•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

De meilleures pratiques forestières pour atténuer les catastrophes liées au climat

Le gouvernement doit s'inspirer de l’expertise des Autochtones, fait valoir une étude.

Un ruisseau et des arbres au coeur d'une forêt.

La stratégie doit comprendre des mesures pour protéger les forêts intactes et réformer des pratiques forestières, plaide l'auteur de l'étude, Peter Wood.

Photo : Central Westcoast Forest Society

Radio-Canada

De meilleures pratiques forestières atténueraient les effets dévastateurs de catastrophes naturelles liées aux changements climatiques en Colombie-Britannique, soutient une étude indépendante commandée par l’organisation écologique Sierra Club BC.

L'exploitation forestière industrielle a d'importantes conséquences sur la gravité et la fréquence des risques climatiques dans la province, notamment les inondations et les feux de forêt, explique le chercheur et auteur de l’étude Peter Wood.

Une forêt coupée à blanc, pratique dominante dans la province, est immédiatement plus vulnérable aux feux de forêt, puisque la moitié du bois coupé est laissée pour compte, sèche et devient inflammable, dit M. Wood.

La structure des racines des forêts intactes rend le sol moins susceptible de glisser en cas de fortes pluies. Les pluies devraient s'intensifier au fil des ans avec le changement climatique , ajoute-t-il.

Une forêt remplie de fumée d'incendie.

Feux de forêt, inondations, sécheresse, autant de phénomènes naturels destructeurs qui sont aggravés par les pratiques de foresterie en Colombie-Britannique, selon l'étude.

Photo : Radio-Canada / Ben Nelms

Aucune mention du risque que présente la foresterie

Par ailleurs, la Colombie-Britannique a élaboré sa stratégie de prévention et d’adaptation au climat. La province note que la majorité des 15 phénomènes destructeurs définis lors de l'évaluation des risques causés par les bouleversements climatiques sont influencés par l'exploitation forestière.

Or, le rapport du gouvernement n’a pas pris en compte les façons dont l’exploitation forestière aggrave les risques climatiques, s’étonne M. Wood : Ce qui est surprenant, c'est que, dans un rapport de plus de 400 pages, il n'y a absolument aucune mention du rôle que l'industrie joue dans les effets de ces risques climatiques.

Expertise autochtone recherchée

Cette stratégie doit tenir compte de l’expertise des peuples autochtones, selon l’étude.

M. Wood cite en exemple la pratique de gestion de feux contrôlés. Dans les régions intérieures de la Colombie-Britannique, certaines forêts très sèches ont l'habitude de recevoir des feux de faible intensité.

La culture autochtone, maîtrisée pendant des milliers d'années, vise à allumer intentionnellement de petits incendies à une période de l'année où ils ne deviendront pas incontrôlables, dit-il. Cela crée un espace pour le pâturage riche en herbe des animaux, comme les chevreuils.

Un cerf de Virginie en bordure d'une forêt.

Les feux contrôlés « créent de l'espace pour le pâturage des animaux, comme les chevreuils », explique M. Wood.

Photo : iStock / bgsmith

La crise climatique a des répercussions particulièrement dévastatrices pour les personnes vulnérables et marginalisées, notamment les Premières Nations, écrit le grand chef Stewart Phillip, président de l’Union des chefs autochtones de la Colombie-Britannique dans un communiqué.

Les Autochtones ont intérêt à protéger et à gérer les terres avec lesquelles ils ont entretenu des liens spirituels et culturels depuis des temps immémoriaux , précise M. Stewart.

De nombreuses communautés dépendent de la foresterie pour leur subsistance et doivent être en mesure d'aider à guider la transition de la Colombie-Britannique vers des pratiques plus durables et fondées sur la conservation, note-t-il par ailleurs.

Des troncs d'arbres brûlés empilés le long d'une route.

Des décisions liées à la gestion des forêts peuvent contrer les inondations, les sécheresses et les incendies, note le rapport.

Photo : Radio-Canada / Gilles Munger

Changement de paradigme

L'étude montre une grande préoccupation des conséquences du changement climatique sur l'industrie forestière, explique M. Wood. Il y a dans le rapport une réflexion sur la question de savoir si le changement climatique rendra l'industrie moins rentable.

Nous avons besoin d'un changement de paradigme. Nous devons changer notre façon de voir les choses.

Une citation de :Peter Wood, chercheur et auteur de l'étude

M. Wood se dit « impatient » d'engager un dialogue avec la province. Nous espérons qu’il reste encore de la place pour nos conclusions.

Notre gouvernement apprécie le travail que le Dr Peter Wood et le Sierra Club BC ont accompli et nous tiendrons compte des conclusions et des recommandations, assure de son côté le ministère des Forêts dans un communiqué, précisant que la gestion durable des forêts et du bois est une priorité pour les Britanno-Colombiens et notre gouvernement.

Nous travaillons avec les Premières Nations, l’industrie, les syndicats et les communautés pour faire en sorte que les pratiques et la gestion du secteur forestier de la Colombie-Britannique continuent d’évoluer et reflètent les valeurs des Britanno-Colombiens aujourd’hui et à l’avenir.

Ailleurs sur le web : 

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !