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Prévention du suicide : augmentation des appels à l’aide en 2020 en Abitibi-Témiscamingue

Des écouteurs dotés d'un micro posés sur une table, près d'un téléphone.

Les appels à l'aide ont augmenté en Abitibi-Témiscamingue en 2020. (archives)

Photo : iStock

Tanya Neveu

Le nombre d’appels logés à ligne d’aide 1-866-APPELLE a considérablement augmenté en 2020 dans la région. Une bonne nouvelle pour l’organisme Besoin d’aide 24/7, puisque ces chiffres démontrent que les gens osent parler de leurs préoccupations, de leur détresse.

L’Abitibi-Témiscamingue conserve toutefois le troisième rang dans le palmarès des régions au Québec où le taux de suicide est le plus élevé.

La ligne d’intervention téléphonique 1-866-APPELLE a pour but premier de prévenir le suicide. Depuis le début de la pandémie, les appels ont bondi de 10 à 25 %, selon les périodes de confinement.

Les appels étaient toutefois principalement liés à l’anxiété. Toute la période du printemps a été extrêmement marquée par la désorganisation psychosociale. Cette tangente-là est toujours présente, mais là, c’est vraiment l’aspect je n’en peux plus et je me sens pris dans une sphère où même si je n’en peux plus, je n’ai pas le choix. Et là, le vase est trop plein. On a besoin de communiquer, on a besoin d’en parler , observe la directrice générale de Besoin d’aide 24/7, Marianne Chouinard.

La hausse des appels démontre que les gens sont plus à l’aise à demander de l’aide, ce qui encourage l’organisme Besoin d’aide 24/7.

[La pandémie], ça a amené l’individu à vouloir avoir des réponses, à vouloir chercher de l’aide, à vouloir mieux comprendre, tout ça, c’est une très bonne chose , ajoute Marianne Chouinard.

Baisse des décès par suicide au Québec

L’Association québécoise de prévention du suicide dévoilait lundi les plus récentes données sur le suicide, soit celles de 2018.

Le taux de mortalité par suicide a légèrement diminué en 2018, alors que la province enregistrait 1054 suicides, 4 de moins qu’en 2017. Le nombre de suicides demeure trois fois plus élevé chez les hommes que chez les femmes.

Cette tendance à la baisse ne veut pas dire que la bataille est gagnée, comme le rapporte Jérôme Gaudreault, le directeur général de l’AQPS.

Il y a encore trois décès par suicide par jour. Pour nous, chaque décès par suicide est un suicide de trop. Il ne faudrait pas se contenter ou se satisfaire du fait que le nombre de décès ne change pas d’une année à l’autre. C’est quand même trois décès par jour, trois personnes que notre société perd, c’est trois deuils qui sont vécus par des familles , déplore Jérôme Gaudreault.

Où trouver de l’aide?

Le nombre d’hospitalisations pour tentative de suicide a toutefois augmenté dans les 10 dernières années, particulièrement chez les adolescentes âgées entre 15 et 19 ans, où elles ont doublé.

La perception de la population sur la santé mentale a beaucoup évolué. C’est moins tabou. On hésite moins à faire appel aux ressources, donc tout ça pourrait expliquer l’augmentation des hospitalisations , explique le directeur général de l’AQPS.

L’Abitibi-Témiscamingue figure parmi les régions où le taux de suicide par 100 000 habitants est le plus élevé. En 2018, on dénombre 31,5 décès par suicide par 100 000 habitants, alors que la moyenne provinciale est de 12,6 suicides par 100 000 habitants.

En revanche, la région est celle où l’on dénombre le plus grand nombre de ressources d’aide au Québec, alors qu’on note la présence de sept centres de prévention du suicide sur le territoire de l’Abitibi-Témiscamingue.

Pandémie et suicide

Les données en lien avec le taux de mortalité par suicide n’ont pas été dévoilées pour 2020.

Les observations des 85 coroners au Québec ne laissent pas présager une hausse des suicides en 2020. Toutefois, 75 % des investigations des coroners sont encore en cours.

Jusqu’au 6 février, la Semaine de la prévention du suicide est soulignée partout au Québec.

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