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Les nouvelles règles frontalières du N.-B. vont trop loin, selon certains travailleurs

Une porte fermée sur laquelle on peut lire : self isolating.

Les travailleurs-navetteurs doivent maintenant s'isoler seuls ou avec leur famille.

Photo : Shane Ross/CBC

Radio-Canada

Le Nouveau-Brunswick a encore une fois resserré ses frontières. Depuis dimanche, les travailleurs essentiels doivent subir un test de dépistage de la COVID-19 chaque semaine et les travailleurs-navetteurs doivent s’isoler de leur famille durant 14 jours.

Christian Goguen vit à Moncton avec sa femme Karine Boudreau et leurs trois enfants, mais travaille de façon intermittente en Saskatchewan comme ingénieur civil. La famille envisage carrément de déménager dans les Prairies, maintenant que la possibilité de se réunir se corse.

C’est difficile, on ne se sent pas écoutés, dit Karine Boudreau. Ils ne nous donnent aucune statistique sur qui est infecté.

Avant les changements annoncés vendredi, les travailleurs-navetteurs pouvaient sortir de leur période d’isolement plus tôt en présentant un résultat de test de dépistage négatif. Depuis dimanche, ils doivent s’isoler complètement de leur famille ou avec celle-ci.

Nous ne pouvons pas retirer nos enfants de l’école pendant deux semaines, parce qu’on ne leur enverrait pas leurs devoirs, relate Karine Boudreau. Pour l’instant, on est dans le statu quo. Il reste là-bas et je suis ici avec les enfants.

Réduire les risques

Le gouvernement du Nouveau-Brunswick fait valoir qu’il est important de réduire les risques liés au voyage, même si cela provoque des situations difficiles pour les familles.

Votre sacrifice, au nom de la sécurité de tous, est très apprécié, a déclaré une porte-parole du gouvernement provincial, Alysha Elliott

Des tests chaque semaine

De nouvelles règles touchent aussi les camionneurs et les travailleurs essentiels qui vivent ou travaillent de l'autre côté de la frontière. Bien qu'ils n'aient pas à s'isoler comme les travailleurs-navetteurs, ils doivent désormais subir un test de dépistage de la COVID-19 chaque semaine.

Ça cause beaucoup d'anxiété, de stress. On ne sait pas trop. Je veux dire que le monde est tanné, affirme Lisa Levesque, une résidente de Pointe-à-la-Croix qui travaille au Centre de santé mentale communautaire de Campbellton.

Lisa Levesque estime que c'est une mesure de trop. Déjà que la population est stressée, paniquée de la COVID. Ça va faire un an qu'on est patients avec ces mesures, avec Pointe-à-la-Croix, Campbellton. Puis une autre qui s'ajoute? Ouais, ça fait déborder le vase, dit-elle.

Du côté des camionneurs, les réactions sont partagées.

Un camion-remorque sur la route en hiver.

L'Association du camionnage des provinces de l'Atlantique estime que la nouvelle mesure a des bienfaits, mais des camionneurs s'interrogent sur sa nécessité.

Photo : Radio-Canada

Bien, écoutez, ça fait un an qu'on vit avec ça, puis on a tout le temps été essentiel , on n’a jamais été [testé]. Pourquoi qu'au jour d'aujourd'hui, ils commencent à nous [tester]? se demande le camionneur Norman Lachaine.

Le directeur général de l’Association du camionnage des provinces de l'Atlantique, Jean-Marc Picard, voit quant à lui certains avantages à cette mesure. Ça va être un genre de [tranquillité d’esprit] si vous voulez. Ils vont pouvoir retourner à la maison sans s'inquiéter pour leur famille et ces choses-là. Donc, ça devient positif pour l'industrie, estime-t-il.

Des tests pour tous

Même les Néo-Brunswickois qui doivent sortir de la province pour recevoir des soins médicaux à l'extérieur des Maritimes doivent se soumettre à ce test de dépistage hebdomadaire.

Les élèves et les étudiants universitaires et collégiaux doivent aussi subir un résultat de test de dépistage chaque semaine, tout comme les résidents de Listuguj et de Pointe-à-la-Croix qui se rendent au Nouveau-Brunswick pour obtenir des services et des biens essentiels.

Avec des informations de Frédéric Cammarano et d'Alexandre Silberman, de CBC

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