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COVID-19 : le CISSS-AT forcé de fermer 10 lits à l’hôpital de Rouyn-Noranda

Des dizaines de fenêtres se trouvent sur le côté du centre hospitalier.

L'hôpital de Rouyn-Noranda

Photo : Radio-Canada / Mathieu Ouellette

Le manque de personnel infirmier force le Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Abitibi-Témiscamingue à fermer 10 lits au département de médecine-chirurgie à Rouyn-Noranda.

La hausse des hospitalisations liées à la COVID-19 à l’hôpital de Rouyn-Noranda fait en sorte que le personnel infirmier n'était pas suffisant pour soigner adéquatement tous les patients. Le CISSS-AT n’a donc pas eu d’autre choix que de fermer 10 lits en médecine-chirurgie.

Ce département est composé d’une aile chaude pour les patients atteints de la COVID-19 et d’une aile froide pour les autres patients. Ce sont 10 lits en zone froide qui ont été fermés. Avant même la pandémie, la pénurie de personnel infirmier était importante, mais la COVID-19 a amplifié la problématique.

Un infirmier ou une infirmière supplémentaire par quart de travail est nécessaire pour s’occuper des patients atteints de la COVID-19, car il ou elle ne peut pas aller traiter d’autres patients qui sont en zone froide.

Pour ceux aux soins intensifs, il faut aussi davantage de personnel infirmier, une situation qui a fait en sorte d’augmenter considérablement la charge de travail.

Ces fermetures de lits ont déjà des impacts. Vendredi dernier, l’urgence de Rouyn-Noranda était à 138 % de sa capacité. Des patients ayant été admis à l’hôpital devaient demeurer à l’urgence puisqu’il n’y avait aucune place en médecine-chirurgie.

La présidente-directrice générale du CISSS-AT, Caroline Roy, nous a fait savoir que son organisation recherche activement des solutions. Une des solutions qu’elle tente d’éviter est le délestage de certaines activités, donc des chirurgies qui pourraient être reportées. Il est aussi envisagé de transférer des patients dans les hôpitaux d’autres villes de la région.

On réfléchit à d’autres solutions, comme de faire contribuer ceux qui le souhaitent, qui travaillent dans les soins intensifs ou les urgences ailleurs qui pourraient se déplacer et venir travailler à Rouyn-Noranda, où la pression est plus forte en ce moment.

Caroline Roy, PDG du CISSS-AT

Des patients qui ne devraient pas en être

L’une des problématiques à l’hôpital de Rouyn-Noranda est que près de 30 personnes sont actuellement hospitalisées alors qu'elles ne devraient pas l’être. Elles sont en attente d’une place en CHSLD, mais doivent demeurer à l’hôpital, faute de place. Un étage complet a été attribué à ces patients, qui nécessitent du personnel infirmier supplémentaire.

Une situation qui ne va pas en s’améliorant, selon la PDG. Les gens, en étant confinés, surtout les personnes âgées qui sont autonomes ou semi-autonomes, en réalisant moins d’activités, on se retrouve confronté à ce qu’ils soient déconditionnés. Malheureusement, dans les derniers mois, ce qu’on constate c’est qu’il y a plus de gens qui se présentent à l’urgence qui, malheureusement, la situation pandémique a contribué à faire dégrader leur situation d’autonomie et elles doivent être orientées vers un autre milieu d’hébergement, affirme Caroline Roy, qui croit que la construction d’une nouvelle maison des aînés aidera grandement.

10 patients viennent d’être transférés en CHSLD ou dans d’autres lieux d’hébergement, ce qui a permis la fermeture des 10 lits en question.

Des gens sont en attente d’une place en CHSLD, ressource intermédiaire ou autre milieu. On en a désigné 10 puis il y aura 2 autres usagers pour lesquels on a pu trouver une place et faire un mouvement pour diminuer le nombre de places, précise Mme Roy.

Caroline Roy écoute une personne hors champ durant un réunion du conseil d'administration.

Caroline Roy, PDG du Centre intégré de santé et de services sociaux (archives)

Photo : Radio-Canada / Mélanie Picard

Le syndicat parle d’une crise

Du côté du syndicat de la Fédération interprofessionnelle de la santé en Abitibi-Témiscamingue (FIQ-SISSAT), on affirme avoir une grande préoccupation pour la capacité hospitalière, alors que la pénurie de main-d'œuvre s’abat sur la région.

Le syndicat parle d’une gestion de crise pour décrire ce qui est vécu en ce moment à l’hôpital de Rouyn-Noranda.

On ajoute que plusieurs demandes de solutions adressées à Québec sont demeurées sans réponse.

Une rencontre entre le syndicat et la PDG du CISSS-AT est prévue mardi.

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