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Une infirmière prépare une dose du vaccin de Pfizer contre la COVID-19.

Certains pays tardent à commencer leur campagne de vaccination contre le coronavirus, et ce, pour de multiples raisons.

Photo : Associated Press / Francisco Seco

Agence France-Presse

Pauvreté, manque d'organisation, dépendance à l'OMS ou encore extrême prudence : plus de 100 pays n'ont toujours pas commencé à vacciner leur population contre le coronavirus. Voici cinq cas emblématiques pour expliquer cette situation.

Le Japon

Relativement épargné par la pandémie avec moins de 6000 décès pour 126 millions d'habitants, le Japon a conclu avec les laboratoires Pfizer, Moderna et AstraZeneca des accords de livraison qui devraient théoriquement couvrir l'ensemble de sa population.

Or, malgré l'enjeu national que représente l'organisation en juillet des Jeux olympiques, déjà reportés d'un an en raison de la pandémie, le pays a choisi de se donner du temps avant de lancer sa campagne vaccinale. Les médias évoquent un coup d'envoi en mai, soit plus de cinq mois après la plupart des autres pays développés. Aucun des vaccins n'a encore obtenu le feu vert des autorités, qui souhaitent les soumettre à des examens cliniques renforcés.

C'est que le peuple du Japon compte parmi les plus vaccinosceptiques du monde et le gouvernement souhaite se prémunir contre d'éventuels recours collectifs en justice. Ceux-ci se sont multipliés depuis les années 1970, conduisant au retrait de nombreux vaccins. Les autorités peuvent être tenues responsables de tout effet secondaire.

Pour tenter de donner l'exemple, le premier ministre du pays, Yoshihide Suga, a annoncé qu'il serait parmi les premiers à se faire vacciner. La vaccination sera ensuite proposée en priorité à quelque 10 000 employés du système de santé, puis aux 50 millions d'habitants âgés de plus de 65 ans.

À Tripoli, des manifestants courent pour éviter les gaz lacrymogènes lancés par les forces de l'ordre.

Au Liban, des manifestations s'organisent pour protester contre le reconfinement strict imposé à la population.

Photo : Associated Press / Hussein Malla

Le Liban

Secoué par une grave crise sociale et économique qui donne lieu à des heurts réguliers entre manifestants et forces de l'ordre, le Liban doit principalement s'en remettre au système COVAX de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) pour obtenir des doses de vaccin, comme 92 autres pays défavorisés. Il dépend également d'un financement de la Banque mondiale.

Les premiers vaccins, fournis par la pharmaceutique Pfizer, sont attendus d'ici la mi-février dans ce pays durement affecté par la pandémie et dont les six millions d'habitants sont soumis à un reconfinement très strict.

Lancées fin janvier, les préinscriptions pour la vaccination ont recueilli plus de 100 000 demandes en moins de 24 heures. Le personnel médical et les gens âgés de plus de 75 ans seront prioritaires.

Le ministère de la Santé a assuré vouloir vacciner 80 % de la population d'ici la fin de l'année, un objectif toutefois jugé peu réaliste par l'organisation humanitaire Human Rights Watch et des responsables médicaux.

Qu'est-ce que le système COVAX?

Chapeauté par l'OMS, l'Union européenne et la France, le programme COVAX vise à rendre le vaccin contre la COVID-19 accessible dans les régions du monde qui n'ont pas les ressources nécessaires pour l'acheter et le distribuer de façon autonome.

COVAX se veut donc, selon l'OMS, une plateforme qui soutient la recherche, le développement et la fabrication de multiples vaccins pour combattre la COVID-19 et pour négocier leur prix. Le programme vise la distribution de deux milliards de doses d'ici la fin de l'année 2021.

L'Afrique du Sud

Pays africain le plus touché par le virus avec plus de 44 000 décès officiellement recensés, l'Afrique du Sud voit elle aussi, comme la majeure partie du continent, ses approvisionnements en vaccins dépendre en partie du système COVAX de l'OMS ainsi que de l'Union africaine.

Le pays a toutefois directement commandé 1,5 million de doses de vaccin AstraZeneca produites en Inde, avec lesquelles il espère lancer sa campagne de vaccination mi-février.

Critiquées pour leur lenteur à réagir, les autorités ont finalement annoncé fin janvier avoir réservé 20 millions de doses de vaccin Pfizer, doublant le nombre total de doses commandées, à 40 millions.

Le pays de près de 60 millions d'habitants veut vacciner les deux tiers de la population d'ici la fin de l'année, un objectif jugé irréalisable par les représentants des médecins.

À Bogota, en Colombie, un manifestant tient une pancarte sur laquelle on peut lire, en espagnol, « Nous mangeons également ».

Les habitants de la ville de Bogota, en Colombie, sont soumis à de nouvelles restrictions pour contrer la propagation du virus, alors que leur gouvernement tarde à commencer la campagne de vaccination.

Photo : Associated Press / Fernando Vergara

La Colombie

Au troisième rang des pays les plus endeuillés d'Amérique latine après le Brésil et le Mexique, avec 53 000 morts, la Colombie ne commencera pas sa campagne de vaccination avant le 20 février.

L'opposition et les instances médicales ont vivement dénoncé le retard et le manque de transparence de la campagne de vaccination de ce pays de 50 millions d'habitants, qui figure parmi les zones rouges du continent.

Le président, Ivan Duque, a assuré fin janvier qu'un million de personnes seraient vaccinées d'ici fin mars. Plus de 60 millions de doses ont été commandées à ce jour auprès des grands laboratoires et par l'intermédiaire du système COVAX, selon Bogota.

La Bosnie

État non membre de l'Union européenne, la Bosnie compte parmi les rares pays européens à n'avoir pas encore commencé sa campagne de vaccination, malgré un des taux de mortalité les plus élevés du monde avec 4650 décès pour 3,5 millions d'habitants.

Vivement critiqué, le président en exercice de la présidence tripartite bosnienne, Milorad Dodik, a estimé que les autres dirigeants et lui avaient littéralement été trompés par cette histoire d'approvisionnement par le système COVAX, auprès duquel le pays a commandé 1,2 million de doses, désormais attendues seulement au printemps.

L'entité serbe de Bosnie, la Republika Srpska, espère pouvoir ouvrir le bal de la vaccination dans les prochains jours avec quelque 100 000 doses du vaccin Spoutnik V qu'elle a commandées directement à la Russie.

Le gouvernement fédéral, qui attend également 900 000 doses par l'intermédiaire du système d'approvisionnement de l'UE, a dit qu'il cherchait à commander directement des doses supplémentaires auprès de la Chine, de la Russie et du laboratoire Pfizer.

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