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La justice russe réclame une incarcération durable pour Alexeï Navalny

L'opposant russe Alexeï Navalny durant un discours.

L'opposant russe Alexeï Navalny, le 29 septembre 2019

Photo : Associated Press / Dmitri Lovetsky

Agence France-Presse

La justice russe s'est dite favorable lundi à l'emprisonnement d'Alexeï Navalny, à la veille d'une audience au terme de laquelle l'opposant risque de deux à trois ans de détention et au lendemain de la répression de manifestations en sa faveur.

Dans un communiqué, le gouvernement russe a jugé légale et justifiée la demande des services pénitentiaires russes (FSIN) voulant révoquer le sursis du principal détracteur du Kremlin pour violation de son contrôle judiciaire dans le cadre d'une affaire remontant à 2014.

Cette déclaration témoigne de la détermination des autorités, malgré les manifestations organisées dimanche pour le second week-end d'affilée dans plus d'une centaine de villes de Russie pour réclamer sa libération.

Selon l'ONG OVD-Info, spécialisée dans le suivi des manifestations, 5414 manifestants ont été arrêtés dans le pays, un record dans l'histoire récente de la Russie, d'après cette même source.

Parmi ceux-ci, plus de 1800 ont été interpellés à Moscou, où les manifestants et les policiers ont joué toute la journée au chat et à la souris dans la ville, dont la majeure partie du centre avait été bouclée, métro compris.

Plus de 1200 arrestations ont également été recensées dans la deuxième ville du pays, Saint-Pétersbourg.

On fait face à une accélération des répressions politiques.

Une citation de :Léonid Drabkine, coordinateur d'OVD-Info
Des policiers antiémeute repoussent une foule.

L'arrestation de représentants des médias et de milliers d'opposants politiques de Vladimir Poutine par la police russe a soulevé l'indignation le 23 janvier.

Photo : Reuters / Maxim Shemetov

Le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov a pour sa part jugé la réponse policière justifiée et dénoncé la participation d'un assez grand nombre de voyous et de provocateurs plus ou moins agressifs à l'égard de la police.

Militant anticorruption et ennemi juré du pouvoir, Alexeï Navalny a été emprisonné à son retour en Russie le 17 janvier, après une convalescence de plusieurs mois en Allemagne pour un empoisonnement dont il accuse le président Vladimir Poutine.

Motif de l'arrestation : la violation, selon les autorités, des conditions d'une peine de prison de trois ans et demi avec sursis prononcée en 2014, qui pourrait être transformée en sentence ferme.

Comparution mardi

M. Navalny doit comparaître mardi et risque environ deux ans et demi de détention, l'opposant ayant déjà effectué, assigné à résidence, une partie de la peine. Ses partisans ont appelé à se rassembler devant le tribunal.

L'opposant de 44 ans est la cible de multiples procédures judiciaires. Vendredi, il doit comparaître pour diffamation envers un ancien combattant. Il est aussi mis en cause dans une enquête pour escroquerie, crime passible de dix ans de prison.

Parallèlement, plusieurs de ses alliés et collaborateurs ont été assignés à résidence, incarcérés ou poursuivis en justice ces dernières semaines.

Certains risquent la prison pour avoir violé les normes sanitaires anticoronavirus en organisant des manifestation; d'autres sont accusés d'avoir incité des mineurs à participer à ces rassemblements non autorisés.

La femme de l'opposant, Ioulia Navalnaïa, a quant à elle été condamnée lundi à une amende de 20 000 roubles (335 $ CA) pour participation à la manifestation de dimanche à Moscou, au cours de laquelle elle a été interpellée.

Dans la capitale, les manifestants devaient d'abord se retrouver devant le siège des services spéciaux (FSB), mais les autorités avaient bouclé le centre-ville, forçant des milliers de protestataires à se rassembler plus au nord pour tenter de rejoindre en ordre dispersé la prison où M. Navalny est détenu.

La police a répliqué en interpellant les gens à tour de bras et en usant de la force sans ménagement.

Les condamnations internationales étaient unanimes à l'issue de cette répression. Le secrétaire d'État américain, Antony Blinken, a regretté des tactiques brutales, et le chef de la diplomatie de l'UE, Josep Borrell, a déploré les interpellations massives.

Le secrétaire d'État français aux Affaires européennes, Clément Beaune, a quant à lui laissé entendre que de nouvelles sanctions de l'UE contre Moscou pourraient être sur la table, estimant que l'Allemagne devait se décider à abandonner le projet de gazoduc Nord Stream 2 la reliant à la Russie.

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