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Des parents veulent des règles moins strictes dans les centres adaptés

Une jeune femme donne une étreinte à son père, de dos.

Le reportage de Camille Carpentier

Photo : France Veilleux

Des résidents de centres adaptés sont privés de sortie depuis des semaines en raison de la crise sanitaire. Des parents, désespérés, demandent au gouvernement Legault de faire preuve d'empathie et d'assouplir les règles.

Depuis 15 ans, Émilie est hébergée dans un centre adapté de Saint-Georges, en Beauce. Avant la pandémie, ses parents l'accueillaient à la maison tous les dimanches, une tradition.

C'est comme une enfant de 4 ans dans le corps d'une jeune femme de 30 ans. Elle est très affectueuse, très démonstrative, explique sa mère France Veilleux.

Mais depuis quelques semaines, Émilie est confinée à l'intérieur de sa chambre. On a été neuf semaines sans pouvoir aller la chercher ni même la visiter à l'intérieur de la résidence. Il fallait se contenter de la regarder à travers la vitrine, raconte-t-elle.

Avant les Fêtes, le gouvernement a de nouveau interdit les sorties des résidents, ce qui bouleverse le quotidien de leur fille. Elle n'a plus aucune sortie. Elle tourne en rond. Elle crie plus, elle est plus agitée.

Ses parents la visitent tour à tour, durant quelques minutes, des rencontres qui leur brisent le coeur. On déplore beaucoup que la santé publique n'ait pas été plus loin dans sa pensée en disant s'ils n'ont pas la compréhension nécessaire pour porter le masque, donc ils n'ont pas non plus la compréhension nécessaire pour vivre le confinement de la même façon que nous autres.

Émilie donne un câlin à sa mère.

Émilie et sa mère France Veilleux

Photo : France Veilleux

Des dérogations, l'exception

Le CISSS de Chaudière-Appalaches affirme qu'il applique les directives ministérielles, et que les sorties ne sont accordées qu'en de rares occasions afin de protéger la clientèle de la COVID-19.

Les dérogations peuvent se faire, mais les dérogations se font de manière exceptionnelle, évaluée au cas par cas. Ça peut être pour une cause humanitaire, ça peut être pour d'autres motifs, mais on va l'évaluer au cas par cas avec la santé publique, explique Stéphane Shaink, directeur adjoint au programme Déficience intellectuelle du CISSS de Chaudière-Appalaches.

« C'est très rigide comme attitude. Il devait y avoir plus de souplesse plus de compréhension de la réalité. »

— Une citation de  France Veilleux

France et François Veilleux ont soumis une demande de dérogation à la Direction de la santé publique, mais elle a été refusée. Ils espèrent que le gouvernement pense aux familles qui sont dans la même situation.

Vous devriez avoir une petite place dans votre coeur pour les parents comme nous autres, parce qu'on n'est pas les seuls [...] pensez à notre fille qui nous attend, qui ne peut pas nous voir et on ne peut pas lui expliquer, lance la mère.

Le cabinet du ministre délégué à la Santé, Lionnel Carmant, n'a pas directement commenté ce dossier, mais assure comprendre les difficultés vécues par les familles. C’est une situation qui nous préoccupe également et nous en discutons régulièrement avec la santé publique, écrit par courriel l'attachée de presse Sarah Bigras.

D'après un reportage de Camille Carpentier

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