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Les agents de sécurité demandent à être vaccinés en priorité

Un agent de sécurité de CDN Protection à l'extérieur.

Oshawa a embauché des agents de sécurité pour patrouiller dans son centre-ville.

Photo : Faecbook/CDN Protection

Les agents de sécurité sont des travailleurs essentiels qui méritent d’être en haut de la liste des personnes vaccinées de manière prioritaire, selon un syndicat ontarien.

C’est ce qu’expliquent dans un communiqué diffusé cette semaine les Travailleurs et travailleuses unis de l’alimentation et du commerce Canada (TUAC), soulignant l’intention de Doug Ford d’engager et de déployer des agents de sécurité afin de faire du triage à l’entrée des foyers de soins de longue durée.

Selon les TUAC, puisque ces agents de sécurité doivent travailler directement avec des gens qui ont potentiellement la COVID-19, ils devraient avoir droit à la vaccination en priorité.

De plus, un agent de sécurité a précisé en entrevue que ses collègues et lui peuvent travailler dans plus d’un endroit chaque semaine, ce qui représente un risque potentiel élevé de propager la maladie.

Or, un médecin spécialiste des maladies infectieuses de Toronto rappelle que cette liste comprend déjà plusieurs emplois.

Des agents pour pallier le manque

Le premier ministre Doug Ford a déclaré en point de presse le 13 janvier que des agents de sécurité allaient être embauchés afin d’aider à pallier le manque criant de personnel dans les foyers de soins de longue durée.

M. Ford a alors précisé que ces agents seraient chargés de faire du triage. Je place des gardes de sécurité dans les foyers de soins de longue durée pour m'assurer que toutes les personnes entrant dans un tel foyer sont testées, pour m'assurer que cela est documenté – quand ont-elles été testées? Quand l'ont-elles été la dernière fois? Et si elles ne l'ont pas été, elles ne peuvent pas entrer.

Le ministère de la Santé et des Soins de longue durée de l'Ontario a offert du financement aux entreprises qui gèrent des foyers de soins de longue durée pour leur permettre d’embaucher ce type de personnel. Le montant de l’investissement n’a pas été dévoilé.

Le lieu peut changer chaque jour

Carlos Iglesias, un agent de sécurité qui travaille à Toronto, explique en entrevue à CBC News qu'il s’inquiète du risque de propagation du virus que représente son emploi. CBC a accepté de taire le nom de son employeur par craintes de représailles.

Nous rencontrons des milliers et des milliers de personnes chaque jour… Un jour, nous travaillons dans un hôpital et le lendemain nous travaillons dans une épicerie. Le surlendemain, nous faisons des patrouilles [dans un troisième endroit] et avons affaire à encore plus de gens.

Ce type de déplacement de personnel a été ciblé maintes fois par la santé publique et accusé d’être à la source de bien des risques de contamination. Au Québec, le gouvernement a tenté d’interdire la mobilité de la main-d'œuvre, sans grand succès.

Le syndicat demande la priorité

Nos membres qui sont employés comme agents de sécurité travaillent côte à côte avec des travailleurs jugés essentiels. Nous ne comprenons donc pas pourquoi [nos membres] sont négligés pour le vaccin contre la COVID-19, affirme Jeff Ketelaars, secrétaire-trésorier de la section locale 333 des TUAC, dans un communiqué diffusé vendredi dernier.

Ils sont exposés à des porteurs symptomatiques et asymptomatiques en fournissant leurs services essentiels.

Nous demandons que les agents aient la priorité pour recevoir un vaccin contre la COVID-19 en raison de la nature dangereuse du travail qu'ils effectuent, conclut M. Ketelaars.

Prioritaires, mais…

Selon le Dr Isaac Bogoch, spécialiste des maladies infectieuses basé à l’Hôpital général de Toronto, les gens qui travaillent étroitement avec de possibles porteurs du virus doivent être considérés comme prioritaires.

Le Dr Bogoch ajoute cependant un bémol. Il souligne que les résidents et les travailleurs des foyers de soins de longue durée sont présentement au haut de la liste.

Mais à mesure que vous vous éloignez de ces choix hautement prioritaires très évidents, cela devient de plus en plus difficile. Il faut penser aux fournisseurs de soins de santé en première ligne, aux personnes qui courent le plus grand risque de contracter cette infection, et puis aux personnes qui courent le plus de risque de subir des contrecoups plus graves en raison d’une telle infection.

Il y a les enseignants, les pompiers, les ambulanciers et les policiers, les personnes handicapées ou souffrant de conditions médicales sous-jacentes, les communautés touchées de manière disproportionnée, les moins bien nantis, les communautés racisées qui ont été touchées de façon disproportionnée par le virus, et ainsi de suite. [...] Faut-il les prioriser [ces agents de sécurité]? Bien sûr. Où dans la liste des priorités? Dur à dire, précise le Dr Bogoch.

Le gouvernement de l’Ontario n’a pas répondu à nos demandes d'entrevue.

Avec des informations de Talia Ricci de CBC News et de Rozenn Nicolle de Radio-Canada

Notre dossier : La COVID-19 en Ontario

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