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Des variants pourraient échapper aux vaccins, selon la conseillère scientifique du Canada

Mona Nemer marche devant des drapeaux du Canada.

Mona Nemer estime que la stratégie de retarder la deuxième dose du vaccin peut entraîner le développement de variants

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Thomas Laberge

L’arrivée des variants du coronavirus au Canada inquiète la conseillère scientifique en chef du premier ministre, Mona Nemer.

C’est préoccupant. Notre course contre la maladie et contre les variants se fait en même temps qu'on commence la vaccination. Et si on ne prend pas le dessus rapidement, on peut favoriser le développement de variants qui vont échapper aux vaccins, a-t-elle affirmé en entrevue aux Coulisses du pouvoir.

Mona Nemer soutient qu’il faut en faire plus pour détecter ces nouveaux variants du virus qui pourraient devenir de plus en plus importants.

Je ferais beaucoup plus de séquençage et de caractérisation du virus, particulièrement dans les endroits où il y a des éclosions, comme aux frontières, dit-elle.

« Le variant britannique est beaucoup plus contagieux, et donc la courbe d'infection peut s'enflammer très rapidement. »

— Une citation de  Mona Nemer, conseillère scientifique en chef du Canada

Selon une étude publiée en décembre, le nouveau variant du coronavirus détecté au Royaume-Uni est de 50 % à 74 % plus contagieux.

Les variants sont d’ailleurs l’une des raisons qui ont incité le premier ministre Justin Trudeau à mettre en place des mesures plus restrictives pour les voyages non essentiels.

Les Canadiens de retour au pays doivent maintenant se soumettre à un test obligatoire de dépistage de la COVID-19. Ils devront ensuite s’isoler dans un hôtel désigné par le gouvernement en attendant leur résultat.

Moderna et Pfizer-BioNTech ont affirmé que leurs vaccins devraient être efficaces contre les mutations actuelles du virus.

Retarder la deuxième dose : une stratégie risquée

Mona Nemer estime que la stratégie de retarder la deuxième dose du vaccin peut entraîner le développement de variants. En effet, les individus qui ont reçu la première dose acquièrent une immunité partielle, surtout lorsqu’il s’agit de personnes qui n'ont pas un bon système immunitaire.

On se retrouve donc avec le virus qui circule dans des milieux où les gens ont une immunité partielle. C'est un peu comme ça qu'on a commencé à générer les variants britannique et d'Afrique du Sud, a-t-elle expliqué.

Le fédéral recommande de ne pas dépasser six semaines entre l’administration des deux doses du vaccin. Toutefois, Québec a plutôt décidé d'étendre ce délai à un maximum de 90 jours, afin d'administrer une première dose au plus grand nombre de gens possible.

La scientifique est dubitative quant à cette décision de la province.

C'est la première fois qu'on a des vaccins à ARN, alors on ne connaît vraiment pas la qualité de la réponse immunitaire qu'ils génèrent. [...] Si on veut avoir les résultats très efficaces qui ont été démontrés, il faut suivre le protocole et éviter d'innover, a-t-elle soutenu.

L’intégrale de l’entrevue avec Mona Nemer sera présentée dimanche à 11 h (heure de l'Est) à l’émission Les coulisses du pouvoir, sur RDI et ICI Télé.

On est tombé dans la pensée magique

Selon Mona Nemer, la deuxième vague a été sous-estimée et les gouvernements ont été pris de court par l’évolution du virus. On est peut-être tombé un peu dans la pensée magique, lance-t-elle.

« On pensait que la pandémie était derrière nous et qu'on avait pris le dessus. On n'avait pas vraiment de raison de penser cela alors que le virus circulait toujours parmi nous. »

— Une citation de  Mona Nemer, conseillère scientifique en chef du Canada

La conseillère scientifique en chef du premier ministre soutient qu’il y a eu des lacunes dans le plan de la stratégie de dépistage, ce qui nous a empêchés de maîtriser la pandémie.

On n'a pas mis sur pied un système de dépistage assez robuste pour détecter rapidement les premiers signes d'une nouvelle éclosion, que ce soit dans les milieux vulnérables comme les CHSLD ou les lieux de travail. [...] À partir du moment où vous n'êtes plus capable de retracer les contacts des gens infectés, vous avez perdu la bataille.

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