin de janvier, M. Zarif avait indiqué dans une entrevue à l’agence de presse iranienne Tasnim que l’un des principaux points qui seront discutés dans la Commission (avec les autres signataires) serait les compensations que devrait recevoir l’Iran, même avec le retour des Américains à l’accord.

Il a également souligné que les États-Unis ne pourront pas rejoindre cette commission avant qu’ils n’honorent leurs engagements de l’accord.

La Commission se réunit tous les trois mois pour faire le suivi de l’application de l’accord signé en 2015.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

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