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Personnes noires : « Je vois une ouverture comme j’en ai rarement vu », dit Will Prosper

À l’occasion du Mois de l’histoire des Noirs, l'Office national du film rend son film Kenbe la : jusqu’à la victoire accessible sur son site web.

Le documentariste Will Prosper est devant un micro dans l'un des studios de radio de Radio-Canada.

Will Prosper est documentariste, militant des droits de la personne et organisateur communautaire.

Photo : Radio-Canada / Élise Madé

Radio-Canada

En 2019, le militant et documentariste Will Prosper a remporté le prix du public aux Rendez-vous international du documentaire de Montréal (RIDM) pour son film Kenbe la : jusqu’à la victoire. À l’occasion du Mois de l’histoire des Noirs, l'Office national du film (ONF) rend son film accessible sur son site web. Cet hommage réjouit le cinéaste.

Réalisé sur trois ans, ce documentaire relate l'histoire d’Alain Philoctète, un homme touché et porté par plusieurs combats, dont celui de changer ce qui se trame en Haïti. Parallèlement à cette quête, cet homme vit un combat bien personnel, celui contre le cancer. Kenbe la, qui signifie ne lâche pas en créole, prend ainsi tout son sens.

Je suis vraiment heureux que ce soit ce film-là [qui soit choisi par l’ONF], a affirmé le réalisateur à la chroniqueuse culturelle de Tout un matin, Eugénie Lépine-Blondeau.

Souvent, dit-il, ce sont des films “typiques” qui sont mis en valeur, ajoute Will Prosper. 

Selon lui, dans le contexte du Mois de l’histoire des Noirs, on voit généralement plus des œuvres qui dépeignent globalement le mouvement Black Lives Matter, par exemple, ou des films faisant le portrait d’une personne phénoménale, connue par tout le monde et des communautés noires, explique-t-il.

Cette fois, avec un accès grand public à l’œuvre Kenbe la : jusqu’à la victoire, les gens ont l’occasion d’aller à la rencontre d’un « quidam » en qui l’on peut reconnaître un peu tout le monde, croit Will Prosper.

On découvre une personne qui a une passion, qui a de l’amour, qui nous fait rêver. On a envie d’être à côté de lui. C’est un retour à ce que l’on est véritablement.

Une citation de :Will Prosper
Deux hommes sont sur une mobilette. L'un porte un casque avec une visière presque opaque.

« Kenbe la : jusqu'à la victoire » est le plus récent documentaire du réalisateur Will Prosper.

Photo : Vanessa Abadhir

Dans Kenbe la : jusqu’à la victoire, Alain retourne en Haïti après plus de 15 ans avec, en poche, l’idée de faire part à son peuple de ses connaissances acquises en permaculture pour qu'Haïti, où le coût de la vie est extrêmement élevé, devienne autosuffisant, et non dépendant de tous les produits alimentaires qui y sont expédiés.

Un mois qui doit rester, dit Will Prosper

L’artiste estime qu’il faut continuer à tenir des activités autour du Mois de l’histoire des Noirs, même s’il concède que la culture noire ou les enjeux raciaux devraient être des thèmes à l’ordre du jour quotidien des discussions sociétales.

Will Prosper croit que le mois de février doit continuer à faire une place aux actions d’éducation et de sensibilisation qui font connaître et comprendre les réalités et l’histoire des personnes noires au Québec.

J’ai l’impression que cette année, on a beaucoup parlé des enjeux du racisme systémique. Avec George Floyd, mais aussi avec Joyce Echaquan. Je pense qu’il y a des gens qui se bloquent, qui se mettent des œillères et qui ne veulent plus rien entendre. Comme s’il y avait eu un trop-plein. Donc ils ne veulent plus avoir cette conversation-là, se désole celui qu’on connaît également comme militant pour les droits civiques et antiracistes au Québec.

Mais, je vais avouer que je sens qu’il y a un élan, une écoute, une ouverture, comme j’en ai rarement vu au Québec, et ça, ça me réjouit.

Une citation de :Will Prosper

Ce dernier souligne également que cette mouvance de la dernière année a encouragé plusieurs jeunes à prendre la parole, mais aussi à prendre de plus en plus leur place, dit-il.

« Ils sont en train de changer cette conversation, de réajuster le tir, de faire en sorte qu’on soit dans une société plus juste. »

Avec les informations d'Eugénie Lépine-Blondeau

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