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Une rencontre « productive » entre Biden et 10 républicains, mais pas d'entente

Joe Biden et Kamala Harris, à la Maison-Blanche, font face à Mitt Romney, Susan Collins et Lisa Murkowski, tous assis.

Joe Biden et Kamala Harris ont invité à la Maison-Blanche 10 sénateurs républicains, dont Mitt Romney, Susan Collins et Lisa Murkowski.

Photo : Associated Press / Evan Vucci

Si, à l'issue de leur rencontre, lundi soir, le président américain et 10 sénateurs républicains ont parlé d'échanges « constructifs », le fossé reste très grand entre le plan de relance mis de l'avant par Joe Biden et la contre-proposition républicaine, trois fois plus modeste.

Le ton des républicains semblait optimiste après leur première réunion de deux heures avec le nouveau président, qui a été deux fois plus longue que prévu.

S'il a vanté la teneur des discussions, le communiqué de la Maison-Blanche publié en soirée insistait cependant sur l'ampleur des efforts à déployer pour sortir le pays de sa pire crise économique depuis les années 30.

Le président a réitéré qu'il ne ralentira pas le travail pour répondre à cette crise urgente et qu'il ne se contentera pas d'un plan qui ne relève pas les défis du moment, a affirmé la Maison-Blanche, notant que le plan proposé par les 10 sénateurs républicains n'abordait pas certains éléments.

La rencontre a réuni en personne le président, la vice-présidente – deux anciens sénateurs – ainsi que neuf sénateurs républicains, dont Susan Collins, Mitt Romney et Lisa Murkowski, et un 10e élu au téléphone. Joe Biden les a invités à la Maison-Blanche après qu'ils eurent fait une contre-proposition à son ambitieux plan de sauvetage de 1900 milliards de dollars pour s'attaquer aux effets économiques de la pandémie.

Bien qu'il y ait eu des points d'accord, le président a [...] réitéré son point de vue selon lequel le Congrès doit réagir avec audace et urgence.

Une citation de :Communiqué de la Maison-Blanche

Disant avoir bon espoir de voir adopté de façon partisane le plan de relance avancé par le président, la Maison-Blanche a toutefois ajouté qu'il pourrait être adopté par les démocrates du Congrès.

La Maison-Blanche a toutefois salué une discussion substantielle et productive, disant espérer que les échanges se poursuivraient dans le but de trouver des terrains d'entente et de renforcer le plan de sauvetage.

L'instigatrice de la contre-offre républicaine, la sénatrice Susan Collins, a elle aussi qualifié la réunion de productive, se réjouissant d'un échange d'opinions très bon et cordial.

Je ne dirais pas que nous nous sommes mis d'accord sur un plan ce soir – personne ne s'attendait à cela dans une réunion de deux heures, a reconnu la sénatrice du Maine. Mais nous avons convenu d'assurer un suivi et de poursuivre les discussions [...] sur la manière dont nous pouvons continuer à travailler ensemble sur cette question très importante.

Le sénateur de l'Utah Mitt Romney, cité par le Salt Lake City Tribune, a pour sa part affirmé que le président Biden avait affiché un intérêt réel à collaborer avec les républicains pour combler l'écart entre les mesures d'aide que les deux parties avançaient.

Il y a des différences dans presque tous les domaines, a-t-il relevé. Nous allons continuer à avoir de grandes différences. Mais nous pouvons travailler ensemble et comprendre nos points de vue respectifs.

Dans la lettre envoyée ce week-end au président, les 10 républicains invoquaient les appels à l'unité du président démocrate et disaient vouloir travailler de bonne foi avec [son] administration pour relever les défis sanitaires, économiques et sociaux de la crise de la COVID.

Leur plan, arguaient-ils, réussirait à recueillir un soutien bipartisan.

La rencontre avec le groupe de sénateurs républicains était la première à se tenir en personne avec des élus, tous partis confondus.

Un plan bipartisan ou ambitieux?

Peu avant la rencontre, la Maison-Blanche avait modéré les attentes.

