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Une baisse du nombre d’appels pour violence conjugale inquiète les intervenants

Une femme met la main sur le visage.

Les directions de maisons d'hébergement affirment avoir de la place pour accueillir les femmes et les enfants victimes de violence conjugale (archives).

Photo : iStock / globalmoments

Radio-Canada

Le resserrement des mesures sanitaires et le couvre-feu font craindre le pire aux intervenants sociaux qui constatent une baisse des appels à l’aide dans la région.

Selon les organismes communautaires qui interviennent auprès des victimes, la fréquence et l’intensité de la violence ont même augmenté.

Le couvre-feu, entre autres, leur fait craindre le pire. On a beaucoup moins d'appels. On pense que les femmes sont prises à la maison, s’inquiète Geneviève Lévesque, coordonnatrice et cogestionnaire de La Débrouille, maison d’aide et d’hébergement pour femmes et enfants victimes de violence conjugale située à Rimouski.

Geneviève Lévesque coordonnatrice et cogestionnaire de La Débrouille, maison d’aide et d’hébergement pour femmes et enfants victimes de violence conjugale située à Rimouski.

Pour Geneviève Lévesque, la baisse du nombre d'appels est mauvais signe pour la sécurité des femmes.

Photo : Radio-Canada

Pourtant, La Débrouille a dû refuser une quarantaine de femmes et 25 enfants faute de place, cet automne. On avait de la difficulté à répondre à la demande jusqu'à tout récemment avec le nouveau confinement, mentionne Mme Lévesque.

Selon la porte-parole du Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale, Louise Riendeau, il est beaucoup plus difficile de demander de l'aide quand le conjoint est présent 24 heures par jour.

On nous dit qu’on ne doit pas côtoyer les proches, les amis, mais quand une femme et ses enfants sont en danger, je pense qu'il faut les accueillir et trouver des solutions avec elle, affirme Louise Riendeau.

Louise Riendeau, porte-parole du Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale

Louise Riendeau, porte-parole du Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale, croit que les femmes n'ont plus les coudées franches pour demander de l'aide parce que le conjoint est toujours présent.

Photo : Radio-Canada

Rappelant que des mesures sanitaires strictes sont mises en place pour éviter la propagation de la COVID-19, les maisons d'hébergement souhaitent rassurer les victimes.

À Gaspé, depuis le début du deuxième confinement, la maison L'Aid'Elle évite autant que possible d'accueillir des femmes provenant de zones rouges, selon la directrice Marie-Ève Joncas.

Fuir un conjoint violent, c'est une raison plus qu'essentielle, estime-t-elle. Oui, on aurait peut-être pu faire des entorses, mais ça n'a pas été le cas, on n'a pas eu besoin d'en arriver là jusqu'ici

Les personnes victimes de violence conjugale peuvent demander de l'aide en appelant SOS VIOLENCE CONJUGALE au 1 800 363-9010.

Les directions de maisons d'hébergement affirment avoir de la place pour accueillir les femmes et les enfants victimes de violence conjugale. Elles souhaitent que les difficultés pour retrouver un logement en pleine pandémie ne freinent pas les femmes dans leurs démarches.

Elles rappellent que les intervenantes et intervenants sont là pour les accompagner à retrouver un milieu de vie sécuritaire.

Une des chambres de la résidence La Gigogne

La maison d'hébergement La Gigogne de Rimouski est régulièrement contrainte de refuser des femmes et leurs enfants, faute de places disponibles.

Photo : Radio-Canada / Jean-Luc Blanchet

À Rimouski, sept pharmacies ont accepté d'accueillir en toute confidentialité les femmes victimes de violence conjugale pour qu'elles puissent appeler en toute sécurité une maison d'hébergement.

Des initiatives semblables ont lieu dans d'autres pharmacies et épiceries de la province.

D’après le reportage d’Isabelle Damphousse

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