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Gare du REM à Montréal-Trudeau : « on est dans une impasse »

Un avion sur le tarmac, en hiver.

L'aéroport Pierre-Elliott-Trudeau connaît une importante diminution de l'achalandage en raison de la pandémie de COVID-19.

Photo : Radio-Canada / Jean-Sébastien Cloutier

Radio-Canada

Aéroports de Montréal (ADM) estime ses pertes à 500 millions de dollars pour l’année 2020 et, avec la suspension des vols vers des destinations soleil populaires pour trois mois, 2021 ne s’annonce pas mieux. Un coup dur pour ses commerces, mais aussi pour la construction de nouvelles infrastructures, dont la station du Réseau express métropolitain (REM), qui pourrait être reportée.

Le projet d’une nouvelle aérogare a déjà été reporté. Si l’aéroport Pierre-Elliott-Trudeau connaît des pertes aussi importantes en 2021 qu’en 2020, il devra aussi faire une croix, à court terme, sur la construction d’une station du REM, dont les travaux sont évalués à 600 millions de dollars.

Je dirais qu’actuellement, on est dans une impasse, lance Anne-Sophie Hamel, directrice des relations médias d'Aéroports de Montréal. Je pense qu’impasse, c’est le bon mot.

Tous les projets qui sont jugés non essentiels pour le maintien de la sécurité et de l’intégrité de nos installations sont mis sur la glace actuellement, poursuit-elle.

Un bâtiment en mauvais état.

Des projets d'infrastructures doivent être mis sur la glace en raison des pertes financières causées par la pandémie de COVID-19 à l'aéroport Montréal-Trudeau.

Photo : Radio-Canada / Jean-Sébastien Cloutier

Ottawa a déjà annoncé qu’il aidera financièrement l’aéroport Montréal-Trudeau pour la station du REM, mais aucune confirmation d’un montant n’a été faite à ce jour.

Québec s'est retiré du projet en novembre. L’aéroport étant une entité fédérale, nous nous attendons à une participation de la part [d'Ottawa], répond par écrit le cabinet du ministre des Transports du Québec, François Bonnardel.

Nous souhaitons que le REM se rende à l’aéroport, ajoute-t-il. Nous croyons également que l’ADM pourrait faire des efforts supplémentaires afin d’optimiser les coûts du projet.

On a regardé différents scénarios, [mais] aucun de ceux qui n'impliquent pas le gouvernement du Québec ne fait que la station pourrait se faire, alors on espère que la décision va être reconsidérée.

Une citation de :Anne-Sophie Hamel, directrice des relations médias d'Aéroports de Montréal

Des milliers de pertes d’emploi

L’aéroport Pierre-Elliot-Trudeau est vide, probablement plus vide qu’il ne l’a jamais été. En janvier, seulement 5500 passagers, en moyenne, y ont transité chaque jour. Et ce nombre devrait encore diminuer étant donné les 12 départs hebdomadaires vers le Sud qui viennent d’être annulés en raison des nouvelles mesures d’Ottawa.

On est à peu près dans du 85 % à 90 %, 95 % même de perte de passagers, déclare Anne-Sophie Hamel.

Personne n'est assis aux tables du café Java U.

Un des rares endroits achalandés est la clinique de dépistage de la COVID-19 qui offre, pour 149 $, un résultat en 15 minutes. Elle se situe là où se trouvaient deux comptoirs de restauration, fermés pour de bon.

Actuellement, seulement le quart des commerces de l'aéroport demeurent ouverts, souvent à temps partiel.

Si l'aéroport a perdu 90 % de ses passagers, moi, j'ai perdu 90 % de mon chiffre d'affaires, déclare Lancelot Voute, qui gère 14 restaurants de l’aéroport. Seulement deux d’entre eux sont ouverts, et il a dû mettre à pied plus de 200 employés.

Ça a été émotionnellement très difficile parce qu'on était une grande famille, dit-il.

Les comptoirs d'enregistrement sont vides.

Selon les relations médias d'Aéroports de Montréal, l'achalandage aurait diminué d'environ 90 %.

Photo : Radio-Canada / Jean-Sébastien Cloutier

En temps normal, la communauté aéroportuaire, donc les gens qui travaillent à YUL dans l'aérogare, c'est environ 14 000 employés, explique Anne-Sophie Hamel. Actuellement, on est peut-être autour de 5000 employés.

Sur le tarmac, par exemple, l’aéroport enregistre actuellement une centaine de mouvements aériens par jour, alors qu'il y en avait au moins 500 en 2019.

Cela signifie que l'entreprise NewRest, qui fournit la nourriture et les boissons pour les avions d'Air Canada et de plusieurs compagnies internationales, a beaucoup moins de travail qu’avant.

Quelques avions sur le tarmac, en hiver.

La société Aéroports de Montréal enregistre actuellement une centaine de mouvements aériens par jour, alors qu'il y en avait au moins 500 en 2019.

Photo : Radio-Canada / Jean-Sébastien Cloutier

On produit dans cette usine en général entre 5500 et 6000 plateaux par jour, assure le directeur général de NewRest au Canada, Olivier Mauricette. Aujourd'hui, on est à 600 plateaux par jour. Imaginez l'impact sur le chiffre d'affaires.

Trois employés à l'oeuvre devant des plateaux-repas.

Il ne reste plus que quelques employés dans l'usine de NewRest d'Aéroports de Montréal.

Photo : Radio-Canada / Jean-Sébastien Cloutier

D'après le reportage de Jean-Sébastien Cloutier

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