Ce que cette réunion n'est pas, c'est un forum permettant au président de faire ou d'accepter une offre, a déclaré la porte-parole de la Maison-Blanche, Jen Psaki, au cours de son point de presse quotidien, quelques heures avant la réunion. Elle a d'ailleurs insisté sur la détermination du président à voir la mise en œuvre de son plan.

Le risque n'est pas qu'il soit trop grand, ce plan. Le risque est qu'il soit trop petit, a-t-elle déclaré aux reporters.

La rencontre est survenue alors que les démocrates se préparent à faire adopter la proposition du président au Congrès, grâce à un processus dit de réconciliation budgétaire, qui permettrait au plan d'être adopté sans que 60 élus sénateurs appuient la tenue d'un vote et donc, sans que le président ait à le diluer.

Nous espérons que les républicains travailleront de manière bipartisane pour soutenir l'aide à leurs communautés, mais le peuple américain ne peut plus se permettre davantage de retards, et le Congrès doit agir pour éviter de nouvelles souffrances inutiles, ont déclaré la présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, et le leader de la majorité démocrate au Sénat, Chuck Schumer dans une déclaration commune.

En après-midi, Joe Biden, sur son compte Twitter, a lui-même appelé les élus du Congrès à adopter immédiatement [son] plan de sauvetage américain, qui apportera une aide directe, prolongera l'assurance-emploi, aidera les gens à mettre de la nourriture sur la table et à garder un toit au-dessus de leur tête, et plus encore.

Les Américains qui travaillent dur ont besoin d'aide, et ils en ont besoin maintenant, a-t-il martelé.

La situation représente un défi pour Joe Biden, qui a appelé à l'unité, mais également fait de la lutte contre la pandémie un élément central de son programme électoral.

Les sondages montrent cependant que les Américains, toutes allégeances confondues, appuient de façon massive plusieurs éléments de son plan. Un sondage Yahoo News/YouGov indique par exemple que les trois quarts d'entre eux soutiennent les allocutions de 2000 $ qu'il propose pour les aider à traverser les difficultés économiques liées à pandémie.

Un fossé important

Joe Biden, à la Maison-Blanche, brandissant le document sur sa stratégie de lutte contre la COVID-19, avec Kamala Harris en arrière de lui

Le président Joe Biden a présenté les idées directrices de son plan sur la COVID-19.

Photo : Reuters / JONATHAN ERNST

Le plan proposé par Joe Biden se heurte à la résistance des républicains, farouchement opposés à un montant qui creuserait davantage la dette et le déficit budgétaire des États-Unis.

Celui présenté par les 10 élus républicains de centre droit, jugé insuffisant par les démocrates, se chiffre à 618 milliards de dollars.

Le fossé entre les deux est immense.

Les deux propositions présentent des points communs, comme l'allocation d'une somme de 160 milliards de dollars pour la distribution et le développement de vaccins, les tests de dépistage et d'autres mesures, parfois divergentes, pour combattre le coronavirus.

Mais elles s'opposent sensiblement sur plusieurs points.

Joe Biden voudrait que le gouvernement verse des chèques de 1400 $ aux Américains admissibles, qui s'ajouteraient aux 600 $ sur lesquels les deux parties se sont entendues en décembre.

La contre-proposition républicaine réduirait cette somme à un maximum de 1000 $ et abaisserait le seuil de revenu admissible.

Le plan de Joe Biden prévoit 170 milliards pour aider à la réouverture des écoles, comparativement à 20 milliards dans celui des républicains.

Celui-ci prolongerait jusqu'au 30 juin les prestations de chômage de 300 $ par semaine, qui doivent prendre fin en mars, tandis que celui de Joe Biden augmenterait ce montant hebdomadaire à 400 $ et le maintiendrait jusqu'en septembre.

Les républicains ont en outre laissé tomber, par exemple, la perspective d'une aide de 350 milliards aux États et aux gouvernements locaux pour faire face à la crise ainsi que l'idée de doubler le salaire minimum fédéral à 15 $.

L'an dernier, le Congrès a approuvé une série de projets de loi totalisant plus de 4000 milliards de dollars, dont un plan de relance de 900 milliards de dollars, en décembre dernier, pour faire face à la crise du coronavirus et à ses effets sur l'économie.

Avec les informations de New York Times, CNN, et Washington Post

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