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Le recteur de l’Université de l’Ontario français démissionne

Six mois après son entrée en fonction, André Roy quitte son poste, a appris Radio-Canada.

Affiche près d'un immeuble sur lequel on peut lire UOF, Université de l'Ontario français.

Le recteur de l'UOF démissionne six mois après son entrée en poste.

Photo : Radio-Canada

André Roy devait diriger la toute première université de langue française dans le sud de l’Ontario. Son passage à la tête de l’établissement n’aura duré que quelques mois, finalement.

À la fin de la semaine dernière, M. Roy nous a fait part de son intention de démissionner pour des motifs personnels, explique la présidente du Conseil de gouvernance de l’Université, Dyane Adam. Les employés de l’organisation en ont été avisés lundi après-midi.

Dyane Adam assure que le départ d'André Roy n’a rien à voir avec le faible nombre de demandes d’admission qu’a reçues l’établissement pour sa première rentrée, en septembre 2021.

Selon Mme Adam, 47 demandes d’admission ont été soumises jusqu’à maintenant à l’Université de l’Ontario français (UOF), dont le campus sera situé au centre-ville de Toronto.

Toutefois, l’objectif, énoncé à plusieurs reprises par le recteur démissionnaire André Roy, était de 200 étudiants pour la première cohorte.

Partir cette université-là, c’est un défi de taille et en situation de pandémie, c’est encore plus grand.

Une citation de :Dyane Adam, présidente du Conseil de gouvernance de l'Université

Dans le contexte actuel, la présidente du Conseil de gouvernance de l’Université de l’Ontario français dit trouver remarquable qu’on ait près d’une cinquantaine de demandes.

Une affiche dans la fenêtre d'un immeuble à une intersection annonce l'ouverture de l'Université.

La construction se poursuit pour la rentrée en septembre dans l'immeuble de l'UOF au centre-ville de Toronto.

Photo : Radio-Canada

Le directeur général du Regroupement étudiant franco-ontarien (RÉFO), François Hastir, pense aussi que les conditions de démarrage de l'établissement ont été « assez particulières ». La province, ajoute-t-il, a mis du temps à approuver les programmes que l'Université pouvait offrir et, tant que ces « programmes n'étaient pas acceptés », la campagne de recrutement ne pouvait pas débuter.

« C'est sûr qu'il faut prendre ça en compte », précise-t-il.

De Montréal à Toronto

André Roy n'a pas répondu à nos appels concernant une demande d’entrevue, lundi après-midi.

Avant son entrée en fonction à l’été 2020, il a été pendant six ans doyen de la Faculté des arts et des sciences de l’Université Concordia, à Montréal.

Un homme avec des lunettes dans un corridor.

André Roy a aussi occupé le poste de doyen de la Faculté de l’environnement de l’Université de Waterloo, en Ontario, de 2011 à 2014.

Photo : Marc Bourcier, Université Concordia

Le Regroupement étudiant franco-ontarien espère que le prochain recteur de l'UOF aura une bonne connaissance de la communauté francophone de l'Ontario ou, du moins, d'une communauté minoritaire au pays. « Quelqu'un qui aurait travaillé dans ces milieux, ce serait bien », ajoute le directeur général du RÉFO, François Hastir.

La création d’une université de langue française à Toronto est d'ailleurs une demande de longue date des Franco-Ontariens. D'abord approuvé par le gouvernement libéral de Kathleen Wynne en 2017, le projet avait failli passer à la trappe quand Doug Ford est devenu premier ministre. À l'automne 2018, le gouvernement ontarien annonçait qu'il mettait fin au financement de l'UOF, au nom d'un meilleur contrôle des dépenses publiques.

Après une importante mobilisation populaire, Doug Ford avait finalement accepté de remettre de l’argent dans le projet, en collaboration avec le gouvernement fédéral.

Photo de deux adolescentes qui tiennent une affiche qui dit «Francofort» devant un groupe d'élèves.

Des étudiantes demandent à Doug Ford de rétablir le projet d'Université de l'Ontario français.

Photo : Radio-Canada / Camille Feireisen

L'Université de l'Ontario français doit recevoir 126 millions de dollars sur 8 ans des deux ordres de gouvernement.

Par écrit, le ministre des Collèges et Universités de l'Ontario, Ross Romano, n'a pas commenté directement la démission d'André Roy, rappelant que les universités [...] sont des organismes juridiquement autonomes qui sont responsables des questions scolaires et administratives.

Au bureau de la ministre fédérale des Langues officielles, Mélanie Joly, on dit avoir confiance que la province et l’Université de l’Ontario français mèneront ce projet à terme afin d’offrir ces services importants aux Ontariens et à la francophonie canadienne.

L'avenir de l'université n'est pas en jeu

Deux vice-recteurs, Denis Berthiaume et Édith Dumont, remplaceront par intérim André Roy à la tête de l'établissement.

Dyane Adam promet qu'un nouveau recteur sera nommé dans un délai raisonnable, avec la collaboration d'une firme d'experts en recrutement.

Elle ne pense pas que l'avenir de l'établissement soit en jeu : Une université, c'est comme un bateau. Ce n'est pas parce que le capitaine quitte le bateau que l'équipage n'est pas là. [...] On est une équipe. [...] On va continuer à aller de l'avant.

Avec la collaboration de Rozenn Nicolle, Katherine Brulotte et Benjamin Vachet

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