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Livraisons de vaccins : Ottawa n'a que des promesses verbales de l'UE

Des doses de vaccin emballées et posées sur une table au centre de santé Colchester East Hants.

Pour l'instant, les seuls vaccins approuvés par Santé Canada sont ceux de Pfizer-BioNTech et de Moderna, qui proviennent tous deux d'Europe.

Photo : David Sorcher / Gouvernement de la Nouvelle-Écosse

La Presse canadienne

Ottawa étudie ses options pour riposter si l'Europe rompt sa promesse de ne pas interrompre les exportations de vaccins au Canada, bien que cette promesse semble tenir, du moins pour le moment.

La ministre de l'Approvisionnement, Anita Anand, a déclaré lundi à la Chambre des communes qu'un nouvel envoi du vaccin Pfizer-BioNTech était en route. Il s'agit de la première livraison de cette entreprise en plus d'une semaine, en raison d'un ralentissement de la production pour agrandir une usine à Puurs, en Belgique.

Le Canada ne recevra qu'environ 20 % des expéditions prévues cette semaine et la semaine prochaine, mais la ministre Anand a déclaré lundi que les entreprises promettaient toujours de livrer 4 millions de doses au Canada d'ici la fin de mars et les 40 millions de doses commandées d'ici l'automne prochain.

Le Canada attend cette semaine environ 79 000 doses du vaccin Pfizer et 180 000 autres doses de Moderna. L'expédition de Moderna représente environ 50 000 doses de moins que ce qui avait été prévu, en raison de retards de production dans son usine partenaire en Suisse. Moderna promet également d'expédier 40 millions de doses d'ici l'automne, dont 2 millions d'ici la fin de mars.

Mais avec les retards de ces deux entreprises ainsi que les problèmes de production qui retardent les livraisons d'un troisième vaccin, celui d'AstraZeneca, l'Europe a mis en oeuvre une politique de « contrôle des exportations » sur tous les vaccins contre la COVID-19 fabriqués dans les États membres de l'Union. Ce changement signifie que les entreprises doivent obtenir l'autorisation de la Commission européenne avant d'exporter des vaccins.

Le Canada ne fait pas partie de la liste des 120 pays et plus qui sont exemptés de cette politique, et les députés conservateurs ont demandé au gouvernement d'expliquer ce qu'il avait fait pour mettre par écrit les promesses des responsables européens.

Le commerce se fait par des règles et non par la diplomatie, a déclaré lundi le député albertain Randy Hoback au Comité permanent du commerce international des Communes. Selon lui, la directive de l'Europe ressemble à un coup de poing dans l'estomac.

Le député bloquiste Alain Therrien a soutenu en Chambre que la stratégie de vaccination du Canada était un désastre.

Promesses au téléphone

La ministre Mary Ng est debout à la Chambre des communes. On voit derrière elle son collègue Marc Miller.

La ministre du Commerce international, Mary Ng

Photo : Reuters / Blair Gable

La ministre du Commerce international, Mary Ng, a admis devant le comité des Communes que de nombreuses promesses avaient été faites au Canada, mais que toutes étaient verbales, par téléphone, et qu'il n'y avait rien par écrit.

Elle a toutefois déclaré que de telles promesses émanant de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et des ministres du Commerce et de la Santé de la commission ne devraient pas être sous-estimées. La ministre Ng a soutenu que le gouvernement frappait à toutes les portes pour continuer à rappeler à l'Europe l'importance du Canada. Il n'y a pas de priorité plus urgente, a-t-elle déclaré.

Cela dit, Ottawa se prépare à l'autre scénario. Steve Verheul, sous-ministre adjoint de la politique commerciale et des négociations au sein d'Affaires mondiales Canada, a déclaré au comité des Communes, lundi, que le premier objectif d'Ottawa était de veiller à ce que l'Europe respecte sa promesse. Mais si cela devait changer, le ministère procéderait à une analyse complète de ses options pour réagir – sans préciser lesquelles.

Il a toutefois rappelé que, d'un strict point de vue juridique, l'Europe représente une base solide, puisque les contrôles à l'exportation sont temporaires, qu'ils sont liés à un produit essentiel et imposés à la suite d'une pénurie.

Il faut dire aussi que l'Europe a investi l’équivalent de plus de 4 milliards de dollars canadiens pour aider à développer des vaccins et les produire à grande échelle. Le plus important bloc commercial du monde s'est engagé à approvisionner les autres pays, mais il veillera également à ce que l'Europe obtienne ce qui lui est dû.

Tous les vaccins actuellement administrés au Canada proviennent de Pfizer-BioNTech et de Moderna, et sont actuellement fabriqués en Europe. Trois autres vaccins pourraient être approuvés dans les semaines à venir, mais Santé Canada n'a pas précisé le lieu de leur fabrication.

Le ralentissement de la livraison a mis un terme aux efforts de vaccination précoce du Canada, avec seulement 5000 nouvelles vaccinations comptabilisées dimanche. À la mi-janvier, les provinces et les territoires administraient près de 50 000 doses par jour.

Environ 960 000 Canadiens ont reçu au moins une dose de vaccin, mais tous les vaccins approuvés jusqu'ici nécessitent deux doses pour offrir une protection complète. Environ 116 000 personnes ont reçu les deux doses, principalement des résidents de foyers de soins de longue durée et des soignants.

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